"Il ne faut pas s'attendre à une correction des marchés "

James Ashley (Goldman Sachs Asset Management) prône le "wait and see" en 2020.

James Ashley (Goldman Sachs Asset Management) estime que le coronavirus ne va pas provoquer une chute des marchés d’actions car la croissance économique mondiale se montre robuste.

James Ashley, directeur de la stratégie internationale chez Goldman Sachs Asset Management, estime que personne, parmi les économistes et les épidémiologistes, ne sait combien de temps va durer l’épidémie de coronavirus (Covid-19). "Essayer de prédire l’impact du coronavirus sur la croissance économique mondiale est malhonnête, alors nous devons rester humbles et réagir aux données de santé mais aussi économiques, comme les indices PMI", explique-t-il.

"Nous savons qu’un impact négatif du coronavirus aura lieu au premier trimestre, même s’il y a une reprise au second trimestre. Il y aura une perte permanente de production. Les Chinois, qui voyagent beaucoup durant les premiers mois de l’année, vont arrêter. Les hôtels, les loisirs, les restaurants qu’ils auraient consommés à cette période-là ne vont pas être reportés au second trimestre", nuance-t-il.

"Alors, la croissance économique mondiale sera plus faible, même si on ne connaît pas la magnitude de l’impact. Mais cet événement arrive alors que celle-ci se montre robuste, car elle doit accélérer modestement cette année, selon nos prévisions", indique-t-il encore.

Entre les actifs, il ne faut pas changer sa stratégie. Nous restons en mode prise de risque.
James Ashley
Directeur de la stratégie internationale chez Goldman Sachs Asset Management

Pas d’ajustements

Dans ce contexte de croissance économique robuste, James Ashley estime que, du point de vue de l’investisseur, des ajustements ne sont pas nécessaires. "Il ne faut pas s’attendre à une correction des marchés et attendre une opportunité pour prendre plus de risques, car on ne sait pas quand le marché va toucher un fond. Mais il ne faut pas voir non plus le moment comme une opportunité pour réduire son risque en vendant ses actions et en rachetant des obligations", conseille-t-il.

Par contre, il juge opportun de revoir son allocation d’actifs. "Du point de vue du marché des taux, on sait que les devises asiatiques vont être touchées, car les banques centrales vont injecter plus d’argent pour soutenir les plans de relance des gouvernements. Pas nécessairement à cause du coronavirus. La banque centrale thaïlandaise a commencé à baisser ses taux d’intérêt. Dans ce contexte, les devises asiatiques vont souffrir. Alors il faut réfléchir de manière tactique dans la gestion de portefeuille", indique James Asley. "Entre les actifs, il ne faut pas changer sa stratégie. Nous restons en mode prise de risque", ajoute-t-il.

Des performances moindres

La performance des marchés d’actions s’explique, selon James Ashley, par deux phénomènes. "D’une part, le coronavirus arrive à un moment où les perspectives économiques sont relativement solides. D’autre part, on voit la volonté des banques centrales qui envoient le message que si les éléments se détériorent, elles sont disposées à réagir. Jerome Powell, le président de la Federal Reserve, a laissé la porte ouverte. Et on voit la Banque centrale chinoise noyer le marché de liquidités", explique-t-il.

James Ashley prévient d'un retour de la volatilité sur les marchés au deuxième semestre, avec les élections présidentielles américaines.

"On a connu la même situation l’année passée aux États-Unis, au moment de la guerre commerciale. Celle-ci a provoqué beaucoup d’incertitudes sur les marchés, des interruptions sur la chaîne de production et des questions sur la durée de celles-ci. En réponse, la Fed a abaissé ses taux d’intérêt. Elle n’a pas été forcée. Elle a choisi de le faire", relève-t-il.

Toutefois, James Ashley prévient d'un retour de la volatilité sur les marchés au deuxième semestre, avec les élections présidentielles américaines. Mais il estime que les perspectives économiques prudemment constructives pour cette année vont se traduire par des gains modestes pour les marchés. Et donc, ceux-ci ne devraient plus répéter leur performance de l’année précédente.

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