Les robots plus performants que les gestionnaires?

©REUTERS

La gestion automatisée a tiré son épingle du jeu en 2016. Mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions définitives.

L’année 2016 permet de tirer un bilan sur la gestion de portefeuille automatisée. Chez Easyvest, le portefeuille composé de 75% d’actions (détenues à travers des ETF) et de 25% d’obligations (à travers des ETF) a rapporté 8,6% hors frais et taxes. Leur portefeuille composé à moitié en actions et à moitié en obligations a rapporté 6,7%, et celui comportant 25% en actions et 75% en obligations 4,9%. Corentin Scavée, directeur financier d’Easyvest, précise que les performances de ces portefeuilles sont indicatives, car "nous ne disposons pas de portefeuille gérant exactement 75% d’actions et 25% en obligations".

Sur le site d’Easyvest, on trouve un tableau comparatif des performances de portefeuilles presque similaires des autres gestionnaires de fonds. Des gestionnaires, préférant rester anonymes, ont indiqué que "les fonds du tableau ne sont pas comparables car il s’agit d’un melting pot de fonds indiciels, de fonds quantitatifs, de fonds de fonds, de fonds soumis aux règles des fonds de pension et de fonds flexibles…". Et ont ajouté qu’"une comparaison de performances sur un an ne fait pas de sens car nous gérons des fonds avec une vision long terme". Seule KBC a admis que les performances reprises dans ce tableau sont correctes. Le fonds de fonds Master Fund Low, qui détenait à la fin décembre 28% de ses actifs en actions, 58,25% en obligations, 3% en immobilier, 3% en investissements alternatifs, et 7,25% en cash, a offert un rendement de 1,9% en 2016. Le Master Fund Medium, réparti à 53% en actions, 33,25% en obligations, 3,50% en immobilier, 3% en investissements alternatifs, et 7,25% en cash, a rapporté 2,9%. Le Master Fund High, dont 73% des avoirs sont en actions, a offert un rendement de 3,3%. Des rendements inférieurs à ceux des portefeuilles d’Easyvest.

3,47%
En moyenne, tous les fonds de fonds et solutions de gestion automatisée ont offert un rendement positif en 2016, supérieur à celui qu’offre un carnet d’épargne.

Les Master Funds de KBC sont gérés activement. "Sur base mensuelle et en fonction de la stratégie de KBC Asset Management, il y a des adaptations de l’allocation. De toute façon, il existe une flexibilité pour faire des adaptations selon certains développements dans les conditions de marché", précise une porte-parole de KBC. Les portefeuilles d’Easyvest sont "adaptés lorsque des gros mouvements de volatilité s’observent sur les marchés", précise Corentin Scavée. "Les portefeuilles sont revus annuellement et leurs pondérations sont rééquilibrées mensuellement", ajoute-t-il. La différence entre Easyvest et une société comme KBC repose sur l’usage d’un algorithme pour calculer la combinaison de fonds (ETF dans le cas d’Easyvest) qui vont se retrouver dans les différents portefeuilles. Easyvest est une fintech, une start-up qui utilise les moyens technologiques pour fournir des services financiers. La société a commencé à proposer ses portefeuilles de placement, cinq au total, à partir du 1er janvier 2016.

Gestion passive

Easyvest n’est pas la seule société à proposer des portefeuilles de placement à la gestion automatisée. Keytrade, avec ses solutions Keyprivate et Keyplan, Van Lanschot, avec ses portefeuilles Evi, Treetop Asset Management, et MeDirect se sont tous lancés dans le même concept. Chez Keytrade, les solutions Keyprivate ont rapporté 4,76% pour le profil défensif, 6,52% pour le profil équilibré, et 7,09% pour le profil dynamique, hors taxes et frais, en 2016. Chez MeDirect, un portefeuille modéré a rapporté 3,52% en 2016, un portefeuille équilibré 5,18% et un portefeuille dynamique 5,12%. MeDirect est le premier acteur à avoir proposé une solution de gestion de portefeuille automatisée en Belgique, depuis 2013.

Chez Treetop Asset Management, Thierry Beauvois précise que les portefeuilles sont personnalisés à la demande du client. Mais il admet qu’en 2016, "la gestion active n’a pas été extraordinaire". "Elle n’a pas réussi à capter la hausse des marchés", précise-t-il. Alors que la gestion passive a nettement mieux marché.

Chez MeDirect, comme chez Easyvest, les clients se tournent de plus en plus vers les portefeuilles de gestion automatisée. "Vu les faibles taux d’intérêt pour l’épargne, fortement influencés par la politique de taux de la BCE, de plus en plus de Belges se rendent compte que l’épargne seule ne suffit plus et qu’il est important d’investir une partie de cette épargne à long terme. Ce qui explique la forte hausse de nombre de clients (+128%) en gestion de patrimoine ainsi que le patrimoine géré (+122%)", nous indique-t-on chez MeDirect. "On a constaté depuis le début de l’année une accélération des encours sous gestion. Beaucoup de nos clients ont doublé leurs avoirs sous gestion, d’autres personnes ont fait des simulations sur notre site", souligne Corentin Scavée.

En effet, 2, 3, 4, 5,… % de performance avec un portefeuille diversifié, cela peut paraître une alternative intéressante face au compte d’épargne. Mais prudence.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect