La valeur d'un investissement à Wall Street a doublé en 10 ans

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Les records en série établis par la Bourse de New York depuis plusieurs moisjustifient-ils le fait que l’on songe à vendre les actions américaines? 1.000 dollars investis dans les actions de l’indice S & P 500 en octobre 2007, quand l’indice avait établi son dernier record d’avant la crise financière de 2008, sont devenus 10 ans plus tard 2.000 dollars!

Les valorisations élevées atteintes par la Bourse de New York poussent de plus en plus d’investisseurs à se demander si le moment ne serait pas venu de vendre ses actions américaines. La question se pose avec d’autant plus d’acuïté que Wall Street, en ayant entamé son centième mois d’un cycle haussier qui a démarré en mars 2009, vole aujourd’hui de record en record.

La réponse peut être affirmative si l’on s’estime appartenir à la classe des investisseurs de court terme. Par contre, si la perspective d’investissement est plus étendue dans le temps, il n’y a pas vraiment lieu de se faire beaucoup de tracas. C’est la conclusion à laquelle aboutit Lu Wang, une éditorialiste auprès de l’agence d’informations financières Bloomberg. Lu Wang a ainsi observé que ceux qui ont investi dans des actions américaines au moment où l’indice S&P 500 établissait le 9 octobre 2007 son ultime record historique juste avant la crise financière de 2008 ont, dix ans plus tard, doublé la valeur de leur investissement. Et cela, malgré la chute de 56% des cours intervenue en quelques mois, entre la mi-2008 et mars 2009.

En Europe, entre 2007 et aujourd’hui, les performances ont été beaucoup moins importantes.

En 10 ans, l’indice S&P 500 Total Return, celui qui tient compte de l’évolution des cours des actions et des dividendes versés par les entreprises, est passé de 2.447,03 points à 4.950,77 points. L’indice S&P 500 qui ne prend pas en compte les dividendes distribués, est monté sur cette période de 1.565,15 points à 2.549,2 points. Soit de 63%.

Même si, dans le passé, la hausse des marchés américains n’est pas nécessairement aussi spectaculaire que celle que l’on connaît depuis quelques années, l’éditorialiste constate que le marché connaît toujours, après une forte chute, un redressement qui le conduit à des niveaux supérieurs au sommet du cycle précédent. Entre son pic historique de septembre 2000 et celui du 9 octobre 2007, l’indice S&P 500 Total Return n’est monté que de 16%.

Pour Lu Wang, qui épingle au passage le fait que les analystes tablent sur une croissance moyenne de 10% au moins des bénéfices des entreprises suivies par le S&P 500 jusqu’en 2019 au moins, les actions ont toujours tendance à remonter après un passage à vide. Elle attribue cela aux efforts fournis par les entreprises américaines pour booster leurs bénéfices.

En Europe, les marchés européens sont loin d’avoir réalisé d’aussi belles performances. Entre le sommet atteint en juin 2007 par le CAC 40 Total Return par exemple, et son niveau (record) actuel, la hausse est à peine de 27,6%.

Le dividende n’est pas le premier soutien

Il est piquant de noter que parmi les valeurs du S&P 500 qui ont le plus progressé en pourcentage au cours de ces 10 années, on retrouve bon nombre de celles de sociétés qui n’ont pas l’habitude de verser des dividendes. Sur les 10 plus fortes hausses, 6 ne rémunèrent pas leurs actionnaires. On retrouve Netflix qui signe la meilleure performance avec une envolée de 5.891%! Suivent Regeneron Pharmaceuticals (+ 2.533%) , Priceline (+ 1.964%). Quelques places plus bas, on trouve encore Incyte (+ 1.318%), Transdigm Group (1.077%) et Amazon (+ 935%). Classée en 4e position avec un gain de 1.420% pour le cours de son action, Broadcomest la première société de ce classement à verser un dividende.

Une société sur cinq du S&P 500 a vu ses actions perdre du terrain entre octobre 2007 et octobre 2017. On trouve d’anciens champions mondiaux en termes de capitalisation boursière comme General Electric (-43%) et Exxon (-11,2%), qui côtoient des noms tels que Morgan Stanley (-28%), Schlumberger (-35%), Garmin (-51%) et Citigroup (-84,2%). Le titre de lanterne rouge revient à AIG (-95%).

Top 10 Gros chambardement

La physionomie du Top 10 mondial des plus grosses sociétés cotées au monde a considérablement changé au cours des 10 dernières années. Alors que Microsoft était la seule du secteur technologique à en faire partie, elles sont à présent 7 à l’avoir intégré. Avec en tête Apple (805 milliards de dollars), suivi d’Alphabet (679 milliards), Microsoft (588 milliards), Amazon (474 milliards), Alibaba (469 milliards) et Tencent (424 milliards). Ces sociétés ont pris la place d’anciens géants tels qu’Exxon (348 milliards actuellement), General Electric (202 milliards), China Mobile (205 milliards), PetroChina(210 milliards) et I.C. Bank (319 milliards). Aujourd’hui, les 10 plus grosses sociétés cotées au monde valent ensemble 5.109 milliards de dollars, contre 3.231 milliards en octobre 2007.

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