Les actions chouchous pour les prochains mois

©Solvay

Pour la 22e année consécutive, les analystes belges nous ont confié leurs estimations pour la seconde partie de l’année. Aperçu des actions préférées de 15 équipes d’experts belges.

Un peu de vertige ne fait pas de tort, pensez-vous sans doute. A quoi nous vous répondrons par une autre vérité boursière: il y a toujours de bonnes affaires à réaliser. Ce sont précisément les "chouchous" des experts pour le reste de l’année 2017.

1. Solvay[[urn:issue:60011725]]

Le groupe chimique fait un come-back sur la première marche du podium. Il y a tout juste un an, Solvay était déjà numéro un, mais il y a six mois, plus de la moitié des analystes avaient relégué l’action au cinquième rang du classement.

Malgré tout, les "stock pickers" ne s’étaient pas trompés: ces douze derniers mois, le cours de Solvay a augmenté plus de trois fois plus vite que le Bel 20. Au sein de l’indice phare de la Bourse de Bruxelles, seules les actions Galapagos et ING ont fait mieux.

Et ce n’est pas terminé, estiment les analystes belges. Cette fois, Solvay se retrouve à cinq reprises sur la liste des actions préférées, même si elle n’apparaît pas une seule fois en tête. Société Générale Private Banking reprend également l’action dans sa liste, mais il convient de mentionner que la banque a volontairement classé ses actions préférées par ordre alphabétique. C’est pourquoi nous avons donné, à ces actions, la même pondération lors de l’élaboration de notre Top 10.

L’an dernier, la revue boursière "L’Investisseur" croyait déjà en Solvay, et n’a pas changé d’avis. Son rédacteur en chef Gert Bakelants met en avant le "focus sur les produits à haute valeur ajoutée, comme les secteurs impliqués dans la mobilité propre ou l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau".

Les analystes comptent sur les pôles de croissance du groupe, qui se composent de quatre grands départements. "Nous nous attendons à un véritable bond (des ventes de matériaux composites) dans l’industrie aéronautique, précise l’équipe d’ING. Idem pour le secteur des smartphones et des autres appareils intelligents."

Tant ING, "L’Investisseur" que Société Générale PB qualifient Solvay de société "parfaitement positionnée sur le long terme", du fait de son envergure. "Grâce à ses nombreux et différents marchés finaux, Solvay est plus résistant que ses concurrents", commente Société Générale PB. La banque qualifie même les prévisions de l’entreprise, pour 2017, de "conservatrices". Une société qui réussit à tempérer les attentes des marchés financiers peut facilement surprendre positivement. Cette année, Solvay ambitionne d’augmenter son bénéfice brut d’exploitation (Ebitda) d’au moins 5%.

Ce qui surprend moins, c’est le taux élevé d’endettement du groupe chimique. Il dure déjà depuis un certain temps, sans pour autant inquiéter les spécialistes. Les dettes pourront être réduites à un rythme acceptable "grâce aux solides flux de trésorerie et à la vente d’activités non stratégiques", explique Luc Van der Elst de Capfi Delen AM. La vente d’Acetow, pour 1 milliard d’euros au début du mois, devrait permettre à Solvay de réduire sa dette nette de 0,7 milliard d’euros.

©Mediafin

2. AB InBev[[urn:issue:60128205]]

Le grand vainqueur d’il y a six mois recule d’une place. Ce n’est certainement pas la faute de Van Lanschot Bankiers, qui participe, pour la première fois, à notre enquête. Marc Leyder, directeur des conseils en investissement, semble particulièrement apprécier le plus grand groupe brassicole au monde. "Vu le niveau élevé de ses flux de trésorerie nets, AB InBev devrait sans problème réduire son endettement – contracté pour financer la reprise de SABMiller – sans toucher au dividende, estime Marc Leyder. Nous pensons que cette acquisition s’est faite au bon moment. Le recul des ventes sur des marchés clés comme les Etats-Unis et le Brésil a fait douter les investisseurs de la pérennité de cette croissance phénoménale."

