Les annonces attendues de la Fed mercredi soir

La Fed devrait publier ses décisions sur l'orientation de sa politique monétaire mercredi à 20h. ©REUTERS

La probabilité selon laquelle le taux d’intérêt directeur devrait être augmenté ce mercredi aux USA, est élevée. Il s’agira alors de la septième hausse depuis décembre 2015.

Les membres du Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine concluront ce mercredi après-midi une réunion qu’ils ont commencé la veille. Une rencontre au cours de laquelle ils se sont penchés sur l’orientation de leur politique des taux. Quelles mesures la Fed pourrait-elle annoncer?

L’inflation a subi un coup d’accélérateur aux Etats-Unis en mai susceptible d’inciter la Fed à agir une nouvelle fois.

Parmi celles-ci, il y a celle que le marché anticipe depuis belle lurette déjà. À savoir: le taux directeur sera relevé pour la 7e fois depuis décembre 2015, pour s’inscrire dans la fourchette de 1,75%-2%, contre 1,50%-1,75% jusqu’ici.

Il faut remonter au moins d’octobre 2008 pour retrouver un niveau aussi élevé. Dans la foulée, le taux de base préférentiel, le "prime rate", qui sert de base aux intérêts sur les cartes de crédit ou les hypothèques, grimpera à plus de 5%.

Accélération de l’inflation

La publication lundi des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis ne laisse guère de place au doute sur les intentions de la Fed, même si la progression des salaires n’est pas aussi sensible qu’on aurait pu le craindre. On a en effet appris que l’inflation s’est accélérée en mai pour atteindre le rythme le plus rapide en plus de 6 ans. De 0,2% sur avril et de 2,8% par rapport à mai 2017.

Si l’on excepte les prix de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation a progressé de 0,2% sur le mois précédent et de 2,2% sur un an. Cela dit, le taux d’inflation que suit en priorité la Fed, et qui est calculé par le Département du Commerce basé sur l’inflation plutôt que celui du Département du Travail qui inclut tous les biens et services, est légèrement inférieur. Il a atteint 2%. Ce niveau correspond à l’objectif d’inflation de la Fed. Celui-ci est, rappelons-le, de 2%.

Graduellement, comme l’a promis la Fed, la politique monétaire américaine commence donc à quitter son biais "accommodant", pour s’approcher de la "neutralité", c’est-à-dire proche de l’inflation, sans vouloir doper ni restreindre l’activité économique. Un changement de vocabulaire qui pourrait s’immiscer dans le communiqué du Comité monétaire qui sera publié mercredi à 20h (heure belge). Après, Jerome Powell, le président de la Fed, donnera une conférence de presse.

Les autres attentes

La Fed gardera fort probablement ouverte la possibilité d’autres hausses de son taux directeur dont la prochaine interviendrait au plus tôt en septembre et pas nécessairement qu’en décembre comme le marché se l’est mis en tête. Depuis plusieurs mois, la Fed prévoyait 3 hausses de taux en 2018. Elle devrait conserver cette idée de base. La hausse du taux de ce mercredi, si elle se concrétise, sera la 2e que la Fed initie depuis janvier.

Seront aussi communiquées, outre sa volonté de poursuivre la réduction du bilan de la banque, les prévisions économiques de la banque centrale, ainsi que celles sur l’inflation et le chômage. Ces estimations nous diront peut-être si les responsables de la politique monétaire de la Fed envisageraient "secrètement" une quatrième hausse du taux directeur cette année.

Les gestionnaires de fonds mondiaux sondés par Bank of America-Merrill Lynch au début de ce mois, disaient tabler sur des taux courts plus élevés dans les 12 prochains mois. Ce qui contraindrait la Fed à marquer une pause dans la hausse de ses taux, disaient-ils, c’est une inflation plus basse et une remontée du nombre de chômeurs. Pour l’heure, on est loin de ces cas de figure.

Sur les marchés

Sur les marchés financiers, les rendements des bons du Trésor US se sont légèrement raffermis mardi. Celui à 2 ans a pris 0,013 point de pourcentage à 2,53%. De même que celui du bon à 10 ans, à 2,96%.

Côté changes, le dollar était également en légère hausse. L'euro cédait 0,1%en début de soirée à 1,771 dollar.  

 

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