"La taxe sur les comptes-titres va surtout pénaliser la classe moyenne"

Olivier Leleux estime que cette nouvelle loi "va rater son objectif et ne rapportera finalement pas grande chose aux finances publiques". ©BELGAIMAGE

Olivier Leleux souligne les manquements de la taxe sur les comptes-titres. Il regrette le manque de transparence à plusieurs niveaux et craint que cette taxe détourne des clients du marché.

La taxe sur les comptes-titres devrait entrer en vigueur au début 2018. Olivier Leleux, président du comité de direction de la société de Bourse Leleux Associated Brokers, se montre assez critique envers cette initiative.

"Oui, il faut une réforme fiscale, baisser la fiscalité sur le travail pour augmenter celle qui touche à d’autres formes de revenus, et nous avions proposé différentes pistes au gouvernement, comme une harmonisation de la TOB (NDLR: taxe sur les opérations boursières) au niveau des taux et des plafonds, tout en étendant son application aux produits les plus spéculatifs, comme les options ou les CFD. Force est de constater que la piste qui a été retenue ne répond pas à nos attentes."

Il souligne notamment que cette réforme pose divers problèmes, notamment en terme de stabilité juridique, de clarté, de simplicité, de faisabilité et d’équité entre les différentes formes d’investissements. Olivier Leleux estime également que le gouvernement fait preuve d’"amateurisme", alors qu’il n’y a toujours pas de texte de loi pour une mesure qui devrait entrer en vigueur d’ici deux semaines.

"A l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas sur quelle base nous allons devoir calculer cette taxe et il y a un manque de transparence par rapport aux produits qui seront affectés par cette mesure, qui va en fait surtout pénaliser la classe moyenne."

Il souligne également que les différentes réformes introduites ces dernières années ont surtout contribué à détourner les clients du marché.

"Une partie du volume a été définitivement perdue par ces expérimentations fiscales. En 2017, le montant total des recettes de la TOB perçue dans notre société devrait être inférieure d’environ 5% à ce qu’il était en 2015, en dépit du fait que les taux ont été relevés. En outre, toujours pour Leleux, l’impact de la taxe sur la spéculation a entraîné un manque à gagner d’environ 1,4 million d’euros pour le gouvernement, et nous sommes loin d’être l’acteur le plus important du marché."

Dès lors, il estime que cette nouvelle loi "va rater son objectif et ne rapportera finalement pas grande chose aux finances publiques".

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