Vers un été indien pour les Bourses en 2018

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"Les actions devraient encore pouvoir profiter de taux réels négatifs dans les principales zones économiques mondiales, avance Steven Vandepitte, stratégiste auprès d’ING (Belgique). Tant que ces taux restent inférieurs au taux de croissance réel, les actions ne doivent pas redouter le risque de récession."

Pour ce stratégiste, les actions susceptibles de se distinguer sont à chercher du côté des valeurs plus cycliques. Il songe aux marchés émergents et à celui de Tokyo. "Des marchés qui restent relativement bon marché et peuvent compter sur des politiques monétaires expansionnistes, des devises moins chères et de solides perspectives de croissance bénéficiaire."

Dans la zone euro, les actions des secteurs de la technologie, en particulier celles des fabricants de puces électroniques, des matériaux de construction, de l’énergie (les compagnies intégrées) et des biens de consommation durables pourraient être celles qui tireront le plus de profit d’une conjoncture plus dynamique. Chez ING, on table sur une croissance de 2,2% pour la zone euro en 2018.

Pour ce stratégiste, la hausse des marchés d’actions n’est à ce jour pas encore exagérée. Ils vont trouver du soutien, ces marchés, outre dans le rebond des cours des matières premières, dans la baisse attendue du chômage dans les pays industrialisés, la croissance des dépenses d’investissement des entreprises, ou encore dans leur plus grande capacité à augmenter les prix de vente.

Avec un rendement des dividendes de 2,4% pour les actions de l’indice MSCI World, les Bourses conservent par ailleurs l’avantage face aux obligations mondiales émises par les États ou les entreprises.

Affichant un rendement de 1,6% à peine, les obligations paraissent de leur côté sous-évaluer le risque d’inflation et donc une possible remontée des taux d’intérêt. Aux Etats-Unis surtout. "Dans ce contexte, mieux vaut, à l’exception des obligations indexées sur l’inflation, se porter sur les titres à revenu variable plutôt que sur les titres à revenu fixe", recommande Steven Vandepitte.

La Fed plus sévère

"La Fed devrait encore resserrer sa politique monétaire. À 3 reprises au moins l’an prochain, alors que l’inflation de base est proche d’un point de retournement, entrevoit Peter Vanden Houte, chef économiste chez ING. Ce qui devrait faire remonter quelque peu les taux longs américains. La banque centrale de la zone euro pour sa part ne devrait pas faire remonter ses taux avant l’été 2019. Ce qui contiendra momentanément la pression à la hausse des taux obligataires de ce côté-ci de l’Atlantique."

Au passage, Peter Vanden Houte signale que le dollar pourrait profiter de cette situation. "Mais à court terme seulement, du fait que les USA se trouvent déjà plus loin dans leur cycle conjoncturel, et que les marchés des changes devraient petit à petit incorporer un ralentissement de la croissance dans ce pays. Le dollar devrait être plus faible vers la fin de 2018."

Si le ralentissement conjoncturel devait effectivement se profiler pour 2019, il se pourrait bien que Wall Street connaisse l’an prochain son "été indien". D’ordinaire, fait remarquer Peter Vanden Houte, les marchés d’actions ont tendance à atteindre un sommet quelques mois avant le début d’une récession. L’économiste prévoit une croissance de 3% pour les Etats-Unis en 2018.

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