"La BCE est consciente de toucher aux limites de la politique monétaire"

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Jamais auparavant la Banque centrale européenne n'avait porté son taux central à zéro. Malgré son paquet de mesures de soutien à l'économie, beaucoup doutent de la capacité de la BCE à ramener l'inflation vers sa cible et celle des banques centrales à agir sur l'économie mondiale. Nous avons pris l'avis de quelques économistes...

Pour Bernard Keppenne, chef économiste de CBC, "s’il y a une chose qu’il faut retenir c’est que Mario Draghi a déclaré que les taux resteraient bas, très bas, pour longtemps et bien au-delà de la fin des achats d’actifs de la BCE".

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Cela signifie que "même après mars 2017, les taux resteront au plancher", indique Peter Vanden Houte, chef économiste d’ING Belgique. "ça veut dire qu’il faudra attendre 2018, si pas 2019, avant de songer à une éventuelle remontée des taux."

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Eric Dor, professeur à l’Ieseg School of Management, souligne que l’intervention de la BCE est bien plus large qu’attendu: "C’est très massif. La BCE a sorti plusieurs bazookas avec l’énergie du désespoir. Elle continue dans la logique de la politique menée jusqu’à présent qui consiste à faire baisser le coût du crédit pour relancer la demande privée, ce qui est censé faire pression sur l’appareil productif où les salaires devraient augmenter, le tout se traduisant par une remontée des prix."

Quant à savoir si cela va fonctionner, Eric Dor se montre beaucoup plus réservé: "Il y a des raisons d’être sceptique: le secteur privé européen est encore très endetté, donc il n’est pas certain qu’il empruntera davantage, même si le crédit est encore meilleur marché. Ensuite, même si les dépenses augmentent, il n’est pas sûr que ça profitera à la production locale: on peut toujours importer. Enfin, la BCE va à nouveau laminer les épargnants, les retraités vivant de leur épargne accumulée au fil du temps: tous ces acteurs économiques seront affectés et dépenseront moins."

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Pour Peter Vanden Houte d’ING Belgique, élargir les achats d’actifs aux obligations d’entreprises est "bien vu car les primes de risque des entreprises ont augmenté depuis l’été dernier". Mais selon lui, "la BCE est consciente qu’elle touche aux limites de la politique monétaire. Elle n’anticipe pas de baisse de taux future, elle reconnaît que le système bancaire a été durement touché et elle appelle les pouvoirs publics à jouer leur rôle en complément de sa politique, tout en respectant le pacte de stabilité, ce qui peut sembler schizophrénique…"

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