La BCE dope les bancaires, le Bel 20 en profite

©REUTERS

En Bourse de Bruxelles, KBC et ING sont en forte hausse, ce qui permet au Bel 20 de signer la meilleure performance en Europe. La BCE préparerait des mesures pour soulager les banques affectées par les taux d'intérêt négatifs.

Les valeurs bancaires bénéficient d’une information de l’agence Reuters selon laquelle la Banque centrale européenne (BCE) plancherait sur des mesures concrètes visant à réduire l’effet néfaste des taux d’intérêt négatifs sur les banques de la zone euro. Il serait ainsi envisagé de relever le plafond à partir duquel le taux de -0,4% de la facilité de dépôt de la BCE affecte les liquidités excédentaires que les banques européennes déposent au guichet de la banque centrale.

Le secteur bancaire enregistre l’une des meilleures performances sectorielles sur les marchés européens. Plusieurs actions des banques bénéficient de l’engouement du moment pour ce secteur.

En Bourse de Bruxelles, KBC   et ING  prennent environ 3%. Ces deux valeurs permettent au Bel 20  d'afficher un gain de 0,8%, alors que les grands indices boursiers européens   ont quant à eux changé de cap et évoluent désormais en légère baisse.

La plupart des valeurs bancaires de la zone euro bénéficient aussi de "l'effet BCE": Crédit Agricole  gagne 4,5%. Société Générale  progresse de 3,3%. BNP Paribas  grimpe de 3,2%. ABN Amro  s’élève de 4%. Deutsche Bank  avance de 3,9%. Banco BPM  enregistre une hausse de 3,8%. Santander  prend 3%.

La BCE soutiendra l'économie

On notera toutefois que, dans un discours prononcé à Francfort, Mario Draghi, le président de la BCE, a été beaucoup moins précis sur les mesures que la banque centrale pourrait prendre en faveur des banques. Il a d’ailleurs insisté sur le fait que leur faible rentabilité n’était pas nécessairement due aux taux d’intérêt négatifs résultant de la politique monétaire...

La faible rentabilité des banques n’est pas une conséquence inévitable des taux négatifs.
Mario Draghi
Président de la Banque centrale européenne

Le président de l’institut monétaire s'est exprimé à l’occasion de la vingtième édition de la conférence "La BCE et ses observateurs", organisée ce mercredi à Francfort. "Nous continuerons à vérifier comment les banques peuvent maintenir des conditions bénéficiaires saines alors que les marges d’intérêt sont sous pression", a-t-il dit. "Et, si nécessaire, nous devrons réfléchir à d’éventuelles mesures pouvant conserver les effets positifs des taux négatifs sur l’économie tout en réduisant les effets collatéraux, s’il y en a. Cela dit, la faible rentabilité des banques n’est pas une conséquence inévitable des taux négatifs."

Plusieurs patrons de banques se plaignent de la difficulté de dégager des profits dans l’actuel environnement de taux d’intérêt très bas qui résulte de la politique monétaire extrêmement accommodante de la BCE. Mario Draghi a indiqué qu’une étude de la banque centrale montrait qu’entre 2009 et 2017, les banques qui avaient dégagé les meilleurs résultats étaient celles qui avaient réduit leurs coûts, investi dans les nouvelles technologies et diversifié leurs sources de revenus.

Draghi a en outre indiqué que la BCE "s’assurerait que la politique monétaire continue à soutenir l’économie en ajustant l’engagement pour l’avenir (la "forward guidance", ndlr) pour refléter les nouvelles perspectives d’inflation".

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