L'auto se porte bien en Bourse. Oui mais…

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Le secteur automobile se porte comme un charme sur les marchés boursiers depuis janvier. Plusieurs risques l’attendent pourtant au coin de la rue.

Vraiment pas cher le secteur automobile en Europe! Avec des ratios financiers ridiculement bas, on peut comprendre que l’ensemble du secteur arrive à passer sans trop d’encombre à travers tous les nuages qui commencent à assombrir son horizon.

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Renault, à la Bourse de Paris, se traite à 4,4 fois à peine les bénéfices attendus cette année, et à moins de 0,5 fois la valeur comptable de ce constructeur.

Renault, à la Bourse de Paris, se traite à 4,4 fois à peine les bénéfices attendus cette année, et à moins de 0,5 fois la valeur comptable de ce constructeur. Son action offre un confortable rendement sur dividende brut de 6%. Renault est loin d’être un cas unique. On pourrait citer d’autres exemples, tels que Peugeot ou Volkswagen, qui s’échange sur le marché boursier de Francfort à 0,7 fois seulement la valeur comptable du groupe.

Il n’est pas étonnant dès lors, en regard de ces quelques données, que le secteur compte parmi les plus performants en Bourse depuis le début de cette année en Europe. Les actions des constructeurs automobiles affichent des hausses de 7-8%, voire bien davantage pour les spécialistes du luxe, depuis la fin de 2018.

Les risques

Ce secteur sera-t-il en mesure de poursuivre sa course en avant dans les temps à venir? À entendre les analystes, il semble que oui. Leurs avis sont majoritairement optimistes avec des objectifs de cours qui vont jusqu’à 100 euros pour Renault, 27 euros pour Peugeot et 230 pour Volkswagen.

Il y a ce risque permanent de guerre commerciale entre les Etats-Unis et les constructeurs européens, allemands en tête.

Petit bémol quand même: il ne nous a pas échappé que la plupart des fabricants d’équipements qui fournissent les constructeurs automobiles – ils savent de quoi ils parlent – et qui se sont prononcés sur la santé de leurs affaires ont fait preuve de moins d’optimisme. Il y a huit jours d’ici, l’allemand Schaeffler s’était montré pessimiste pour le marché automobile.

Et il y a de quoi. Il y a ce risque permanent de guerre commerciale entre les Etats-Unis et les constructeurs européens, allemands en tête. Il y a ce tournant majeur qu’opèrent progressivement les constructeurs vers la voiture électrique et la voiture autonome. Et cela au détriment de leur rentabilité à court terme.

Il y a encore le risque découlant du Brexit. Et enfin, celui d’assister à une poursuite de la baisse des ventes de voitures en Chine, le principal marché surtout pour les constructeurs allemands. Cette énumération de risques mérite que l’on redouble de prudence vis-à-vis de ce secteur.

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