Les Bourses se préparent-elles à des prises de bénéfice?

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Le ralentissement de la hausse des Bourses ces derniers jours augure-t-il de prises de bénéfice à venir?

En Europe, l’indice Stoxx 600 qui avait gagné 3,04% il y a huit jours, a éprouvé quelques difficultés à maintenir aussi clairement une tendance haussière. Il a soldé la huitaine qui vient de se terminer sur une modeste progression de 0,62% à 371,23 points. À Wall Street, l’indice Dow Jones ne s’est pas mieux tenu. Loin s’en faut. Après être monté de 1,7% la semaine précédente, il affichait un gain de 0,5% à 26.015 points vendredi vers 19 heures.

Si les prises de bénéfice devaient effectivement dominer les transactions dans les prochaines semaines, il n’y a cependant pas lieu de s’alarmer. Cela, dans la mesure où les valorisations restent à des niveaux tout à fait acceptables. À la clôture de la saison des annonces de résultats de sociétés pour le premier trimestre à la Bourse de New York, les actions du Dow Jones se traitent à 16,5 fois les bénéfices engrangés ces douze derniers mois. Ce ratio est de 18 pour celles du S&P 500 et de 16,6 pour celles du Stoxx 600 paneuropéen. Mieux encore, pour les actions du Bel 20, il descend à 14,4, selon des données compilées par Bloomberg.

En plus de cet élément technique rassurant, on ajoutera qu’à la saison des publications de résultats, succédera bientôt celle des versements des dividendes aux actionnaires…

Les résultats de sociétés, et après?

Pour revenir au risque de dégagements bénéficiaires à venir, plusieurs facteurs permettent de l’envisager. Pour commencer, bien entendu, la hausse de plus de 10% des marchés depuis le début de cette année. Cette performance pourrait rencontrer quelques difficultés à se confirmer dans l’immédiat dans la mesure où un certain nombre d’éléments qui l’ont soutenue jusqu’ici disparaissent les uns après les autres de l’horizon boursier.

On épinglera essentiellement les résultats de sociétés dont la saison des annonces vient de s’achever à Wall Street, et n’est plus très loin de l’être de côté ci de l’Atlantique. La perspective de parvenir à un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine pourrait prendre le relais pour soutenir les marchés. Mais pour certains stratégistes, les cours des actions la prennent déjà suffisamment en compte.

Il restera grosso modo aux investisseurs à se mettre sous la dent les propos, par exemple, que tiendront les principales autorités monétaires dans le monde. Ou les statistiques économiques qui font régulièrement l’objet d’une communication. Sur ces plans, disons-le sans ambages, ce que l’on a appris cette semaine n’a rien pour alimenter la prise de risque auprès des investisseurs.

Face à ses doutes sur la vigueur de l’activité économique aux Etats-Unis, la Fed confirme qu’elle fera preuve de patience avant de relever ses taux d’intérêt. Chez nous, le BCE n’écarterait pas l’idée de concocter un nouveau plan de financement pour les banques (TLTRO), si la croissance économique dans la zone euro devait davantage marquer le pas.

Au rayon des indices, l’Ifo allemand, les PMI flash fraîchement dévoilés n’ont pas non plus de quoi aiguiser l’appétit des investisseurs pour les actions. Pas davantage les indicateurs émis aux Etats-Unis et qui ont concerné entre autres le secteur immobilier, les commandes de biens d’équipement civils (-0,7 hors aéronautique) ou encore le Philly Fed (activité économique de la Fed de Philadephie) qui est passé de 17 en janvier à -4,1 en février.

Face à ces nouvelles, on ne peut écarter un regain de prudence parmi les investisseurs qui les inciterait à prendre quelques prises de bénéfices de précaution.

Le palladium carbure

Sur les autres marchés, l’euro a peu varié d’une semaine à l’autre. La monnaie européenne a achevé la semaine à 1,1355 dollar (+ 0,35%). A Londres, le baril de Brent a progressé de 1,9% à 67,5 dollars.

Au rayon des métaux précieux, l’once d’or, qui était montée jusqu’à 1.346,8 dollars mercredi, est revenue à 1.331,1 (+ 0,4%). Dans ce registre, le palladium a continué à profiter de la désaffection des consommateurs pour les véhicules diesel, qui sont eux plutôt gourmands en platine, après le scandale sur les moteurs truqués. L’once de ce métal a encore gagné 3,6% à 1.485 dollars. Depuis septembre 2016, quand a éclaté au grand jour le scandale, son prix est monté de 118%. Celui de l’once de platine est, lui, tombé de 1.080 dollars à 832,7 dollars sur cette période.

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