Société Générale PB souligne, de son côté, que la réduction des dettes sera prioritaire par rapport au dividende, mais que l’objectif reste, malgré tout, d’augmenter progressivement ce dernier. "Malgré la capitalisation boursière de 175 milliards d’euros, 44% des actions sont aux mains des actionnaires familiaux", poursuit la banque. Ils n’apprécieraient guère de voir leurs revenus diminuer. "AB InBev affiche un palmarès impressionnant en matière d’acquisitions, avec une intégration et un traitement financier quasi parfaits. Grâce à une focalisation permanente sur la réduction des coûts, la rentabilité du groupe dépasse de loin celle des autres brasseurs. Avec la reprise de SABMiller, le groupe peut à nouveau compter sur des synergies de coûts et de ventes."

175 mds €
La capitalisation boursière d’AB InBev, deuxième action préférée des analystes.

Leo Stevens applaudit, lui aussi, la reprise de SABMiller: "Cette acquisition permet à AB InBev de prendre pied sur de nouveaux marchés émergents en Asie et en Afrique. Lors de la prochaine reprise du marché brésilien, le groupe profitera de ses solides positions. Les fondamentaux et les perspectives de croissance restent intacts."

3. Ageas[[urn:issue:60011766]]

L’assureur est un habitué de notre liste: il faut remonter plusieurs années en arrière pour voir Ageas sortir de notre Top 10. Il y a six mois, la coqueluche des analystes s’était déjà adjugé la deuxième place du classement.

Leleux Associated Brokers a préféré attendre le jugement de vendredi dernier, dans l’affaire Fortis. Un tribunal d’Amsterdam a déclaré que la transaction de 1,2 milliard d’euros, conclue avec les actionnaires lésés, était "non liante".

"Une déception de taille, ont réagi les analystes de Leleux après la décision du tribunal. Mais elle n’impacte pas la capacité du groupe à se développer, à être rentable, et à créer de la valeur pour les actionnaires." L’équipe du gestionnaire de patrimoine Leo Stevens qualifie cette décision de "problème soluble".

A la fin du premier trimestre, Ageas disposait de 1,8 milliard d’euros de cash. Cette force de frappe financière s’ajoute aux montants provisionnés pour le dossier Fortis. "A partir de 2018, BNP Paribas Fortis pourra décider de vendre, à Ageas, sa participation de 25% dans AG Insurance. Ageas ne verrait sans doute pas d’un mauvais œil la possibilité de récupérer le contrôle total sur sa très rentable filiale (belge)", souligne Leleux AB, voyant là une destination possible pour le trésor de guerre d’Ageas.

©Mediafin

Le groupe pourrait également envisager de réaliser d’autres "acquisitions relutives", indique Capfi Delen AM. Par exemple, sur le deuxième marché domestique d’Ageas, l’Asie, où la croissance et la rentabilité sont supérieures à l’Europe (et ses taux bas). "Nous pensons que le modèle de croissance et de rentabilité d’Ageas dans l’assurance-vie basé sur son pôle asiatique est durable", estiment les spécialistes de Leo Stevens.

Ces derniers soulignent encore le ratio actuel cours/bénéfice de (seulement) 11,2, sur base des résultats attendus pour 2017. Cadelam estime, lui aussi, que la valorisation de l’action est relativement basse, avec une décote de plus de 25% par rapport à la valeur comptable de l’entreprise. Le beau dividende permet aux actionnaires de bénéficier d’un rendement annuel brut de 5%.

4. Econocom[[urn:issue:60115779]]

Le spécialiste en services informatiques Econocom est une autre action de croissance. L’action rejoint, pour la première fois, notre Top 10. Elle a déjà un beau parcours à son actif. Totalement justifié, selon plusieurs experts.

"Econocom profite pleinement de la tendance à l’externalisation des services IT (entreprises qui font appel à des consultants pour des missions spécifiques), explique l’équipe d’analystes de la Banque Degroof Petercam. D’autres tendances, comme la complexité croissante des systèmes et l’émergence de nouveaux modèles comme le ‘Cloud’ et ‘Software on Demand’ (leasing d’IT) viennent encore renforcer la lame de fond. Conséquence: une croissance organique intéressante, assortie de nombreuses possibilités d’amélioration de la marge (bénéficiaire)."

