Les gestionnaires de fonds misent sur les Etats-Unis

Le fronton de la Bourse de New York. ©AFP

Les actions américaines sont le placement préféré du mois chez les gestionnaires d'actifs, montre le baromètre de Bank of America Merrill Lynch, ce qui n'était plus arrivé depuis cinq ans. Le secteur technologique reste le favori.

Les gestionnaires de fonds placent les actions américaines au sommet de leur allocation d'actifs, ce qui constitue une première en cinq ans. C'est l'un des constats que dresse Bank of America Merrill Lynch sur base de son sondage mensuel des gestionnaires de fonds, dont les résultats viennent d'être dévoilés ce mardi.

Si on retranche les gestionnaires sous-pondérés en actions US de ceux qui sur-pondèrent les valeurs américaines, il reste un taux net de 19% de gérants surexposés à la Bourse de New York, ce qui représente une progression de 10 points de pourcentage par rapport à juillet. Le marché américain devient ainsi la région mondiale la plus prisée pour la première fois depuis cinq ans.

Interrogés sur la région du monde susceptible de générer les meilleurs bénéfices de sociétés cotées, 67% (net) des gestionnaires répondent que les Etats-Unis sont le marché le plus favorable, "un record en 17 ans", note BofA Merrill Lynch.

Technologiques toujours en tête

Cet engouement pour les titres cotés aux USA se marque aussi dans la rotation des portefeuilles d'actifs ce mois-ci. "Les participants à l'enquête achètent des valeurs bancaires et sont de plus en plus nombreux à percevoir les actions américaines et les liquidités comme des valeurs refuges", constate BofA.

La proportion de cash (liquidités) a augmenté à 5%, contre 4,7% en juillet, soit davantage que la moyenne de 4,5% des dix dernières années.

Quels sont les secteurs les plus prisés? L'allocation aux valeurs technologiques a diminué d'un point de pourcentage par rapport à juillet mais reste surpondérée à un taux net de 32%, selon le baromètre, "ce qui en fait à nouveau le secteur le plus plébiscité".

Obligations délaissées

Le secteur de la santé, qui occupait le deuxième rang en juillet, glisse en troisième position en reculant de 5 points de pourcentage à 19% net de surpondération.

Comment les gestionnaires d'actifs voient-ils le futur? "Les personnes sondées suggèrent qu'ils croient que le cycle de resserrement monétaire de la Fed (la Réserve fédérale, ndlr, la banque centrale des Etats-Unis) va continuer", indique Bank of America Merrill Lynch, étant donné qu'un taux net de 54% d'entre eux sous-pondèrent les obligations. Autrement dit, ils s'attendent à une progression des taux d'intérêt, synonyme de baisse de valeur des titres à revenu fixe.

Le plus grand risque pour les marchés reste la guerre commerciale, selon 57% des gestionnaires de fonds, comme lors des deux dernières éditions du baromètre. Le resserrement monétaire (15%) et un ralentissement de la Chine (14%) sont les deux autres plus grands risques cités.

Découplage: la question qui divise

Un gérant sur trois pense que le découplage de l'économie (désynchronisation du rythme de croissance des différentes régions du monde, comme actuellement avec l'accélération des USA et les autres restant à la traîne) va continuer, tandis que quasiment autant (32%) prévoient une décélération de l'économie des Etats-Unis et 28% pensent que l'Asie et l'Europe vont voir leur croissance accélérer dans la foulée de la première économie mondiale.

Alors que les investisseurs nous disent qu'ils s'exposent aux valeurs américaines, à la Fed (à une hausse des taux, ndlr) et au cash, notre vision demeure: misez sur les bénéfices, la politique monétaire et les rendements.
Michael Hartnett
Chief investment strategist de Bank of America Merrill Lynch

Dans cette perspective supposée, l'allocation en actions de la zone euro a progressé de 5 points à un taux net de 17% de surpondération, "ce qui met un terme à six mois de baisse de l'allocation", note BofA Merrill Lynch.

Le Brexit semble inquiéter de plus en plus les gestionnaires d'actifs puisque "l'allocation en actions britanniques subit sa plus grosse chute mensuelle depuis mai 2016, en reculant de 10 points à un taux net de 28% de sous-pondération", souligne la banque d'affaires qui observe que "les craintes d'un Brexit sans accord augmentent".

Parmi les autres actifs les plus sous-pondérés par les gérants de portefeuilles, on trouve les actions du secteur des matières premières et celles de secteurs défensifs tels que les matériaux et l'énergie.

"Alors que les investisseurs nous disent qu'ils s'exposent aux valeurs américaines, à la Fed (à une hausse des taux, ndlr) et au cash, notre vision demeure: misez sur les bénéfices, la politique monétaire et les rendements", conclut Michael Hartnett, chief investment strategist de Bank of America Merrill Lynch.

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