Pire semaine pour le Bel 20 depuis la mi-juin

À Wall Street, le Dow Jones affiche une performance négative sur la semaine. Le Nasdaq surfe par contre sur les bons résultats des géants de la tech. ©AFP

Les marchés européens manquent de carburant pour insuffler une nouvelle vie au rally boursier.

Il faut dire que, jour après jour, les investisseurs découvrent l'ampleur des dégâts économiques liés à la pandémie du Covid-19. Selon les données publiées par Eurostat ce vendredi, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a par exemple chuté de 15% entre avril et juin par rapport à la même période un an plus tôt.

"Les indicateurs suggèrent que le rythme [de la reprise] ralentit actuellement et nous prévoyons qu'une combinaison de règles de distanciation sociale, de prudence en matière de dépenses et de faible demande extérieure servira de plafond à l'activité économique pour le reste de l'année."
Jamie Rush
chief European economist chez Blooomberg Economics

Qu'importe, diront certains, puisque l'évolution des actions est principalement induite par les anticipations des investisseurs, leurs prévisions de comment sera l'économie dans les prochains mois. Problème: rien n'est plus incertain aujourd'hui à cause de la pandémie. Car même si les indicateurs avancés tendent à montrer un rebond de l'activité économique en juin et juillet, de nombreux observateurs craignent qu'il ne soit que de courte durée.

"La grande question est de savoir jusqu'où la reprise va aller. Les indicateurs suggèrent que le rythme ralentit actuellement et nous prévoyons qu'une combinaison de règles de distanciation sociale, de prudence en matière de dépenses et de faible demande extérieure servira de plafond à l'activité économique pour le reste de l'année", s'inquiète Jamie Rush, chief European economist chez Blooomberg Economics. Et d'ajouter: "Le principal risque - c'est-à-dire une seconde vague de contaminations - semble se profiler à l'horizon."

Peu de sociétés offrent des perspectives rassurantes

Que les grands indices européens affichent une performance hebdomadaire négative n'a donc rien d'anormal. À titre d'exemple, le Stoxx Europe 600 a reculé de 2,98% cette semaine, le Dax allemand de 4,09% et le CAC 40 de 3,49%. À Bruxelles, le Bel 20 a lâché 4,72% sous le poids d'Umicore (-10,79%), de Telenet (-9,54%) et de ses valeurs bancaires KBC (-8%) et ING (-7,75%). Signe du désarroi des investisseurs, notre indice de référence a perdu 1,64% sur le mois de juillet.

-7,89%
Les banques signent la plus forte baisse sectorielle
Au niveau sectoriel, les plus fortes baisses reviennent aux compartiments bancaire (-7,89%), automobile (-7,39%) et de l'énergie (-6,29%). Des secteurs où plusieurs sociétés ont dû réduire - voire suspendre - leur dividende.

L'incertitude règne en maître sur les marchés, d'autant que de nombreuses entreprises européennes ne parviennent pas à rassurer les investisseurs sur leurs perspectives à court terme. Prenons le cas d'Umicore qui, malgré le fait d'avoir enregistré un premier semestre "impressionnant" avec des chiffres supérieurs aux attentes des analystes, a terminé lanterne rouge ce vendredi. La faute notamment à des prévisions peu réjouissantes. Le groupe table sur un Ebit ajusté 2020 inférieur à celui de l'année précédente.

Au niveau sectoriel, les plus fortes baisses reviennent aux compartiments bancaire (-7,89%), automobile (-7,39%) et de l'énergie (-6,29%). Des secteurs où plusieurs sociétés ont dû réduire - voire suspendre - leur dividende. Rappelons que la Banque centrale européenne (BCE) a demandé mardi aux banques de la zone euro ne pas verser de dividende ni de racheter d'actions propres jusqu'au moins début janvier. "Nous savons que les investisseurs n’ont pas été particulièrement satisfaits avec notre décision, mais nous pensons que c'est une action nécessaire à ce stade d'incertitude accrue", a déclaré Andrea Enria, le responsable de la surveillance bancaire de la BCE.

Un grand gagnant, l'or

S'il y a bien un actif qui a tiré son épingle du jeu cette semaine, c'est l'or. Le métal jaune a effacé lundi son précédent record vieux d'une dizaine d'années. Comme l'euro, qui évolue désormais autour de 1,18 dollar (+1,32%), l'or profite de l'affaiblissement du billet. L'or a ainsi pris 3,58% cette semaine et flirte désormais avec la barre symbolique des 2.000 dollars l'once.

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