La communication des banques centrales de plus en plus importante

Les banquiers centraux ont fait du bon travail avec leur communication avancée. ©AFP

Les banquiers centraux réunis à Francfort ont insisté sur l’importance de leur communication aux investisseurs alors que leur politique monétaire devient de moins en moins accommodante.

Les quatre banquiers centraux principaux ont promis ce mardi de continuer à guider les investisseurs sur leur future politique monétaire. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Harukido Kuroda, le président de la Banque centrale du Japon, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine et Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, se sont exprimés lors d’une conférence organisée par l’institution basée à Francfort sur la communication des banques centrales. Depuis la crise financière, celles-ci ont déployé une politique dévoilant leurs engagements futurs, baptisée communication avancée. "La communication avancée est devenue un outil de politique monétaire", a reconnu Mario Draghi. "Alors, pourquoi se débarrasser d’un instrument de politique monétaire qui a fait ses preuves?" a-t-il ajouté.

"La communication avancée est devenue un outil de politique monétaire."
Mario Draghi
président de la BCE

La communication avancée des banques centrales prend toutefois une nouvelle tournure alors que celles-ci commencent à réduire leur soutien monétaire. La Réserve fédérale américaine s’apprête à relever pour la cinquième fois ses taux d’intérêt alors qu’elle se livre désormais à l’exercice de réduction de son bilan. La Banque d’Angleterre vient de relever pour la première fois depuis dix ans son principal taux directeur à 0,50%. La BCE a elle décidé de prolonger son programme de rachats d’actifs de neuf mois, mais pour un montant de 30 milliards d’euros à partir de janvier contre 60 milliards d’euros actuellement. La Banque du Japon n’a pas touché à sa politique monétaire, mais a signalé que des soutiens supplémentaires sont peu probables.

Un exercice délicat

La Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre ont connu des réactions prononcées sur les marchés malgré leur communication avancée. La Fed avait provoqué une panique sur le marché obligataire en 2013 en annonçant son plan de réduction de soutien monétaire. Mark Carney a lui été pris en défaut par l’économie britannique alors qu’il avait annoncé une remontée des taux d’intérêt de la banque centrale.

Même Mario Draghi a provoqué une vague de ventes en juin sur les marchés après avoir suggéré que la politique monétaire de la BCE pourrait être adaptée. Toutefois, les économistes de Goldman Sachs présents à la conférence de la BCE ont approuvé la communication avancée des banques centrales. Après avoir étudié la réaction des marchés financiers depuis une décennie, ils estiment que "les banquiers centraux ont eu de la réussite avec la communication de leur politique monétaire".

Mais Hyun-Song Shin, de la Banque des règlements internationaux, a déclaré durant la conférence que "trop de prévisibilité et de gradualisme peuvent conduire les investisseurs à prendre trop de risques".

Janet Yellen a elle relevé que des messages contradictoires des différents gouverneurs de la Fed peuvent amener de la confusion auprès des investisseurs. Elle passera le témoin à Jerome Powell en février de l’année prochaine.

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