94 milliards perdus à la Bourse belge

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L’indice vedette de la Bourse de Bruxelles a perdu 18,46% en 2018, sa plus nette baisse en sept ans. Le ralentissement économique a affecté la grande majorité des places boursières.

La séance boursière écourtée de lundi aura au moins eu un mérite. Elle a permis au Bel 20 de limiter quelque peu ses pertes de 2018 et lui a ainsi évité d’enregistrer son plus net recul annuel depuis 2008. L’indice belge a en effet clôturé la séance du jour sur une hausse de 1,08% à 3.243,63 points. L’indice phare de la Bourse de Bruxelles affiche dès lors une baisse de 18,46% cette année qui aura donc été – de justesse – un peu moins mauvaise que 2011, lorsque le Bel 20 s’était replié de 19,20% à cause de la crise de la dette en zone euro.

Mais cette plus lourde déconvenue de l’indice vedette du marché belge en sept ans restera tout de même dans les annales, car il s’agit de la quatrième pire contre-performance annuelle depuis la création du Bel 20 en mars 1991, après 2011, 2008 (-53,76%) et 2002 (-27,21%).

→ Les capitalisations boursières des entreprises belges cotées en Bourse de Bruxelles - à l'exclusion, donc, des valeurs étrangères inscrites à la cote belge - ont subi une perte cumulée de 94 milliards d'euros en un an.

Bel 20 proche du "flop 10"

En outre, l’indice belge obtient, de la sorte, le triste privilège de figurer à un fifrelin du "flop 10" dans le classement des Bourses mondiales en 2018. Parmi les variations de l’ensemble des marchés financiers de la planète, ramenées en euro (voir l’infographie), les pires scores de 2018 reviennent à l’Argentine (-46,24%), la Turquie (-40,84%), la Chine (-24,92%), la Grèce (-23,56%), le Pakistan (-23,53%), l’Irlande (-22,14%), Dubai (-21,65%), l’Autriche (-20,06%), l’Afrique du Sud (-19,84%), le Luxembourg (-19,62%) et l’Allemagne (-18,65%). Vient ensuite la Belgique avec ce repli de 18,46% du Bel 20.

Quasiment tous les marchés mondiaux ont souffert du ralentissement économique généralisé cette année, sur fond de montée du protectionnisme dans un contexte de guerre commerciale alimenté par les tarifs douaniers décrétés principalement par les Etats-Unis et la Chine.

La Belgique étant une petite économie ouverte et sa place financière étant dominée par des entreprises actives à l’étranger, la performance de la Bourse de Bruxelles a été particulièrement affectée. Ce n’est pas un hasard si l’indice Dax de la Bourse de Francfort affiche une baisse assez similaire à celle de l’indice belge, connaissant le poids de la première économie européenne sur le climat des affaires en Belgique.

Ailleurs dans le monde, rares sont les places financières qui ont échappé à un bilan annuel négatif. On en trouve à peine une douzaine, dont trois en zone euro: la Slovaquie, la Slovénie et Malte. Pour dégager un rendement positif en actions, l’investisseur européen a ou aurait dû investir dans des contrées bien plus lointaines comme le Brésil ou encore l’Inde. Pour l’anecdote, de plus petits marchés, tels que la Jamaïque ou le Qatar, affichent des progressions bien plus grandes.

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Argentine et Turquie

Pour le reste, le rouge domine la carte mondiale des variations boursières de 2018. Les variations des devises ont joué un rôle important.

Engluée dans une crise monétaire et financière, l’Argentine a vu sa monnaie dégringoler. Le peso argentin a plongé de près de 50% face à l’euro en 2018. L’indice Merval de la Bourse de Buenos Aires en a subi les conséquences et affiche le pire rendement pour l’investisseur de la zone euro. Le même raisonnement s’applique à la Bourse d’Istanbul. L’économie turque est en souffrance, affectée par une inflation très élevée et une méfiance des investisseurs due notamment au manque d’indépendance de la banque centrale de la Turquie. Cette année, la livre turque a chuté d’environ 25% face à l’euro, ce qui a affecté l’indice Bist des cent principales actions du marché boursier turc, qui affiche une perte de plus de 40% en 2018 pour l’investisseur de la zone euro.

Wall Street a limité les dégâts grâce à la résistance de l’économie américaine et des profits des entreprises US.

Sans surprise, on trouve aussi la Bourse chinoise en queue de peloton. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a conduit des investisseurs à délaisser les actions de la deuxième économie mondiale, dont la croissance a subi un net ralentissement. Au troisième trimestre, le produit intérieur brut chinois a progressé de 6,5%, soit son rythme le plus faible en neuf années.

En Europe, on observe de nettes baisses annuelles sur la plupart des places financières. Les grands indices boursiers européens, soit le Dax allemand, le Cac 40 français et le FTSE 100 britannique, ont tous perdu plus de 10%. Une fois de plus, Wall Street a limité les dégâts. L’économie américaine a mieux résisté, comme les profits de ses entreprises.

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