Les premiers effets des tensions commerciales se font sentir

Le repli des valeurs automobiles et d’autres secteurs cycliques a impacté les indices européens. Le Dax allemand a reculé de 3,31% et le Cac 40 de 2,08%. Mais les analystes restent confiants. ©AFP

La guerre commerciale ne menace plus uniquement la Chine et les Etats-Unis: les taxes douanières américaines frappent également l'Europe depuis ce vendredi. Si les marchés ont pâti de ce regain de tensions, notamment dans le secteur automobile, l'optimisme reste de mise.

Les marchés financiers ont encore une fois évolué sous le signe des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. L’Europe est entrée dans la danse avec l’application de taxes douanières sur certains produits américains depuis ce vendredi. Et les investisseurs craignent que la situation ne s’envenime encore. "Le risque d’une guerre commerciale globale n’est plus impensable", a averti François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Il estime que les incertitudes liées à la politique commerciale des Etats-Unis et, en Europe, au Brexit, annulaient une bonne partie des gains de l’intégration globale des économies.

"Le risque d’une guerre commerciale globale n’est plus impensable."
François Villeroy de Galhau
Gouverneur de la Banque de France

Les premiers effets négatifs apparaissent déjà, notamment en Allemagne. Le constructeur automobile Daimler  , propriétaire de la marque Mercedes-Benz, a annoncé que ses revenus annuels devraient être plus faibles que prévu en 2018. Le groupe s’attend à des ventes en baisse et des coûts plus élevés du fait des taxes sur les voitures exportées des États-Unis vers la Chine. Et d’autres sociétés pourraient suivre. "Nous ne pensons pas que Daimler sera le seul constructeur à abaisser ses prévisions, d’autres sont également, à des degrés divers, exposés aux tendances évoquées par Daimler", ont prévenu les analystes de Morgan Stanley. Le président américain Donald Trump a d’ailleurs menacé d’imposer une taxe de 20% sur les véhicules européens vendus aux États-Unis. De nouvelles incertitudes s’installent et c’est tout le secteur automobile qui trinque. Le compartiment signe la plus mauvaise performance hebdomadaire parmi les sous-indices du Stoxx Europe 600, avec une perte de 6,54%.

Pas de panique

Le repli des valeurs automobiles et d’autres secteurs cycliques a impacté les indices européens. Le Dax allemand a reculé de 3,31% et le Cac 40 de 2,08%, tandis que le Footsie britannique a pris 0,63%. Le Stoxx Europe 600 a de son côté perdu 1,06%, soit sa plus forte baisse depuis le mois de mars. Le moral en prend un coup également. La confiance du consommateur s’est dégradée plus fortement que prévu ce mois-ci dans la zone euro. L’indice PMI manufacturier a de son côté ralenti, tombant à son plus bas depuis 19 mois. "Le secteur manufacturier est particulièrement exposé à un nouveau ralentissement dans les mois à venir, les entreprises évoquant les inquiétudes commerciales et l’incertitude politique comme étant leurs plus grandes préoccupations", a souligné Chris Williams, économiste chez IHS Markit.

Pour autant, le tableau n’est pas complètement noir. L’optimisme s’est renforcé au sein des entreprises de services et l’indice composite des prix à la production a atteint un pic de quatre mois. Ce qui fait dire à certains que tout ceci n’est que temporaire. On voit d’ailleurs sur les marchés financiers que même s’il y a une certaine aversion au risque, la panique ne s’installe pas. Les valeurs refuges comme l’or ou le yen restent stables, voire baissent légèrement.

Un secteur qui a par contre tiré son épingle du jeu cette semaine, c’est celui de l’énergie (+ 0,96%). Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), réunis ce vendredi à Vienne, ont conclu un accord prévoyant un relèvement de la production d’environ un million de barils par jour (bpj) à partir de juillet pour le cartel et ses alliés. "Je pense que cela va contribuer de façon significative à répondre à la demande supplémentaire que nous prévoyons au second semestre", a déclaré le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh.

C’est toutefois moins qu’attendu, puisque la Russie avait évoqué auparavant une augmentation de 1,5 million. De plus, la hausse pourrait être plus limitée en raison des difficultés de production rencontrées par plusieurs pays comme en Iran ou au Venezuela. C’est pourquoi les cours du brut ont réagi positivement à l’annonce. Le Brent de la mer du Nord a finalement gagné 1,92% cette semaine, et le WTI texan 4,80%.

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