analyse

L’impact du coronavirus scruté après l’avertissement d’Apple

Coronavirus. C’est encore le mot qui a été le plus prononcé ces derniers jours dans les salles de marchés. Et s’il n’a pas trop chahuté les Bourses, il reste que cette épidémie de grippe mortelle interpelle un peu plus encore les investisseurs. Surtout depuis l’avertissement émis dans la soirée de lundi par Apple.

Le fabricant de l’iPhone, qui est la 1ère capitalisation boursière au monde, a en effet affirmé qu’il n’atteindrait probablement pas son objectif de chiffre d’affaires sur la période allant de janvier à mars. Il justifie son avertissement par le fait que la reprise de la production de ses chaînes d’assemblage chinoises, mises à l’arrêt par l’épidémie, est plus lente que prévu.

Des impacts chiffrés

Cette annonce constituait jusque-là le plus important impact concret de l’épidémie de coronavirus sur les affaires des sociétés multinationales. Depuis, d’autres se sont prononcées sur le sujet. Parmi elles, il y a notamment le français Schneider qui, en marge de la publication de ses résultats en 2019, a dit chiffrer à 300 millions d’euros l’impact du coronavirus sur ses affaires. Un impact auquel il pense tout de même être en mesure de remédier au 2e trimestre. Encore faut-il que cette vague d’épidémie soit arrivée à son terme à ce moment-là. Car, comme le pressent Norihiro Fujito, responsable de la stratégie d’investissement chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley cité par Reuters, si Apple s’est décidé à "avertir", c’est peut-être parce qu’il craint que l’impact du virus puisse se prolonger au-delà du trimestre en cours.

Dans cet environnement où l’incertitude continue donc de dominer, les investisseurs ont hésité à pousser beaucoup plus haut les principaux indices boursiers. Même si la première estimation flash du PMI manufacturier allemand publiée à la veille de ce week-end fait ressortir une amélioration inattendue en février de l’activité du secteur (47,8 après 44,8 en janvier). D’un vendredi à l’autre, les indices accusent ainsi des bilans peu enthousiasmants. Le S&P 500 de New York a cédé 1% à 3.346,73 points (vendredi vers 18 heures) et le Stoxx 600 paneuropéen 0,63% à 428,07 points. 

Du côté des places émergentes, les pertes ont été en moyenne de 1%. Assez curieusement, bien que la Chine se trouve aux premières lignes du virus, la Bourse de Shanghai a gagné 4,21%. Cette performance, la bourse chinoise la doit à la politique de soutien conduite par la Chine à son économie.

Refuge en or

Dans leur recherche de valeurs refuges, les investisseurs se sont tournés vers les bons du Trésor américains où le rendement à 10 ans est revenu à 1,47%, ainsi que vers le métal jaune. L’once d’or a gagné 3,5% à 1.639 dollars. Goldman Sachs voit l’once monter jusqu’à 1.750 USD, dans le cas où l’épidémie de coronavirus était contenue au cours de ce 1er trimestre. Et même jusqu’à 1.850 USD si elle devait persister au 2e trimestre. Toujours au rayon des métaux précieux, l’once de palladium s’est envolée de 10,7% à 2.694 USD.

Côté changes enfin, après deux semaines de repli, l’euro se raffermit de 0,2% à 1.085 USD.

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