Ces actifs qui pourraient profiter de la taxe sur les comptes-titres

L’or physique échappe aussi à la taxe sur les comptes-titres et ses perspectives sont plutôt au beau fixe. ©Photo News

La taxe sur les comptes-titres de plus de 500.000 euros qui entre en vigueur l’année prochaine va-t-elle amener un changement de comportement chez des investisseurs? L’immobilier, l’art, l’or physique, les actions non cotées sont pressentis comme des alternatives aux actions, obligations, fonds détenus en compte-titres. Quelles sont leurs perspectives?

L'immobilier

L’immobilier pourrait profiter d’un changement de comportement des investisseurs qui veulent éviter la taxe sur les comptes-titres. "Les prix de l’immobilier ont progressé sans discontinuer depuis vingt ans, alors que les placements en actions ont connu des fortes fluctuations sur le même temps. Cela confère à l’immobilier un argument d’investissement de prédilection", souligne François Parisis, directeur du département d’ingénierie patrimoine et fiscalité à la Banque Transatlantique.

Mais Bruno Ferrier, senior wealth planner chez Puilaetco Dewaay, souligne que "l’immobilier est assorti de droits d’enregistrement entre 10 et 12,5%. Cela n’a pas de sens de payer ces droits pour éviter une taxe de 0,15% sur les comptes-titres".

Récemment, le réseau Trevi a passé en revue l’évolution des prix de l’immobilier en Belgique. Il a rappelé qu’entre 1977 et 1987, ceux-ci ont massivement baissé. De 1987 à 1997, le réseau a observé des écarts de marché étonnants et violents tant à la hausse qu’à la baisse. Entre 1997 à 2007, les prix ont grimpé à un rythme important et régulier largement supérieur à l’inflation. Les dix dernières années ont été marquées par la stabilité. Trevi s’attend à ce que la prochaine décennie soit marquée par une remontée des prix.

Un avis que ne partage pas Julien Manceaux, senior économiste chez ING Belgique. "Entre 2010 et 2020, la croissance des prix de l’immobilier devrait être dix fois inférieure à celle entre 2000 et 2010", prédit-il, en soulignant que la perspective d’une remontée des taux d’intérêt se posera en principal obstacle de l’évolution des prix de l’immobilier.

L'art

L’envolée ces dernières années des prix de l’art, qui regroupe aussi le vin, les montres et les voitures de collection, devrait continuer à court terme, selon Peter Vanden Houte, économiste en chef d’ING Belgique. Il souligne que ces placements alternatifs disposent de quatre facteurs qui jouent en leur faveur. "Lorsque la Bourse monte, cela crée un effet de richesse qui est bon pour les marchés alternatifs. La bonne santé de l’économie mondiale soutient aussi ce marché, tout comme un dollar fort qui encourage les Asiatiques à mettre plus d’argent sur la table, à cause des devises asiatiques liées au dollar", indique-t-il. Ces facteurs pourraient changer l’année prochaine, selon l’économiste. "La grande question repose sur l’évolution des marchés, car aux Etats-Unis, la Réserve fédérale resserre ses taux d’intérêt, ce qui risque de freiner la hausse des Bourses", relève-t-il. "En Europe, la croissance se porte toujours bien, mais en 2019, le cycle long de l’économie américaine va toucher à sa fin. De plus, le dollar, qui s’est déprécié face à l’euro, devient moins porteur", ajoute-t-il.

Il rappelle aussi que le marché de l’art, en cas de période difficile, n’offre plus de liquidités. "Les œuvres ne se vendent plus quand l’économie va mal", souligne-t-il. "De plus, les coûts de transactions sont beaucoup plus élevés que sur les marchés financiers. Quand on paie 1% de frais pour les actifs financiers, les coûts s’élèvent à 15-20% pour l’art via les ventes aux enchères."

L'or

L’or physique échappe aussi à la taxe sur les comptes-titres. Ses perspectives sont plutôt au beau fixe dans le contexte actuel de tensions géopolitiques. Bruno Colmant, directeur de la recherche économique chez Degroof Petercam, voit quatre raisons pour lesquelles les cours du métal précieux devraient continuer de progresser. "Premièrement, parce que les taux d’intérêt sont bas. Une corrélation inverse s’établit entre les cours de l’or et les taux d’intérêt parce que le taux d’intérêt mesure ce que coûte la détention d’or. Comme les taux d’intérêt sont stables, les cours de l’or bénéficient d’un bon environnement. Si les taux remontent, les cours de l’or vont baisser." "Les cours de l’or servent aussi de baromètre géopolitique. Comme les tensions géopolitiques sont élevées, les investisseurs se réfugient sur l’or", ajoute-t-il.

"Troisièmement, les banques centrales ont imprimé beaucoup d’argent qui circule sur les marchés. Cet argent excédentaire va tôt ou tard se transformer en inflation, ce qui est bon pour l’or", indique-t-il.

Enfin, une correction des marchés d’actions pourrait aussi profiter à l’or selon lui. "En cas de correction des marchés financiers, les gens se réfugient sur des actifs tangibles comme l’or", rappelle-t-il. Encore faut-il qu’une correction intervienne sur les marchés financiers, alors que les marchés d’actions américains évoluent à leur record actuellement, et qu’en Europe, le Bel 20 a retrouvé son niveau d’il y a huit ans.

Les actions non cotées

Les actions non cotées ne tombent pas dans le champ de la taxe sur les comptes-titres. Elles sont accessibles pour les investisseurs particuliers notamment par les plateformes de crowdfunding (financement participatif) telles que MymicroInvest et Bolero Crowdfunding.

Les investisseurs les plus fortunés peuvent aussi se tourner vers les solutions proposées par les banques privées pour investir dans les actions non cotées. Celles-ci permettent notamment à leurs clients d’investir en direct ou via une structure fiscale qui permet de fédérer plusieurs d’entre eux à des programmes de private equity dont le seuil d’accès peut aller jusqu’à 5, 10, 15 voire 20 millions d’euros.

Un investissement en direct dans le private equity, tout comme un investissement dans une société sur une plateforme de crowdfunding, expose l’investisseur au risque d’un seul projet.

Les banques privées ne recommandent d’ailleurs pas le capital-investissement à tous leurs clients. Et conseillent les fonds de private equity. Les perspectives pour les actions non cotées dépendent de l’évolution des marchés financiers et de l’économie mondiale, qui favorisent le capital-investissement. En cas de retournement brutal du cycle économique et des indices boursiers, ce type de placement n’immunise pas l’investisseur.

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