analyse

Ces biotechs cibles potentielles d'OPA

©Anthony Dehez

Pas moins de 6 à 8 biotechs sur les 14 cotées à Bruxelles figurent parmi les cibles potentielles de rachat par des groupes pharmaceutiques.

L’année commence fort pour les sociétés de biotechnologie cotées à Bruxelles. Après l’annonce d’une offre de rachat de TiGenix par la firme pharmaceutique Takeda, Ablynx a fait l’objet d’une offre de rachat par Novo Nordisk, suivie ce lundi d'une contre-offre de Sanofi. La firme française propose 45 euros par action, soit un montant total de 3,9 milliards d'euros..

Chez Degroof Petercam, l’analyste Stéphanie Put avait déjà anticipé une éventuelle contre-offre sur Ablynx. Elle avait cité le nom de Merck mais aussi de Sanofi, avec lesquelles Ablynx a noué des partenariats. Le courtier Bryan Garnier soulignait, lui, que Sanofi ou Novartis pourraient se porter candidats car "ce rachat apporterait du levier à leur structure existante avec le capla". Il tablait sur une offre au cours de 37 euros par action. Depuis, la première offre de Novo Nordisk, le cours de la biotech n’avait cessé de progresser.

Phase III attirante

Tom Simonts, économiste chez KBC Securities, souligne que des sociétés comme TiGenix et Ablynx disposent de traitements en phase II, voire sur le point d’être commercialisés. "Dès qu’une biotech atteint la phase III avec une de ses molécules et que les essais cliniques indiquent de bons résultats, elle est éligible pour une acquisition, indique-t-il. Lorsqu’une société de biotechnologie s’apprête à mettre en commercialisation son traitement, on atteint un sweet spot pour un rachat. Cela apporte une prime sur la valorisation de la société." TiGenix avait franchi avec succès la phase III de ses essais cliniques sur son traitement Cx601, contre la fistule périanale chez des patients atteints de la maladie de Crohn, et vient de recevoir l’approbation du produit par un comité de l’Agence européenne du médicament.

©Anthony Dehez

Ablynx, avec son traitement capla, s’apprête à le commercialiser à la fin de l’année. Stéphanie Put indique dans une note que "Novo Nordisk aurait pu intégrer le capla dans sa franchise existante d’hématologie et ses ressources existantes mondiales, qui auraient pu faciliter une commercialisation plus rapide du capla."

La biotech du Bel 20, Galapagos, se trouve dans le même cas de figure qu’Ablynx, avec les bons résultats que la société annonce sur son traitement filgotinib. "On attend une offre de Gilead ou d’AbbVie sur Galapagos", indique Tom Simonts. Toutefois, le patron de la société, Onno van de Stolpe, a martelé récemment que son entreprise n’était pas à vendre. La société malinoise est toutefois détenue à 13,27% par Gilead. Le laboratoire américain est devenu son principal actionnaire au terme d’un accord global de 725 millions de dollars, incluant une période de statu quo qui se terminait le 31 décembre. Les analystes pressentaient alors que Gilead pourrait faire une offre sur Galapagos, alors que dans les salles de marchés, cette spéculation circule déjà depuis un certain temps. Chez KBC, les analystes avaient placé en décembre Galapagos parmi la liste des sociétés pouvant être la cible d’une offre de rachat cette année.

Tom Simonts place aussi Kiadis, Bone Therapeutics, et Mithra dans la liste des biotechs opéables cette année, car les trois sociétés ont également atteint la phase III avec leur traitement.

L’analyste souligne également que les biotechs spécialisées dans le diagnostic médical comme Biocartis et MDxHealth sont potentiellement des cibles de rachat. "Ces sociétés peuvent être aidées par une acquisition. Un grand groupe peut leur apporter un réseau commercial, faciliterait leur croissance voire mettrait le turbo. De tels rachats sont logiques à attendre", affirme-t-il. Au total, six à huit sociétés biotechs sur les quatorze du segment de la Bourse de Bruxelles sont intéressantes pour une fusion-acquisition, selon Tom Simonts.

Une période Tinder

Tom Simonts souligne également que les investisseurs de long terme dans les biotechs vont être tentés de prendre leurs bénéfices après cinq années. "On se trouve désormais dans une phase où les valeurs biotechnologiques ont gagné pas mal en maturité. Pour les investisseurs, c’est le moment de prendre leurs bénéfices. La phase Tinder peut commencer", indique-t-il.

L’année passée, beaucoup d’analystes attendaient déjà une importante vague de fusions-acquisitions dans le monde des biotechs. Tom Simonts relève que celle-ci ne s’est pas matérialisée. Bloomberg Intelligence souligne que les incertitudes politiques en Europe et aux Etats-Unis ont joué un rôle dans le retard des opérations dans le secteur. Asthika Goonewardene, analyste pour Bloomberg Intelligence, indique que six compagnies biopharma "ont un besoin urgent d’augmenter leurs ventes stagnantes ou en érosion ou bien d’élargir leur gamme de produits. Gilead, Celgene, Merck et Sanofi se trouvent actuellement sous pression, et elles disposent de capacité et de moyens pour faire des acquisitions. Bristol Meyers et Glaxo pourraient également se lancer à la chasse, mais les dépenses d’investissement en recherche & développement de Bristol pourraient limiter ses projets de fusion, tandis que Glaxo a les mains liées avec sa joint-venture. Si la tendance se met en place, cela pourrait influencer à la hausse la valorisation des petites et moyennes valeurs de biotechnologie".

L’année 2018 s’annonce donc pleine de rebondissements pour le secteur des biotechs à la Bourse de Bruxelles.

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