analyse

La résistance de l'économie éclipse la guerre commerciale

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Tout ne va pas si mal. C’est ce que semblent s’être dit les investisseurs cette semaine, si l’on en croit la progression des indices boursiers européens au terme des cinq dernières séances de cotation.

Cette semaine les indices de référence en Europe ont grimpé d’environ 1,5% ou davantage. Il existe de nettes divergences sectorielles mais, dans l’ensemble, on peut y voir un regain d’optimisme dans les rangs des intervenants des marchés financiers.

Certes, on a appris mardi que la production industrielle de la zone euro avait diminué de 0,3% en mars. Mais au moins, ces données sont conformes aux attentes, ce qui a rarement été le cas ces derniers mois. De plus, les chiffres de février ont été revus à la hausse.

Par ailleurs, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a enregistré une croissance de 0,4% au premier trimestre, d’après les statistiques dévoilées mercredi, soit le double de la progression du dernier trimestre 2018. Rebond de l’économie allemande, sortie de la récession en Italie, stabilité de la croissance française: un cocktail rafraîchissant pour les marchés.

D’autres données, publiées jeudi, montrent que les exportations de la zone euro ont augmenté de 3,1% en mars. Or, à la fin de l’an dernier, ce sont des inquiétudes pour le commerce extérieur européen qui avaient pesé sur les marchés: on craignait les conséquences des conflits commerciaux avec les Etats-Unis.

La guerre commerciale avait pourtant fortement plombé l’ambiance dans les salles boursières à l’entame de la semaine, la Chine ayant annoncé des mesures de représailles au relèvement des taxes à l’importation sur les produits chinois décidé par les Etats-Unis. Mais les indicateurs macroéconomiques publiés ensuite ont eu raison du pessimisme rémanent lié à ces incertitudes pour le commerce mondial.

Toutefois, quand on observe les variations des actions par secteur, on remarque que les tarifs douaniers sont toujours redoutés. Les valeurs de l’automobile ont perdu 1,18% cette semaine. Washington a beau avoir reporté, ce vendredi, sa décision dans ce domaine, l’épée de Damoclès reste suspendue au-dessus de ce secteur.

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Bond des prix pétroliers

Un autre compartiment ne se porte pas bien en ce moment: celui des banques. Les valeurs bancaires ont baissé de 0,88% cette semaine. Au cours du mois écoulé, c’est l’un des secteurs qui a le plus reculé, avec l’automobile et les valeurs liées aux matières premières. La saison des résultats n’a pas été faste pour les institutions financières.

De plus, les taux d’intérêt sont plus que jamais sous pression. Cette semaine, les investisseurs ont plébiscité les obligations gouvernementales les plus solides, comme le Bund allemand. Résultat: les taux d’intérêt ont à nouveau piqué du nez. Le taux belge à dix ans est tombé à son plus bas niveau depuis novembre 2016. Ce n’est pas de bon augure pour les marges de transformation des banques.

À l’autre bout du spectre des variations sectorielles de la semaine, on trouve les actions des sociétés pétrolières, en progression de 3,74% sur cinq jours. Ici, pas de souci pour les marges: après deux semaines de tassement, les cours du brut sont repartis à la hausse, assez nettement. Le prix du baril de Brent a grimpé de plus de 2%, tout comme celui du pétrole américain WTI (West Texas Intermediate).

La montée des prix pétroliers résulte d’inquiétudes concernant l’offre d’or noir, en particulier au Proche-Orient, tandis que la demande de brut reste orientée à la hausse, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie.

Enfin, côté devises, la livre sterling n’en finit plus de reculer depuis le début du mois. Elle a encore perdu plus de 1,5% face au dollar et à l’euro cette semaine. Le Brexit est toujours aussi f(l)ou…

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