Les taux obligataires effacent un mois de baisse sans peser sur les Bourse

©Bloomberg

L’atmosphère s’est détendue en Bourse cette semaine. Malgré l'intervention de la BCE, les rendements obligataires sont repartis à la hausse. Les actions ont progressé, en particulier les valeurs cycliques.

On l’avait déjà relevé la semaine précédente. Cela s’est confirmé ces derniers jours. L’atmosphère a continué de se détendre sur l’ensemble des marchés financiers mondiaux. Un sentiment que l’évolution des prix de l’once d’or, la valeur refuge par excellence, corrobore. L’once de ce métal précieux  est restée scotchée aux alentours de 1.500 dollars, pour la 3e semaine d’affilée.

Les sujets de crispation n’ont pourtant pas fait défaut. Le président américain Donald Trump par exemple a une nouvelle fois exprimé sa rage, via un tweet, contre le refus persistant de la Banque centrale américaine d’abaisser drastiquement ses taux d’intérêt directeurs.

-0,13%
Taux de l'Olo belge à dix ans
Le taux de l’obligation belge (OLO) à 10 ans est passé de -0,295% la semaine dernière à -0,13% ce vendredi. Soit son "meilleur" niveau depuis début août.

Mais cette fois, son effet sur le comportement des investisseurs a été très limité. Si pas nul. Comme le démontre la poursuite de la remontée des rendements des bons du Trésor américain. En une semaine, le taux US à dix ans a récupéré 14 points de base pour revenir à ses niveaux de début août, à 1,80%.

Le rendement des Treasuries à 2 ans a suivi la même trajectoire, tout en restant à un niveau inférieur à celui du 10 ans, à 1,73%. Ce qui ne manque pas de rassurer ceux qui craignaient il y a peu encore — lorsque le taux à 2 ans avait surpassé celui à 10 ans — la tombée en récession de l’économie américaine.

Malgré la BCE

En Europe, la réunion de la Banque centrale de la zone euro qui s’est déroulée jeudi aurait pu également constituer un sujet de crispation, voire de frustration, pour les marchés. Il n’en a rien été finalement. Ceux-ci ont réussi à traverser cette épreuve avec un certain brio.

Comme aux Etats-Unis, les rendements obligataires ont poursuivi leur mouvement ascensionnel. Les mesures annoncées par la BCE, comme celle de la baisse de 10 points de base du taux de dépôt à moins 0,50% ou la reprise des rachats de dettes souveraines et privées dès le 1er novembre, sont de nature pourtant à faire baisser les rendements. C’est tout le contraire qui s’est passé. Les rendements ont tous progressé en Europe. Celui de l’obligation belge (OLO) à 10 ans  est passé de -0,295% à -0,13%. Soit son "meilleur" niveau depuis début août.

En Allemagne, le rendement du Bund à 30 ans était repassé dans le vert dès mardi pour y rester jusqu’à la veille de ce week-end, à 0,12%.

En temps normal, une hausse des taux obligataires a un impact négatif sur l’évolution des Bourses, dans la mesure où cela rend moins attractif le rendement dividendaire d’une action. Cela non plus n’a pas été le cas ces derniers jours. Bien au contraire. L’indice Stoxx 600 paneuropéen  vient de signer son 4e bilan hebdomadaire positif. Il a gagné cette semaine 1,20% à 391,79 points.

À la Bourse de Bruxelles, le Bel 20  s’est hissé à son plus haut point depuis la fin juillet. Il a gagné 3,13% à 3.730,24 points. Scénario de la même veine à la Bourse de New York, où l’indice S&P 500  enregistrait une hausse de 1,1% à 3.011,6 points à vendredi vers 18 heures.

Actions cycliques plébiscitées

Par contre, ce que l’on a pu observer à plus d’une reprise ces dernières semaines s’est encore vérifié ces derniers jours. A savoir qu’à chaque fois que les rendements obligataires faisaient mine de remonter, les valeurs cycliques comptaient parmi les plus sollicitées sur les marchés boursiers.

Les valeurs bancaires (+ 7,9% en moyenne selon les Stoxx 600 sectoriels), les entreprises actives dans les matières premières (+ 6,7%), celles des secteurs automobiles (4,5%), de la chimie (+ 2,9%) ou encore de la construction (+ 2,6%) ont été les plus recherchées. À l’inverse de celles des secteurs qualifiés de défensifs, tels que la pharma (-2,34%) et l’agroalimentaire (-3,5%).

Comment justifier tous ces mouvements sur les marchés financiers? Si les taux obligataires remontent malgré les récentes décisions de la BCE, c’est probablement parce que les investisseurs avaient un peu trop tiré les taux à la baisse. Ces taux qui remontent éloignent du coup les craintes d’une récession toute prochaine aux Etats-Unis.

Si donc, on peut encore espérer une croissance honorable de l’économie aux Etats-Unis — et pourquoi pas un mieux en Europe —, il est normal que les actions cycliques qui avaient été exagérément matraquées ces derniers mois, aient retrouvé grâce auprès des investisseurs. Cet espoir est alimenté par les Etats-Unis et la Chine qui donnent à nouveau cette impression de vouloir privilégier l’apaisement des tensions dans le dossier de leurs échanges commerciaux. Cette perspective a dopé la Bourse de Shanghai qui s’est adjugé un bond de 3,9% cette semaine.

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