Une nouvelle saison de résultats démarre sur fond de tensions commerciales

Le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine n'a de cesse de perturber les marchés. ©AFP

Le match de boxe se poursuit entre les États-Unis et la Chine, sous le regard inquiet des marchés financiers qui se demandent jusqu’où cette escalade des tensions commerciales va mener.

Le président Donald Trump a asséné un nouvel uppercut à son adversaire chinois cette semaine. Il a menacé de taxer pour 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros) de produits chinois supplémentaires, comme le tabac, le charbon, les produits chimiques ou les composants électroniques. Les négociations entre les deux grandes puissances économiques sont au point mort et les Américains semblent bien décidés à faire plier l’Empire du Milieu. Pour Donald Trump, "tout excédent commercial est perçu comme un signe de concurrence déloyale", rappelle Mathilde Lemoine, chief economiste chez Edmond de Rothschild (lire l’interview page 23).

Et la situation ne risque pas de s’améliorer de sitôt. La Chine a vu son excédent commercial avec les Etats-Unis atteindre un niveau record au mois de juin, à 28,97 milliards de dollars (24,92 milliards d’euros), en raison d’une forte augmentation de ses exportations. Mais pour de nombreux analystes, cela serait temporaire puisque les premières taxes américaines sont entrées en vigueur début juillet. "Pour l’avenir, le rythme de croissance des exportations va se calmer dans les prochains mois, avec les droits de douane américains qui commenceront à faire leur effet et un affaiblissement de la demande mondiale", estime Julian Evans-Pritchard, économiste chez Capital Economics.

Un moral en baisse, des actions en hausse

Face à cette situation délicate, les marchés financiers restent anxieux. L’indice ZEW, qui calcule le moral des investisseurs allemands, s’est une nouvelle fois dégradé en juillet. Il est tombé à -24,7 points, soit son plus bas niveau depuis août 2012. Et outre-Atlantique, c’est le moral des ménages qui commence à pâtir des tensions commerciales. Les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de l’université du Michigan montrent une légère baisse de l’indice de confiance.

"Si les États-Unis nous créent pas mal de soucis, in fine, ils sont gagnants."
Vincent Juvyns
JPMorgan Am

Du coup, la prudence prédomine sur les marchés financiers. Selon les données hebdomadaires publiées par Bank of America Merrill Lynch Global Research (BAML), les investisseurs ont privilégié les actifs jugés les plus sûrs et les valeurs les plus défensives. Les fonds dédiés aux obligations ont ainsi connu des entrées nettes de 5,6 milliards de dollars, les plus importantes enregistrées en douze semaines. Une exception, l’or. Le métal précieux semble imperturbable, paralysé par la vigueur du dollar. Le billet vert profite pour sa part du resserrement de la politique monétaire aux États-Unis. Certains observateurs se demandent maintenant si l’or n’est pas en train de perdre son statut de valeur refuge.

Côté marchés actions, la tendance est malgré tout positive. Les indices américains continuent de surperformer leurs semblables européens, une nouvelle fois grâce aux valeurs technologiques. "Si les États-Unis nous créent pas mal de soucis, in fine, ils sont gagnants: le S&P 500 et le Russell 2000 affichent les meilleures performances cette année et l’économie américaine est celle qui s’en sort le mieux", souligne Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM.

©Mediafin

La saison des résultats pour le deuxième trimestre/premier semestre a d’ailleurs commencé à Wall Street, avec les chiffres de PepsiCo et de trois grandes banques (JPMorgan, Citigroup et Wells Fargo). De nombreuses sociétés devraient encore profiter de l’impact positif de la réforme fiscale mise en place par Donald Trump. Les analystes tablent sur une croissance d’environ 21% des bénéfices des entreprises du S&P 500, selon les estimations recueillies par Thomson Reuters I/B/E/S. De quoi pousser encore les investisseurs vers les actions, en particulier côté américain. Reste la question de savoir si les tensions commerciales vont plomber les perspectives pour le reste de l’année.

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