"La probabilité d'une récession reste faible, mais elle a augmenté" (Draghi)

La BCE lance une nouvelle série de mesures de politique monétaire qui inclut la réduction de l'un de ses taux directeurs et un nouveau programme d'achats d'obligations dans le but de soutenir la croissance et d'endiguer la baisse des anticipations d'inflation.
  • Ce qu'il faut retenir des annonces de la BCE

    → La BCE s'est montrée plus pessimiste dans ses prévisions pour l'économie de zone euro, un diagnostic justifiant à ses yeux le lancement d'un nouveau paquet de mesures anti-crise.

    → Tant les prévisions de croissance que celle concernant l'inflation ont été revues à la baisse. 

    → Pour épargner la zone euro d'un risque de récession, le programme d'achat de dettes publiques et privées de la BCE est relancé "aussi longtemps que nécessaire"

    → Pour soutenir les banques, la BCE a décidé de réduire le taux de dépôt frappant les liquidités excédentaires des banques, déjà négatif depuis 2014, pour le porter de -0,40% à -0,50%. Cette baisse est accompagnée d'un système de taux par paliers pour alléger la charge d'intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques.

    L'euro a perdu des plumes face au dollar avant de résorber son retard. Mouvement identique sur le marché de la dette. Côté "actions", beaucoup de volatilité sur les bancaires


  • Le double coup de pouce de la BCE aux banques

     Baisse du taux de dépôt et système de paliers ("tiering") 

    → La Banque centrale européenne a abaissé, comme attendu, son taux sur les dépôts bancaires à -0,50%. La BCE veut, par ce biais, encourager les banques à prêter leur excès de trésorerie aux ménages et aux entreprises au lieu de le laisser à son guichet.

    → En plus de la réduction du taux de dépôt, la BCE va instaurer un système à deux niveaux pour la rémunération des réserves: une partie des liquidité excédentaires sera exemptée du taux de dépôt négatif.  

    → Le taux "de refinancement" des banques à l'échéance d'une semaine a, en parallèle, été maintenu à 0%, son niveau le plus bas où il campe depuis trois ans, et le taux de prêt marginal à 0,25%. 

    → La BCE a laissé ses deux autres taux directeurs inchangés.

     
  • Fin de la conférence de presse

  • La récession n'est pas loin

    Pour le président Draghi, le risque de voir l'ensemble de la zone euro entrer en récession reste faible. Il note toutefois que le risque augmente, notamment en Allemagne. Mario Draghi penche du coup pour "une action sur le volet budgétaire" au sein de la première économie européenne.  

    "Le risque d'une récession en Allemagne réclame une action sur le volet budgétaire".
    Mario Draghi
    Président de la BCE
  • Un soutien parti pour durer

    "Le Conseil des gouverneurs a réaffirmé le besoin d'une orientation hautement accommodante de la politique monétaire pour une période de temps prolongée et continue d'être prêt à ajuster tous ses instruments de façon appropriée afin d'assurer que l'inflation évolue vers son objectif de manière durable, conformément à ses engagements de symétrie."
    Mario Draghi
    Président de la BCE

  • Draghi explique le coup de pouce aux banques

    "Nous avons décidé d'introduire un système à deux vitesses de rémunération des réserves dans lequel une partie des avoirs des banques sous forme de liquidités excédentaires sera exemptée du taux négatif de la facilité de dépôt afin de soutenir la transmission de la politique monétaire assurée par les banques", détaille le président Draghi. Il ajoute que "pour les banques dont les crédits nets éligibles dépassent une référence donnée, le taux appliqué dans les opérations TLTRO III sera plus bas et peut être aussi bas que la moyenne des taux d'intérêt sur la facilité de dépôt en vigueur durant la durée de l'opération."

  • Le commerce international fait mal à la zone euro

    Mario Draghi dit s'attendre à une "faiblesse de plus longue durée" de l'économie en zone euro, pronostic pessimiste qui explique la panoplie de mesures de soutien que la BCE vient d'adopter. L'union monétaire souffre de la "faiblesse continue du commerce international dans un environnement d'incertitudes mondiales prolongées", qui affecte particulièrement "le secteur manufacturier", a expliqué le président Draghi. 

    Dans ce contexte, le président de la BCE estime que les gouvernements dotés de marges budgétaires "devraient agir"

    ©REUTERS

  • Prévisions de croissance et d'inflation revues à la baisse

    La BCE a décidé de revoir ses prévisions de croissance à la baisse pour l'ensemble de la zone euro en 2019 et 2020. Pour l'année en cours, elle s'attend à une croissance de 1,1% contre 1,2% prévu en juin. Pour l'année suivante, la BCE anticipe à présent une croissance de 1,2%. Elle était attendue à 1,4% en juin. Pour 2021, c'est le statu quo dans les prévisions de l'institution francfortoise: la croissance du PIB de la zone euro reste prévue à 1,4%. 

