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La Fed entamera en octobre la réduction de son bilan

©AFP

La Fed espère relever son taux directeur encore une fois cette année. Elle commencera à réduire son bilan en octobre au rythme initial de 10 milliards de dollars par mois.

Elle comptait parmi les décisions que la banque centrale américaine (Fed) pouvait prendre à l’issue de sa réunion de deux jours qui s’est achevée hier: ses gouverneurs ont donc fixé au mois d’octobre le démarrage de la réduction du bilan qui se monte à 4.500 milliards de dollars. Ils manifestent de la sorte leur volonté de poursuivre la normalisation de leur politique monétaire.

Cette opération passera par l’arrêt progressif du réinvestissement des montants issus des obligations arrivant à maturité. Elle se fera au rythme de 10 milliards de dollars par mois pendant trois mois. Elle concernera des bons du Trésor pour un montant de 6 milliards, et des titres adossés à des créances hypothécaires pour 4 milliards. Par la suite, le montant de 10 milliards sera augmenté tous les trois mois de 10 milliards de dollars.

10 milliards $
La réduction du bilan se fera au rythme de 10 milliards de dollars par mois pendant trois mois. Ce montant sera ensuite augmenté de 10 milliards tous les trois mois.

Cette réduction du rôle de la Fed, qui intervient 10 ans après le début de la crise financière, correspond dans les faits à un léger resserrement de la politique monétaire. La Fed veut que le processus soit très progressif et prévisible, afin d’éviter de provoquer des remous sur les marchés financiers comme cela avait été le cas en 2013 lorsqu’elle avait annoncé une réduction de ses achats d’actifs. À l’époque, le rendement du bon du Trésor à 10 ans avait rapidement filé vers les 3%. La réaction du marché de la dette américaine à la publication du communiqué a été cette fois plus réservée. Le rendement du bon du Trésor à 2 ans a limité sa hausse à 0,045% à 1,44% et celui à 10 ans à 0,037% à 2,28%.

La Fed prévoit toujours une hausse du taux d’intérêt au jour le jour d’un quart de point de pourcentage en décembre – la 4e depuis l’élection de Donald Trump –, et trois autres en 2018, si l’économie évolue comme prévu. Le principal taux directeur de la Fed évoluera alors dans une fourchette de 1,25% à 1,50% d’ici la fin de l’année. À ce jour, il se situe dans une marge de 1% à 1,25%.

Sur le marché des changes, ces annonces ont renforcé le dollar. L’euro a glissé jusqu’à 1,862 dollar avant de se raffermir par la suite jusqu’à 1,189 dollar (-0,9%). À Wall Street, l’indice Dow Jones qui était tombé jusqu’à 22,314,68 points, a ensuite tenté de réduire ses pertes.

La Fed moins optimiste que Trump

L’économie va continuer à croître à un rythme "modéré", même si les ouragans Harvey, Irma et Maria "qui ont dévasté de nombreuses communautés" vont affecter "l’activité économique à court terme", juge la Fed. Elle pense néanmoins, "au vu de l’expérience passée", que ces catastrophes "ne vont pas altérer" le cours de la première économie mondiale "à moyen terme".

Sur le plan des prévisions, la Fed a relevé celles portant sur la croissance pour l’économie américaine. Elle s’affichera cette année à 2,4% en rythme annuel, contre 2,2% prévus en juin. Lors de la conférence de presse qu’elle a donnée après la publication du communiqué, Janet Yellen, présidente de la Fed, a indiqué que les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) estimaient que "l’économie performe bien et se montraient confiants dans les perspectives de l’économie réelle". La Fed a par contre laissé inchangée sa prévision de croissance pour l’année prochaine (+ 2,1%).

Si l’estimation de la Fed pour 2017 se confirmait, la croissance américaine s’établirait en deçà de l’objectif de croissance de l’administration Trump qui table, elle, sur une augmentation du PIB de 3% voire plus. Pour autant, elle serait supérieure à la projection du Fonds monétaire international (+ 2,1%), fait remarquer Reuters.

Sur le front de l’emploi, la Fed table comme en juin sur un taux de chômage de 4,3%, sans changement, avant une nouvelle baisse en 2018 à 4,1% (contre 4,2% attendus en juin).

S’agissant de l’inflation, la Fed la voit toujours à + 1,6% cette année. La Fed vise une stabilisation de la hausse des prix à la consommation autour de 2% par an, un objectif qu’elle a repoussé à 2019 au lieu de 2018, précédemment. Pour autant, elle voit une inflation qui s’accélère l’an prochain à 1,9%.

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