"Le dernier plan stratégique avait pour objectif d’augmenter le chiffre d’affaires, souligne Richelieu Investment Funds, la division de Puilaetco Dewaay qui gère tous les fonds de la banque privée. Ce fut un succès. En septembre, Econocom dévoilera son nouveau plan, dont l’objectif est, cette fois, d’augmenter la rentabilité."

L’action se retrouve également sur la liste de KBC Securities. "D’une part, les activités de leasing d’IT (qui représentent la moitié du chiffre d’affaires) rendent Econocom très défensif, estime KBC, car les entreprises de leasing d’IT peuvent généralement compter sur une clientèle fidèle. Dans le secteur du leasing, nous considérons la majorité des bénéfices comme récurrents. D’autre part, Econocom est aussi un groupe en croissance, car il profite de la hausse des investissements de ses clients dans le numérique."

5. GBL[[urn:issue:60115780]]

Le holding autour de la famille belge Frère et de la famille canadienne Desmarais est en pleine transition, ce qui n’a pas échappé aux spécialistes. De plus, une des dernières venues dans le portefeuille de la société d’investissement – Ontex – fait également son entrée dans notre Top 10.

GBL se situe en deuxième place – son meilleur classement – sur la liste de BNP Paribas Fortis Private Banking. Les analystes s’intéressent à GBL à cause d’une nouvelle hausse de la décote de holding, soit la différence entre la valeur des actions GBL et celle de son portefeuille d’investissement.

Le holding GBL est apprécié pour sa "grande transparence, l’excellente diversification de son portefeuille et les transactions récentes". Au début de cette année, GBL a dépensé 208 millions d’euros pour acquérir une participation de 15% dans l’exploitant espagnol de parcs d’attractions, Parques Reunidos, qui gère notamment Bobbejaanland.

Ce qui n’a pas changé: le bilan solide et le rendement élevé du dividende (3,5% brut), le premier étant une garantie pour le second. Les revenus de dividendes de GBL ont récemment connu un léger recul suite à la vente de ses positions dans le secteur énergétique, notamment Engie et Total. Les actionnaires de GBL n’ont pas senti la différence. Cette année encore, le management souhaite, au minimum, conserver le même niveau de dividende.

6. Ahold Delhaize[[urn:issue:11755]]

L’été dernier, Delhaize a été officiellement absorbé par le groupe néerlandais Ahold. La cotation du nouveau groupe se fait désormais en Bourse d’Amsterdam. Malgré tout, certains professionnels de l’investissement continuent à considérer l’entreprise comme suffisamment belge, et deux d’entre eux ont spontanément repris l’action Ahold-Delhaize parmi leurs actions belges préférées. Par ailleurs, Van Lanschot reprend également l’action sur la liste d’actions préférées étrangères. Comme demandé, l’action a été transférée sur la liste belge.

La récente correction du titre a été qualifiée, à trois reprises, comme "exagérément négative". Lorsque le géant du commerce en ligne, Amazon, a annoncé, au cours d’un vendredi après-midi ordinaire, qu’il reprenait la chaîne de distribution Whole Foods, toutes les actions des chaînes de supermarchés ont reculé. En quelques minutes à peine, Ahold Delhaize a perdu 10% de sa valeur.

"L’impact potentiel est difficile à évaluer. Nous pensons que, pour Ahold Delhaize, il sera limité à court et à moyen terme", se défend KBC Securities, qui a placé le groupe au premier rang de ses actions préférées.

Pour Test-Achats Invest également, les marchés se laissent aveugler par Amazon. "Ahold Delhaize est suffisamment armé pour résister à la concurrence. De plus, les synergies devraient rapidement se matérialiser. Nous parions donc sur la reprise du cours."

