Et si vous deveniez trader?

©Thomas De Boever

Une nouvelle salle de trading ouvre ses portes à Bruxelles. Sa particularité: elle s’adresse aux traders professionnels, mais aussi aux amateurs.

Sur les écrans d’ordinateur, empilés par six, les graphiques boursiers s’affichent. Face à ces ordinateurs le regard des invités s'éclaire et le rêve commence. L’une d’entre eux glisse à Maxime Lacrosse, associé avec Christophe Kleizynsky, de Be Trader, qu’elle est prête à vendre son immobilier pour se lancer dans le trading. Qui sait, elle débute peut-être ici une nouvelle carrière.

Nous sommes chez Be Trader. Après Londres, Paris, la salle de trading, ouverte aux particuliers, installe ses quartiers avenue Louise à Bruxelles. Les traders en devenir pourront s'y former alors que les traders professionnels pourront s'y installer. Coût de la location du desk: 290 euros par mois.

Un monde qui fascine

Si la Bourse reste encore souvent assimilé à un casino par le commun des mortels, on ne peut nier que le monde du trading fascine toujours autant.

"Le trader indépendant devient plus important que celui des banques"
Tarek Elmarhi
Président de Krechendo Trading Paris

Tarek Elmarhri, président de Krechendo Trading Paris, une société d’arcade de trading qui vient de fusionner avec Be Trader, indique avoir senti un intérêt marqué dans notre pays pour une telle salle de trading pour les particuliers. "À Paris, il en existe deux, où se rassemblent 144 traders. Londres en compte une vingtaine, avec 200 à 300 personnes pour les plus grosses, énumère-t-il.

Navinder Sarao (NDLR: le trader britannique de 36 ans arrêté en avril et accusé d’avoir manipulé le Chicago Mercantile Exchange) s’est formé dans ce type de structure. Il a loué son desk et commencé alors qu’il ne connaissait rien aux marchés. Il représente l’emblème de ce nouvel élan de traders. Le trader indépendant devient plus important que celui qui officie dans les banques. Ce trader indépendant traitait à lui seul plus de 250.000 lots par jour, les plus gros traders particuliers aussi."

Etre trader ne s'improvise pas

Devenir trader indépendant ne s’improvise pas. Tarek Elmarhri a une vingtaine d’années d’expérience dans les salles de marché des banques. Selon lui, un particulier qui se lance seul dans le trading, à travers son courtier, a 80% de chance de perdre 80% de son capital. "Nos formations ont pour but d’améliorer la performance du trader, pour qu’il gagne de l’argent. Il ne faut pas qu’il en perde. On ne mise pas sur la quantité, mais sur la qualité", précise-t-il.

Krechendo Trading et Bull Moose Trading, une société basée à Londres, se chargent de la formation des traders à Bruxelles.

Toutes les formations, allant de l’initiation de 3 jours à la formation avancée de 2 mois, portent avant tout sur le marché des futures. "Au départ, ils vont travailler avec un simulateur. Tant que le trader ne génère pas de profits, on ne le laisse pas devenir professionnel. Et il faut aussi souligner que des traders bons avec le simulateur éprouvent des difficultés en mode réel" explique Tarek Elmarhri, pour qui le métier s’apprend au minimum en huit semaines.

Les futurs traders apprendront à négocier sur Trading Technologies, une plate-forme de transactions en dérivés où sont connectées toutes les grandes banques.

Tarek Elmarhri explique que l’utilisation de cette plate-forme permet aux traders de réduire leurs coûts de transactions. "Un trader professionnel passe plus de 800 aller-retours sur les marchés. Pour ceux qui passent 250.000 lots, il leur en coûterait 2,5 millions d’euros de frais chez un courtier en ligne, contre 250.000 euros avec une infrastructure adéquate."

L’intérêt de l’arcade

L’arcade de trading permet, selon le président de Krechendo, de mettre des traders en contact. "L’accès aux autres traders lui permet de progresser dans son travail" indique-t-il.

L’arcade de trading bruxelloise n’est toutefois pas très grande. La salle ne peut accueillir que dix personnes pour l’instant, mais Maxime Lacrosse espère pouvoir croître à l’avenir.

Quatre personnes se sont inscrites pour la formation professionnelle, cinq pour l’initiation. Maxime Lacrosse ajoute avoir reçu 163 demandes d’informations. Un bon début.

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