analyse

Déroute de la soie pour le secteur du luxe

Des articles de luxe dans un magasin Tod's, à Francfort. ©REUTERS

Les mauvais chiffres du commerce extérieur chinois pèsent sur les valeurs du luxe en Europe. Moncler, Kering et LVMH figurent parmi les principales victimes.

Le luxe devient le parent pauvre sur les marchés. Le secteur du haut de gamme est en difficulté en Bourse ce lundi, après la publication de statistiques décevantes sur les importations chinoises.

A Milan, Moncler  perd 3,5%. Brunello Cucinelli  cède 0,5%. A Paris, Kering  recule de 2,4%. LVMH  abandonne 3%. Hermès  se replie de 2,2%. Christian Dior  bat en retraite de 2,6%. A Francfort, Hugo Boss  se déprécie de 1,4%. A Zurich, Richemont  voit son cours diminuer de 2,2%. Swatch  baisse de 0,9%.

Si le luxe se porte mal, c'est en grande partie à cause des chiffres publiés en Chine ce matin: les importations de la deuxième économie mondiale ont chuté de 7,6% en décembre contre toute attente. Les économistes sondés par l'agence Reuters tablaient sur une progression de 5%.

La Chine est un marché d'exportation déterminant pour le secteur du luxe. L'émergence d'une classe moyenne aisée dans ce pays est censée garantir une croissance rapide des ventes d'articles de mode. Depuis plusieurs mois, les indicateurs conjoncturels pointent vers un ralentissement de la croissance chinoise, ce qui pèse sur les cours boursiers des maisons de luxe à travers le monde.

Mauvais conseil de Berenberg

La semaine dernière, une note de Berenberg avait pourtant rendu un peu de tonus au secteur: le courtier estimait, jeudi dernier, que le luxe était mûr pour une concentration, ce qui impliquerait des fusions et acquisitions où, selon lui, des entreprises comme Kering et LVMH devraient jouer un rôle prépondérant.

Le moment était mal choisi, car ceux qui ont suivi les conseils de Berenberg en fin de semaine dernière subissent ce lundi une perte nette en Bourse.

Le marché semble rancunier envers le courtier allemand puisque parmi les exceptions à la baisse du luxe ce lundi, on trouve le fabricant italien de chaussures de luxe Tod's  , dont l'action gagne 1%. Jeudi, Berenberg avait conseillé de "vendre" le titre, contre une recommandation de "conserver" auparavant, l'objectif de cours ayant été réduit de 51 à 36 euros. Berenberg ayant donné un mauvais conseil sur l'ensemble du secteur jeudi, les investisseurs ont dû se dire que celui sur Tod's ne devait pas être fiable non plus...

Autre exception: Burberry   progresse de 0,7% en Bourse de Londres. Le groupe de mode britannique bénéficie d'une recommandation revue à la hausse chez Bank of America Merrill Lynch qui est passée de "sous-performance" à "neutre" sur le titre. Aux yeux des investisseurs, un courtier n'est pas l'autre, apparemment...

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