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Meilleure séquence des actions européennes depuis deux ans

Sept séances de hausse d'affilée pour le Stoxx Europe 600, on n'avait plus vu ça depuis avril 2019. ©Bloomberg

Le Stoxx 600 a aligné sept hausses d'affilée: ce n'était plus arrivé depuis avril 2019. Cette semaine, le Bel 20 a pu compter sur Galapagos, argenx et Melexis.

Assiste-t-on au retour en grâce des actions européennes? En tout cas, en engrangeant vendredi une nouvelle progression, l'indice Stoxx 600 des plus grandes capitalisations du Vieux Continent affiche à présent sept séances de hausse consécutives, ce qui n'était plus arrivé depuis le 23 avril 2019, il y a plus de deux ans.

D'après State Street Global Advisors, les Américains ont versé jusqu'à 4 milliards de dollars dans des trackers liés aux actions européennes depuis début mai, ce qui en fait le meilleur mois pour l'Europe depuis mars 2015. Ce phénomène a un impact sur les places financières. Si, durant la semaine écoulée, les actions européennes et américaines font à peu près jeu égal (hausses hebdomadaires de 1,02% pour le Stoxx 600 et de 1,43% pour le S&P 500 vendredi à 18h), depuis le début du mois, l'ascendant européen est assez net: le Stoxx 600 a avancé de 2,65% alors que le S&P doit se contenter d'une progression de 0,82%. En tenant compte de la hausse de 1% de l'euro face au dollar en mai, le S&P 500 affiche une baisse de 0,66% ce mois-ci pour ceux qui y ont investi à partir de la zone euro.

"Si mes attentes au sujet de la croissance économique se confirment, il faudra que la Fed commence à discuter d'un ajustement du rythme des achats d'actifs."
Randal Quarles
Vice-président de la Fed

L'explication est relativement simple. Aux États-Unis, les craintes de l'inflation restent présentes. Mercredi, Randal Quarles, vice-président de la Réserve fédérale (Fed) a évoqué l'éventualité d'une discussion sur un futur resserrement monétaire. "Si mes attentes au sujet de la croissance économique, l'emploi et l'inflation se confirment dans les prochains mois, et en particulier si ceux-ci apparaissent plus forts que je ne l'attends, alors il deviendra important que le FOMC (Federal Open Market Committee, soit le comité de politique monétaire de la Fed) commence à discuter de nos plans pour ajuster le rythme des achats d'actifs lors des réunions ultérieures", a déclaré M. Quarles.

"Trop tôt pour être défensif"

Ce dernier estime, par contre, qu'une hausse des taux n'est pas à attendre avant longtemps. Mais une prochaine discussion sur la réduction des achats de la Fed suffit à alimenter la spéculation en bourse. Les investisseurs anticipent alors une montée des taux des obligations des États-Unis et donc une baisse de la prime de risque des actions, c'est-à-dire du surplus de rendement attendu des actions par rapport au taux des placements sans risque que constituent les obligations gouvernementales. Voilà pourquoi les actions américaines sont délaissées depuis le début du mois.

460 pts
Objectif de BofA pour le Stoxx 600
Bank of America estime que l'indice européen Stoxx 600 devrait encore grimper, jusqu'à 460 points.

Les actions européennes, elles, ont le vent en poupe. Et pour cause: la croissance économique accélère en Europe, comme l'avaient montré les indices PMI (purchasing managers indexes: indices des directeurs d'achats, soit des indicateurs représentatifs de l'activité économique basés sur un sondage auprès des dirigeants d'entreprises) publiés le 21 mai. "L'élan de la croissance en Europe a été très intense en mai, ce qui suggère que le pic du cycle est proche; mais il est trop tôt pour devenir plus défensif", estime Bank of America, dans une note publiée vendredi. Selon la banque d'affaires américaine, les valeurs cycliques européennes ne sont pas encore suffisamment valorisées au regard de la forte croissance en cours. BofA estime que le Stoxx 600 devrait continuer à grimper jusqu'à 460 points prochainement.

La BCE rassure

À Bruxelles, le Bel 20 , resté à la traîne la semaine précédente (-0,13%), a retrouvé de la vigueur. L'indice belge a grimpé de 0,64% depuis lundi. Signe du retour de l'appétit pour le risque, les valeurs biotechnologiques se sont distinguées: en cinq jours, argenx a grimpé de 4,73% et Galapagos a pris 4,48%. Entre les deux, Melexis a progressé de 4,70%. Le secteur technologique a retrouvé des couleurs cette semaine, à la faveur d'une légère baisse des rendements obligataires. Le taux d'intérêt du Bund, obligation gouvernementale allemande qui constitue la référence du marché de la dette européen, est retombé à -0,18% vendredi, contre -0,13% une semaine plus tôt.

5%
Hausse hebdomadaire du pétrole
Les cours du pétrole ont progressé d'environ 5% en cinq jours, après leur baisse de 3% de la semaine précédente.

Ce mouvement est sans doute lié au message rassurant que la Banque centrale européenne (BCE) martèle depuis des semaines. Vendredi, Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institut monétaire, a indiqué que même si le programme d'achats en cours arrive à son terme, la BCE "continuera à mener une politique monétaire très accommodante".

La banque centrale ne s'inquiète pas de l'inflation, malgré la remontée, cette semaine, des prix des matières premières, tels le pétrole (+5% environ en cinq jours) ou encore le cuivre (+3%) et l'aluminium (+4%). La croissance européenne éclipserait-elle le ralentissement chinois?

Le résumé

  • Les actions européennes se distinguent avec sept séances positives d'affilée de l'indice Stoxx 600, une première depuis avril 2019.
  • En mai, l'Europe boursière fait mieux que Wall Street. Et pour cause, aux États-Unis, l'inflation inquiète encore alors que côté européen, on se focalise sur l'accélération de la croissance.
  • Le Bel 20 a progressé en cinq jours, après sa contre-performance de la semaine précédente. Les biotechs et Melexis se sont mises en évidence.
  • Les taux d'intérêt ont légèrement baissé cette semaine mais les prix des matières premières sont repartis à la hausse.

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