Le S&P 500 saute la barre des 3.000 points pour la première fois depuis sa création

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Cette semaine, l’indice Dow Jones progresse de 1,1% à 27.220 points (à vendredi 18h) et le S&P 500 de 0,55% à 3.006,9 points.

Les marchés attendaient Jerome Powell, le président de la banque centrale des Etats-Unis. Il a bien parlé. Il a dit ce que les investisseurs espéraient entendre. À savoir, que la Réserve fédérale (Fed) n’écarte pas la perspective d’une baisse des taux directeurs afin de relancer l’activité. Pour autant, ces propos n’ont guère été suivis d’un net regain d’optimisme sur les Bourses. Certes, les principaux indices boursiers de Wall Street ont établi de nouveaux records d’altitude. Mais leur avance sur la semaine reste en définitive contenue.

Sur la semaine, l’indice Dow Jones progresse de 1,1% à 27.220 points (à vendredi 18h) et le S&P 500 de 0,55% à 3.006,9 points. C’est peu après l’ouverture de la séance de mercredi que le S&P 500 a franchi pour la première depuis sa création le seuil des 3.000 points.

En Europe, les investisseurs n’ont pas montré davantage d’emballement face aux propos du président de la Fed. Au contraire. L’indice Stoxx 600 a fini la semaine sur un bilan négatif de 0,84%, à 386,85 points. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a, de son côté, cédé 1,79% à 3.578,37 points.

Les taux longs remontent

Les sociétés liées à l’indice S&P 500 se traitent en ce moment à 19,7 fois les bénéfices.

Les attentes des investisseurs ont été assouvies. Pourquoi dès lors ont-ils boudé en quelque sorte leur plaisir? C’est que suite à des indicateurs économiques publiés en fin de semaine aux Etats-Unis, les investisseurs doutent que la Fed sera en mesure, finalement, de concrétiser ses intentions. Connus vendredi, les prix de détail hors alimentation et énergie ont en effet connu en juin leur hausse la plus nette depuis près d’un an et demi. De plus, les inscriptions au chômage sont tombées la semaine dernière à un creux de trois mois outre-Atlantique.

Au vu de ces statistiques, les taux à long terme sont repartis à la hausse. Le rendement à 10 ans du bon du Trésor US, qui était tombé à 1,95% il y a une dizaine de jours, est remonté jusqu’à 2,14%.

Même si des statistiques favorables valent mieux pour la Bourse que des promesses de baisse de taux directeurs de la Fed parce que l’économie ralentit, les investisseurs ne se sont pas pour autant empressés de revenir sur les actions. Cela peut se justifier, dans la mesure où, avec une hausse de 17,3%, le S&P 500 vient de connaître son meilleur premier semestre depuis 1997 (+19,6%). Avec cette performance, le P/E (cours sur bénéfice) de cet indice est monté à un niveau élevé de 19,7. En d’autres termes, les sociétés qui composent le S&P 500 se traitent à 19,7 fois les bénéfices accumulés ces 12 derniers mois. Dans ce contexte, il peut apparaître totalement compréhensible que les investisseurs optent pour une certaine prudence.

De plus, avec la publication des résultats de JPMorgan mardi , Wall Street va entrer de plain-pied dans la saison des annonces des bilans trimestriels. Selon les toutes dernières données fournies par Bloomberg, la croissance moyenne des profits des sociétés du S&P 500 devrait être en recul (-2,9%) pour la première fois depuis la mi-2016. Un motif de plus pour les investisseurs de faire preuve de circonspection.

BASF avertit

En Europe, refroidis par les avertissements sur résultats lancés notamment par BASF lundi et Daimler ce vendredi, les investisseurs sont carrément restés sur la défensive durant la majeure partie de la semaine. La publication à la veille de ce week-end d’une croissance de la production industrielle (+ 0,9%) nettement supérieure aux attentes en mai dans la zone euro a toutefois poussé des investisseurs à sortir du bois. Une poignée d’indices boursiers ont alors mis un terme à une série de 5 séances dominées par le rouge.

Comme à Wall Street, cette statistique encourageante a entraîné une remontée des taux longs. Le rendement de l’OLO belge à 10 ans est repassé en territoire positif pour revenir à 0,13%. L’euro a timidement bénéficié de cet indicateur économique. La monnaie européenne est passée de 1,1225 à 1,1250 dollar d’un vendredi à l’autre.

De ce côté-ci de l’Atlantique, les investisseurs vont aussi pouvoir prendre le pouls de la dynamique des résultats des entreprises européennes avec le lancement la semaine prochaine de la saison des publications par SAP et ASML, dans le secteur des technologiques, et Novartis dans celui de la pharmacie. Selon des données fournies par I/B/E/S Refinitiv, les bénéfices (BPA) des entreprises liées au Stoxx 600 devraient croître de 0,8% en moyenne.

Au vu de valorisations tendues (P/E de 18 pour le Stoxx 600) et des signes d’essoufflement du rally, une progression des résultats au 2e trimestre sera déterminante pour la poursuite du rebond des Bourses amorcé en début d’année.

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