7. Ontex[[urn:issue:60013848]]

Le fabricant de couches fait son entrée dans le nec plus ultra boursier. Lors de nos deux dernières enquêtes, Ontex n’avait pas été cité une seule fois. Cette fois, l’entreprise apparaît à trois reprises parmi les favoris.

Dans un secteur fragmenté, Ontex se profile davantage comme un repreneur que comme une proie, soulignent les spécialistes de Richelieu Investment. L’entreprise a réduit sa dépendance envers ses revenus, en tant que fournisseur de produits blancs, et a réalisé des acquisitions au Mexique et au Brésil. "Les résultats de l’entreprise sont désormais plus stables, grâce à une meilleure diversification", indiquent encore les experts.

Ontex a clairement le vent en poupe, et ce sur deux fronts. C’est ce qui explique que la société occupe la première place du podium d’ING. "Les pays occidentaux font face au vieillissement de leur population, tandis que le taux de natalité continue à augmenter dans les pays émergents", expliquent les analystes. C’est positif, tant pour la demande de produits pour bébés (53% du chiffre d’affaires) que pour les couches pour personnes âgées (34%).

Bpost obtient le même score que KBC, mais a dû s’effacer suite à la nomination du holding de tête (KBC Ancora). En réalité, l’action ne doit pas sa première place sur la liste de CapfiDelen AM à sa performance, mais à son principal actionnaire. "Tout le monde a été surpris lorsque le régulateur – l’IBPT – a rejeté l’augmentation annuelle du prix des timbres. Nous pensons qu’un ‘compromis à la Belge’ sera trouvé, afin que l’Etat belge ne soit pas victime d’une baisse éventuelle du dividende." Cinq autres actions ont également été citées à deux reprises. Il s’agit de Melexis, Biocartis, Galapagos, Umicore et IBA.

8. Ablynx[[urn:issue:60202281]]

L’action du fleuron gantois de la biotech a connu une année 2016 décevante. "Nous estimons que l’action a été trop pénalisée, explique Danny Reweghs de L’Initié de la Bourse. La capitalisation boursière actuelle représente à peine plus que la valeur actuelle de son médicament destiné à l’hématologie, le caplacizumab au moins 6 euros par action et sa trésorerie de près de 4 euros par action fin décembre." Si l’on tient compte du vaste pipeline de nouveaux produits, à des phases de recherche différentes, l’action est clairement sous-évaluée, estime Danny Reweghs.

"Le vaste pipeline de produits pourrait déclencher plusieurs hausses de cours au second semestre", renchérit "L’Investisseur". Même si, dans les entreprises de biotech, il arrive que les choses tournent mal. Conclusion: il vaut mieux limiter votre position.

9. EVS[[urn:issue:60115781]]

L’entreprise technologique liégeoise est la seule action sélectionnée par la Banque Nagelmackers à atteindre le Top 10. Son analyste en chef Rik Dhoest rappelle que sa stratégie se concentre sur les small caps, à savoir les entreprises dont la capitalisation boursière est relativement limitée. "EVS vient de traverser une période difficile, mais l’avenir s’annonce plus brillant. Un point positif: le groupe n’a cédé aucune part de marché, ajoute Rik Dhoest. Les pôles de croissance dans le segment de la retransmission d’images sont précisément les technologiques, dans lesquelles EVS a beaucoup investi. L’entreprise compte actuellement sur la reprise de l’économie pour vendre ses nouveaux produits."

10. KBC[[urn:issue:60114924]]

Le bancassureur est cité par deux équipes d’analystes et virtuellement une troisième fois, via le mono-holding KBC Ancora. Sandra Vandersmissen de BNP Paribas Fortis réaffirme qu’elle estime injustifié le niveau élevé de la décote dont souffre le holding. Les analystes applaudissent la reprise d’UBB et d’Interlease en Bulgarie. "Avec son nouveau marché phare, l’Irlande, ces acquisitions devraient permettre au groupe d’augmenter ses bénéfices et d’améliorer sa diversification", estime l’équipe de Sociéét Générale PB. Pour ING, le cours peut encore augmenter suite à la "baisse générale des risques dans le secteur bancaire."

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