Des indicateurs et restrictions inquiètent les marchés

Les mauvaises nouvelles sur le front sanitaire ont pesé sur les marchés d'actions. ©BELGAIMAGE

La baisse des taux obligataires a pesé sur le secteur financier en Europe. La force du dollar a affaibli les cours de l'or.

La semaine écoulée a été marquée entre des résultats d'entreprises plutôt encourageants et des mauvaises nouvelles sur le front sanitaire, avec des mesures de restrictions adoptées en Europe pour contrer la deuxième vague de Covid-19. Mais les investisseurs ont préféré basculer dans l'inquiétude. Le Stoxx 600 a lâché 0,68% d'un vendredi à l'autre. Toutefois, les analystes ont estimé que dans un contexte de marchés pas bon marché, les actions s'avèrent sensibles à toute mauvaise nouvelle.

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Les cours de l'or n'ont pas profité de la recherche des titres défensifs. L'once d'or a perdu 1,56% à 1.900,28 USD d'un vendredi à l'autre.

Du côté des indicateurs inquiétants, les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis et les négociations difficiles entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne autour du Brexit ont alimenté l'aversion au risque. L'annonce, jeudi, d'un couvre-feu en France dans plusieurs grandes villes a aussi apporté des craintes sur l'impact économique des restrictions. Les secteurs les plus sensibles au cycle économique ont souffert cette semaine en conséquence, avec des reculs marqués pour des titres liés au transport comme les compagnies aériennes, les voyagistes et les croisiéristes.

Repli des taux obligataires

Le recul des taux obligataires européens, qui ont connu leur plus forte baisse hebdomadaire depuis le mois de juin, a pesé sur le secteur des banques et des assurances, alors qu'aux Etats-Unis, les banques ont délivré des résultats trimestriels mitigés. Les deux compartiments ont signé la pire performance du Stoxx 600 cette semaine, avec un repli de 2,63% et 3,13% respectivement.

"Les liquidités excédentaires continuent à soutenir le marché obligataire jusqu'à la fin de l'année, et avec la possibilité d'une impasse dans les négociations sur le Brexit, l'augmentation des cas de Covid-19, ... les achats de titres de sécurité devraient se poursuivre à court terme."
Jens Peter Sorensen
Analyste chez Danske Bank

Le taux du Bund allemand à dix ans est tombé à son plus bas niveau depuis mars, en pleine première vague de l'épidémie de Covid-19, à -0,624%. Les taux italiens ont également connu un fort repli. Ce vendredi, le taux belge à dix ans est tombé à un plus bas historique à -0,39%. Les analystes ont souligné que les anticipations d'une nouvelle intervention de la banque centrale européenne d'ici la fin de l'année ont joué un rôle dans le recul des taux obligataires. "Les liquidités excédentaires continuent à soutenir le marché obligataire jusqu'à la fin de l'année, et avec la possibilité d'une impasse dans les négociations sur le Brexit, l'augmentation des cas de Covid-19, ... les achats de titres de sécurité devraient se poursuivre à court terme", a relevé Jens Peter Sorensen, analyste chez Danske Bank.

En revanche, les cours de l'or n'ont pas profité de la recherche des titres défensifs. L'once d'or a perdu 1,56% à 1.900,28 USD d'un vendredi à l'autre. La remontée du dollar face à l'euro, en raison des mesures de restrictions adoptées en Europe, a pesé sur le métal précieux. La devise européenne a lâché 0,92% à 1,17 USD en variation hebdomadaire. "Le point d'attention pour les traders en métaux précieux et les autres intervenants de marché s'avère être la taille du deuxième plan de relance après les élections présidentielles aux Etats-Unis", a souligné Avtar Sandu, gestionnaire chez le courtier Phillip Futures Pte. Des analystes ont relevé que les marchés vont rester nerveux à l'approche de l'élection présidentielle américaine.

"Le point d'attention pour les traders en métaux précieux et les autres intervenants de marché s'avère être la taille du deuxième plan de relance après les élections présidentielles aux Etats-Unis."
Avtar Sandu
Gestionnaire chez le courtier Phillip Futures Pte

La remontée du dollar face aux autres devises et les restrictions liées au Covid-19 ont aussi affecté les prix des matières premières. Mais le cours du baril de Brent a avancé de 0,37% à 43,01 USD sur la semaine.

Des secteurs gagnants

Certains compartiments en Bourse ont toutefois tiré leur épingle du jeu cette semaine, dont ceux liés à la consommation. Just Eat Takeaway a pris 13,27% d'un vendredi à l'autre, porté par ses résultats. Le groupe de livraison de repas a indiqué des ventes en hausse de 46% sur un an au troisième trimestre, notamment parce que la pandémie a incité plus de gens à manger à domicile. Les autres titres liés à la consommation à domicile, comme le site de kits de préparation alimentaire Hello Fresh ou la firme technologique allemande TeamViewer, dont l'application de gestion d'ordinateur à distance est très demandée en raison de la pandémie, ont signé les meilleures performances du Stoxx 600 cette semaine, avec un bond de 16,45% et 6,14% respectivement.

Mais ces titres se sont fait distancer par Unibail-Rodamco-Westfield, qui a gagné 22,09% en variation hebdomadaire. Le titre a profité d'une fronde d'actionnaires. Un consortium d'investisseurs, mené par l'entrepreneur Xavier Niel et l'ancien PDG de la foncière Léon Bressler, et détenant 4,1% du capital de la société, a annoncé jeudi s'opposer à la stratégie menée par la direction, qui veut notamment lancer une augmentation de capital de 3,5 milliards d'euros.

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