Apple, l'entreprise qui valait 1.000 milliards de dollars

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Propulsée par la publication de solides résultats trimestriels mardi soir, la marque à la pomme a vu sa capitalisation boursière franchir ce seuil symbolique. Seule PetroChina peut se targuer d’avoir atteint quelques instants un tel sommet.

D’un garage anodin dans la banlieue de San Francisco à la première entreprise américaine cotée à valoir 1.000 milliards de dollars en Bourse. Il a fallu un peu plus de quarante ans à Apple pour franchir ce seuil symbolique. À 17h48, heure belge, le champagne est sabré.

Si l’histoire de la société commence en avril 1976, son aventure boursière démarre le 12 décembre 1980. À l’époque, le prix d’introduction est fixé à 22 dollars. Apple place quelque 4,6 millions d’actions et récolte au passage 101,2 millions de dollars. Une goutte d’eau comparée à l’océan qu’est la marque à la pomme aujourd’hui. Quelques chiffres: 229 milliards de dollars de revenus et un résultat net de 48 milliards pour son exercice fiscal décalé 2016-2017. Rien que sur le dernier trimestre, dont les résultats ont été publiés mardi soir, le bénéfice net du groupe a bondi de plus de 30% par rapport à la même période un an plus tôt, à 11,5 milliards de dollars. Sa trésorerie est évaluée actuellement à 244 milliards. Des chiffres pharaoniques qui en font l’une des sociétés les plus rentables dans le monde.

On comprend dès lors pourquoi Apple a connu un très beau parcours en Bourse ces derniers mois. Depuis le début de l’année, l’action a gagné plus de 20%. À titre de comparaison, Alphabet (Google) a grimpé d’environ 17%, Amazon de 56% et Netflix de 79%, tandis que Facebook perd moins de 1%.

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4% du S&P 500

La course pour franchir le cap de 1.000 milliards de dollars n’était pas courue d’avance. Certains pariaient sur une victoire d’un autre géant technologique, Amazon. Mercredi dernier, le groupe de vente sur internet avait vu sa valeur boursière dépasser les 900 milliards, grâce à une spéculation sur ses résultats trimestriels qui étaient attendus le lendemain. Mais finalement, c’est bien Apple qui s’assiera sur le trône.

Cela a-t-il un quelconque impact pour l’entreprise ou pour les marchés financiers en général? Pas vraiment. "Que l’entreprise vaille 990 milliards ou 1.000 milliards de dollars en Bourse, cela ne change pas grand-chose pour les investisseurs", estime Karl Haeling, spécialiste des marchés pour la banque LBBW. "C’est surtout la preuve de l’importance qu’a prise Apple" dans l’économie américaine. Ainsi, sa valeur en Bourse dépasse celles d’Exxon Mobil – qui fut la première capitalisation boursière il y a quelques d’années –, de Procter & Gamble et d’AT&T réunies. La marque à la pomme représente aujourd’hui 4% de la valeur globale du S&P 500, qui regroupe les 500 plus grosses entreprises cotées à Wall Street.

"Cela ne change pas grand-chose pour les marchés. C’est surtout la preuve de l’importance qu’a prise Apple dans l’économie américaine."

Certains observateurs y voient tout de même un clin d’œil à l’actualité. "C’est un bon signe pour le marché et l’économie. Même si aujourd’hui nous parlons de l’impact du commerce ou de la guerre des devises, des tensions avec la Chine, là où Apple fabrique la plupart de ses produits", souligne Kim Forrest, gestionnaire de portefeuille chez Fort Pitt Capital Group. Il est bon de rappeler également que ce n’est pas la première entreprise cotée à franchir cette barre symbolique. Au moment de son introduction en Bourse début novembre 2007, la firme PetroChina a vu sa valeur fluctuer autour des 1.000 milliards de dollars avant de retomber.

L’iPhone, la poule aux œufs d’or

Mais cela n’enlève rien au parcours de la société fondée par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne. Elle doit beaucoup au lancement le 29 juin 2007 de l’iPhone, considéré depuis comme une révolution dans la téléphonie mobile. En une dizaine d’années, l’action a bondi d’environ 1.100%. Mais c’est aussi en quelque sorte un fardeau pour Apple. À chaque publication de résultats, les chiffres de vente sont scrutés par les analystes et les investisseurs. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de ne pas voir l’entreprise créer une source de revenus tout aussi importante. L’iPhone représente en effet plus de 50% du chiffre d’affaires du groupe. Les services comme Apple Music ou Apple Store n’y contribuent qu’à hauteur de 20% environ. Pour Benedict Evans, du fonds d’investissement Andreessen Horowitz et expert reconnu du secteur technologique, c’est justement cette capacité à ne pas faire ce qui est attendu qui constitue le plus de la marque à la pomme. "La tendance qu’ont beaucoup de gens dans la tech de présumer qu’un produit Apple va connaître un échec parce que (l’entreprise) fait des choix qu’ils n’auraient pas faits est l’un de (ses) plus gros avantages compétitifs", explique-t-il sur Twitter.

En Bourse, le cours d’Apple est par ailleurs soutenu par un important programme de rachats d’actions. L’entreprise en a lancé un nouveau début mai pour 100 milliards de dollars, soit la plus grosse opération du genre pour une société américaine. Pour beaucoup d’investisseurs, l’action fait aujourd’hui office de valeur refuge. Tous les plus gros fonds d’investissement en ont dans leur portefeuille. Jeff Carbone, cofondateur de Cornerstone Financial Partners, a par exemple inclus le titre Apple dans les portefeuilles de ses clients depuis environ une dizaine d’années. Et récemment, certains d’entre eux, parmi les plus âgés, en ont même acheté pour leurs petits-enfants.

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