Aveu de faiblesse ou temporisation à la Fed?

©REUTERS

Les inquiétudes exprimées par la Fed ont refroidi les marchés. La banque centrale US est prête à maintenir plus longtemps que prévu ses mesures de soutien.

Le ton très prudent de la Fed a plombé les marchés ce jeudi et a permis au dollar de sortir d'un creux de deux ans. Que peut-on encore attendre de la banque centrale américaine et quels sont les outils dont elle dispose pour rassurer les marchés?

Pour Frank Vranken, le stratégiste en chef de la banque Puilaetco, "les marchés n'ont dans l'ensemble pas besoin de s'inquiéter de l'action des banques centrales", tant la politique monétaire de la Fed est pour l'instant conciliante.

"Il n'y a pas de volonté explicite de vouloir contrôler la courbe des rendements obligataires. Ce n'est pas opportun à ce stade-ci et ça gonflera encore plus le bilan des banques centrales."
Frank Vranken
Stratégiste en chef de la banque Puilaetco

Les signaux envoyés mercredi par la Fed après la clôture en Europe mais avant celle de Wall Street, qui s'est retournée à la baisse, ont pourtant été interprétés négativement par les intervenants de marchés. "Il est vrai que beaucoup d'instruments de la boîte à outils de la Réserve fédérale ont été utilisés", concède Frank Vranken, mais "la correction est légère, surtout à la lumière des gains antérieurs et parler d'une grande déception serait une erreur".

Le stratégiste de Puilaetco rappelle que "le rythme actuel des achats d’obligations est encore important" et qu'au sein de la Fed, comme à la BCE, "il n'y a pas de volonté explicite de vouloir contrôler la courbe des rendements obligataires. Ce n'est pas opportun à ce stade-ci et ça gonflera encore plus le bilan des banques centrales."

Les banques centrales peuvent-elles encore faire quelque chose?

Sur le marché des changes, le ton de la Réserve fédérale américaine a donné un coup de fouet au dollar. Le billet vert s'est ragaillardi face à un panier de devises de référence.

D'aucuns anticipent une révision de l'objectif d'inflation de la Fed ou un geste ciblé pour agir sur les rendements des emprunts d'État, mais les membres du comité de politique monétaire n'ont pas donné d'indications claires en ce sens. "Ces fluctuations sur les devises impactent plus des pays exportateurs, comme l'Allemagne ou la Belgique. Aux États-Unis, la consommation intérieure reste le moteur de l'économie", mentionne Frank Vranken en précisant que "les banques centrales semblent accepter une inflation au-dessus de la norme voulue".

Mais alors, pourquoi la Fed se fait tant de mouron pour la première économie mondiale et sa capacité à se relever d'une telle crise? "En gros, le tableau est clair", écrit Michael Every, stratégiste de Rabobank. "L'économie est en grande difficulté à cause du virus, la Fed ne va pas relever ses taux avant très, très longtemps et, à un moment donné, elle le formulera clairement avec des nouveaux objectifs et une nouvelle stratégie." Wait and see, donc.

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