Apple paye à nouveau sa forte dépendance à l'iPhone

L'épidémie du nouveau coronavirus risque de pénaliser les ventes d'Apple sur le marché chinois, qui représente plus de 16% de son chiffre d'affaires.

Pour la seconde fois en deux ans, des problèmes en Chine obligent Apple à lancer un avertissement sur résultats. L'annonce est toutefois sans surprise pour les analystes, qui y voient un accident de parcours temporaire.

Comme une piqûre de rappel. Le géant technologique Apple  pourrait tomber de son piédestal ce mardi en perdant sa place sur le podium des plus grandes capitalisations boursières au profit de son rival Microsoft  . La faute au nouveau coronavirus, le Covid-19. L'épidémie - qui a fait plus de 1.800 morts et infecté 70.000 personnes dans le monde - agit comme un grain de sable dans la machinerie bien huilée d'Apple et l'oblige à revoir à la baisse ses ambitions pour le deuxième trimestre de son exercice décalé.

"L’avertissement sur les résultats d’Apple est un regrettable rappel que, malgré tout son travail, il reste "la société iPhone"."
Alex Webb
Chroniqueur pour Bloomberg Opinion

Sans donner de nouveaux objectifs chiffrés, la société à la pomme craint ne pas être capable d'atteindre ses prévisions établies en janvier, à savoir un chiffre d'affaires entre 63 et 67 milliards de dollars. Et ce "en raison de deux principaux facteurs". Elle pointe une chaîne de production mondiale grippée et une demande chinoise affaiblie (la Chine a représenté 16,8% de son chiffre d'affaires en 2019, NDLR). "Nous vivons un retour à des conditions normales plus lent que prévu", a expliqué le CEO Tim Cook dans une lettre adressée à ses employés.

Du fait des mesures imposées par le gouvernement chinois pour contenir l'épidémie, son partenaire local Foxconn ne peut faire tourner ses usines à plein régime. Beaucoup d'analystes craignent dès lors que le lancement du nouvel iPhone prévu en mars ne soit retardé.

Pas de remise en cause à long terme

"L’avertissement sur les résultats d’Apple est un regrettable rappel que, malgré tout son travail visant à changer la perception des investisseurs au cours des dernières années, il reste "la société iPhone". (…) Et qu'il sera toujours vulnérable à la nature capricieuse de la demande des consommateurs", souligne Alex Webb, chroniqueur pour Bloomberg Opinion spécialisé dans le secteur technologique. L'iPhone a encore représenté plus de la moitié de son chiffre d'affaires (54,7%) en 2019 malgré ses efforts pour gonfler les revenus de sa division Services.

Le moindre problème peut donc coûter cher au géant américain. Selon les calculs de Bloomberg Intelligence, chaque baisse de 1% dans les ventes d'iPhone peuvent réduire le chiffre d'affaires et le bénéfice par action d'Apple de respectivement 1,5 milliard de dollars et 11 cents.

1,5
milliards de dollars
Selon Bloomberg Intelligence, chaque baisse de 1% dans les ventes d'iPhone peuvent coûter à Apple 1,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Pour autant, ce n'est pas la panique du côté des analystes. "Je pense qu'Apple reste dans une très bonne position à long terme", estime Shannon Cross, de Cross Research. À en croire certains, il s'agit plutôt d'un "accident de parcours" ou une excuse pour prendre ses bénéfices après un bond de 68% l'an dernier.

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