Les taux longs grimpent: que se passe-t-il?

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Le taux belge à dix ans est passé en l’espace de deux jours de 0,50% à 0,66%.

Les taux longs obligataires sont remontés fortement sur les deux premières séances de l’année.

Le taux belge à dix ans est passé de 0,50 à 0,66% en l’espace de deux jours seulement.

La tendance est générale pour les emprunts d’État de la zone euro. Cette remontée survient après la détente des taux longs durant les deux dernières semaines de décembre. Mais il faut rappeler qu’en 2016, les taux obligataires à dix ans sont remontés spectaculairement durant le quatrième trimestre, alors qu’au mois d’août, le taux allemand à dix ans évoluait encore en négatif, à -0,14% pour son plus bas.

"Tout dépendra de l’évolution de l’économie américaine."
Alexandre De Groote
degroof Petercam

Les chiffres de l’inflation allemande publiés mardi ont provoqué cette remontée des taux longs. L’inflation annuelle a augmenté plus vite que prévu en décembre en Allemagne pour atteindre son plus haut niveau en trois ans, à 1,7% en rythme annuel contre 1,3% attendu. Le lendemain, les chiffres de l’inflation dans la zone euro, ressortis plus élevés qu’attendus, ont aussi contribué à la remontée des taux longs. Entraînée par une énergie plus chère, l’inflation dans la zone euro a de nouveau fortement accéléré en décembre, à 1,1%, son plus haut niveau depuis plus de trois ans.

"Même si l’inflation augmente, il ne faut pas s’attendre à ce que la BCE s’attarde dessus et mette un terme à son programme d’achat d’actifs", a prévenu Phil McHugh de Currencies Direct. Pour rappel, des rumeurs de "tapering" (arrêt du programme de rachats d’actifs) de la BCE avaient agité le marché obligataire au quatrième trimestre de 2016.

Influence américaine

La politique monétaire de moins en moins accommodante de la Réserve Fédérale américaine a également joué sur le marché obligataire européen. La banque centrale américaine a relevé à 0,50% son taux d’intérêt en décembre. Elle a prévenu qu’elle pourrait rehausser ses taux d’intérêt encore trois fois cette année.

"En 2016, la Fed avait déclaré qu’elle relèverait ses taux d’intérêt quatre fois sur l’année, mais finalement, elle ne l’a fait qu’une seule fois", tempère Alexandre De Groote, Head of Fixed Income sales chez Degroof Petercam.

D’après lui, l’évolution des taux longs européens dépendra des Etats-Unis. "Tout dépendra de l’évolution de l’économie américaine. Avec le plan de relance promis par Donald Trump, on peut s’attendre à une phase de croissance. Le taux américain à dix ans pourrait passer de 2,45% à 3% d’ici la fin de l’année", souligne-t-il.

"La corrélation avec les taux longs européens est importante. Mais en Europe, la Banque centrale européenne maintient une politique monétaire accommodante. Les taux d’intérêt ne vont pas remonter. Le taux de dépôt va rester à -0,40%. Le programme de rachats d’actifs a été prolongé, bien que les montants vont être diminués," pointe Alexandre De Groote.

"Toute la question de l’évolution des taux longs repose sur la situation de l’économie européenne. Si celle-ci se reprend et que l’inflation remonte, on pourrait voir le Bund allemand actuellement à 0,25% monter jusqu’à 0,75% d’ici la fin de l’année", prédit Alexandre De Groote.

Le mouvement sur les taux obligataires européens ne concerne toutefois que les taux à long terme. Les taux à court terme restent en négatif aussi bien en Belgique qu’en Allemagne, sous l’effet de la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne. De ce côté-là, peu d’analystes estiment une remontée prochaine.

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