    "Les décisions de ce jour ont été prises en réponse à une insuffisance durable de l'inflation par rapport à notre objectif."
    Mario Draghi
    Président de la BCE

    Même tendance pour l'inflation. Elle est revue à la baisse pour 2019 à 1,2% contre 1,3% précédemment, pour 2020 à 1,0% (1,4% = estimation précédente) et elle remonterait en 2021 à 1,5% (1,6% = estimation précédente). 

  • "La BCE est prête à ajuster tous les instruments"

    Le président de la BCE indique que les projections en sa possession sur la santé des économies européennes "renvoient à une nouvelle dégradation des perspectives d'inflation". La BCE réduit d'ailleurs sa prévisions de croissance 2019 pour la zone euro à 1,1% contre 1,2% annoncé en juin dernier, et elle observe "une persistance des risques baissiers".

    Mario Draghi a insisté sur la capacité de la BCE à "ajuster tous les instruments" en sa possession pour venir en soutien des économies de la zone euro.  

  • VIDÉO | La conférence de presse de Mario Draghi

    La conférence de presse de la BCE

  • Quand Trump envie la zone euro

    Le président américain dit regretter que la Fed ne suive pas le rythme de la BCE dans la baisse de ses taux... 

  • Le retour QE "aussi longtemps que nécessaire"

    Les rachats d'actifs reprendront à partir du 1er novembre au rythme mensuel de 20 milliards d'euros. 

    Ce QE sera poursuivi pour une période prolongée et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidités favorables et un degré ample d'accommodation.  

    Le conseil des gouverneurs de la BCE a donc surmonté ses divisions internes en décidant de relancer ce programme historique baptisé "QE" pour "Quantitative Easing". Il avait déjà permis de déverser 2.600 milliards d'euros entre mars 2015 et fin 2018 pour soutenir une conjoncture et une inflation atones. L'arrêt de cette mesure de soutien aura donc duré... 9 mois. 

  • L'euro baisse, les taux d'emprunt se détendent et les actions bancaires trinquent

    → L'euro, qui était en hausse de 0,1% avant le communiqué de la BCE, recule de 0,45% face au dollar vers 14 heures à 1,0960.

    → Les marchés actions grimpent vers leurs plus haut de l'année, revigorés par les annonces très accommodantes de la BCE. Les valeurs bancaires sont toutefois en recul, alors qu'elles montaient avant la publication du communiqué de la BCE. 

      

    → Nette détente sur le marché de la dette, en particulier en Italie. Vers 14H00, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne s'enfonçait à -0,643% contre -0,566% la veille, et celui de l'Italie plongeait à 0,790% contre 0,959%. Le 10 ans belge reculait à -0,32% 

  • Jusqu'où la BCE peut-elle aller?

    Les analystes d'ING ont réalisé un tableau reprenant (en anglais) tous les scénarios possibles sur la table de la BCE. Ils misent notamment sur un QE de 30 milliards d'euros pour les douze mois à venir. 

  • Au menu de la BCE

    La réunion de la Banque centrale européenne, l'avant-dernière sous la présidence de Mario Draghi avant l'arrivée début novembre de Christine Lagarde, est très attendue par les marchés avant la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale la semaine prochaine. Les investisseurs et la planète financière se demandent quelle teneur aura le remède anti-récession préparé le conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort. 

    A l'issue de la précédente réunion de la BCE, fin juillet, Mario Draghi avait clairement indiqué qu'il pourrait actionner une série de mesures de relance si le ralentissement des économies de la zone euro se confirmait. La banque centrale pourrait vraisemblablement laisser son taux de refinancement des banques à zéro, tout en abaissant celui sur les dépôts. En parallèle, pourrait être annoncé un système de taux dégressifs pour alléger la charge d'intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques ("tiering").

    Le programme: 

    → 13h45: Les décisions de la BCE  
    → 14h30: Les explications du président Draghi à la presse 

    ©AFP

  • "Tout est possible"

    "Tout est possible en ce jour de réunion de la BCE. Les analystes sont très divisés sur les annonces que pourrait faire Mario Draghi concernant les volets suivants: taux de dépôt, QE et tiering."
    Christopher Dembik
    Responsable de la recherche économique - Saxo Banque

  • Les marchés veillent

    "Toutes les mesures qui ne seraient pas à la hauteur des espoirs du marché seraient sanctionnées immédiatement."
    Les analystes de Mirabaud Securities Genève

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