Allegro envoie du lourd à la Bourse de Varsovie

À l'issue de son IPO, la plateforme d'e-commerce polonaise Allegro, dirigée par Francois Nuyts, a été valorisée à près de 10 milliards d'euros. ©AFP

Le leader polonais de l’e-commerce s’impose, dès sa première cotation ce lundi, comme la première capitalisation boursière locale, avec une valorisation digne des vedettes du Nasdaq.

C’est avec une grande impatience que le marché attendait les premiers pas d’Allegro ce lundi à la Bourse de Varsovie. Et pour sa première cotation, le champion polonais du commerce en ligne n'a pas déçu puisque son titre a bondit de 62,79 % par rapport au prix d'introduction de 43 zlotys, pour s'établir à 70 zlotys à la clôture.

16
milliards d'euros
La valorisation d'Allegro en bourse après sa première séance de cotation.

Un succès qui n'était pas gagné d'avance. Si le concurrent britannique The Hut Group a impressionné le mois dernier lors de sa première cotation sur la Bourse de Londres, d’autres nouveaux-venus n’ont pas connu le même succès ces derniers temps, comme le groupe dedéfense allemand Hensoldt, l’opérateur russe de tanker Sovcomflot, ou encore le fournisseur d’électricité lituanien AB Ignitis.

À cela s'ajoute le caractère inédit de cette introduction en bourse, qui n’a vraiment pas de quoi passer inaperçue.

D’abord, parce qu’elle est historique au vu du poids d'Allegro sur la place financière locale. À l’issue d’une offre publique (IPO), qui lui a permis de lever avec succès quelque 9,2 milliards de zlotys (un peu plus de 2 milliards d’euros) auprès d’investisseurs institutionnels et particuliers, le groupe s’est vu valorisé à pas moins de 44 milliards de zlotys, soit près de 10 milliards d’euros. Un poids qui s'est encore alourdi à 71,6 milliards de zlotys en fin de séance ce lundi (soit près de 16 milliards d'euros), ce qui en fait de loin la première capitalisation boursière en Pologne.

Allegro détrône au passage le développeur de jeux vidéo CD Projekt RED, créateur du blockbuster "Le sorceleur" ("The Witcher"). La plateforme pourrait même rapidement intégrer l’indice national WIG 20, voire même l'un des indices du MSCI, ce qui augmenterait encore son attrait et sa visibilité sur le marché.

"Nous pensons qu'il y a beaucoup de choses que nous faisons assez bien, sinon mieux, que n'importe quel concurrent."
François Nuyts
CEO d'Allegro

Une big tech européenne

L’autre élément qui attire également l’attention, c’est le secteur dans lequel opère Allegro. L’e-commerce fait clairement partie des gagnants de la pandémie en bourse, tant il profite à plein des changements de modes de consommation qui en découlent. Des gagnants dont manque cruellement l’Europe boursière, où même des champions comme Zalando peinent à rivaliser avec des géants américains tels qu’Amazon.

Amazon qui prévoit justement son arrivée prochaine sur le marché polonais. Mais pas de quoi effrayer le CEO d’Allegro, le Français François Nuyts, qui a lui-même travaillé dans le passé en tant que directeur chez le géant américain. "Nous pensons qu'il y a beaucoup de choses que nous faisons assez bien, sinon mieux, que n'importe quel concurrent", a-t-il ainsi récemment déclaré à l'AFP.

90%
des produits vendus
Plus de 90% des produits vendus sur la plateforme Allegro ne passent jamais par son entrepôt, mais vont directement du vendeur à l'acheteur.

Success story

Créé en 1999 en tant que concurrent local de la plateforme Ebay, Allegro peut se targuer d’une croissance remarquable en Pologne. Ses revenus se sont accrus de près de 20% en 2018, puis de plus de 30% en 2019, avant de bondir de plus de 50% au cours des six premiers mois de 2020. Son bénéfice net a lui grimpé à 289,7 millions de zlotys au premier semestre cette année, contre 195,7 millions un an plus tôt, soit une hausse de 48%.

François Nuyts insiste sur le modèle commercial "vif" et "unique" d'Allegro, qui relie plus de 100.000 vendeurs avec quelque 12 millions d'acheteurs actifs dans un pays de 38 millions d'habitants. La société possède un entrepôt et prévoit d'en ouvrir d’autres, même si plus de 90% des produits vendus sur sa plateforme ne passent jamais par là, mais vont plutôt directement du vendeur à l'acheteur. "C'est vraiment une innovation d'Allegro", déclare-t-il en référence à d'autres "géants mondiaux" qui vendent via leurs plates-formes et acheminent leurs produits via plusieurs entrepôts.

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