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Robinhood rate son entrée à Wall Street

Pour souligner leur credo visant à "démocratiser les marchés financiers", les dirigeants de Robinhood ont décidé d'octroyer une place privilégiée dans cette opération à leurs propres clients sur la plateforme. ©EPA

Wall Street avait les yeux rivés ce jeudi sur l'application de trading Robinhood qui faisait ses débuts sur le Nasdaq. Des débuts qui ont vu son action chuter de plus de 8%.

Robinhood, l'application de trading américaine, a fait ses premiers pas sur le Nasdaq ce jeudi, sous le symbole "HOOD". Son action, dont le prix a été fixé dans le bas de la fourchette à 38 dollars, a clôturé sur une baisse de 8,37% à 34,82 dollars, après avoir dévissé de plus de 10% lors des premiers échanges. L'opération, qui a permis de lever un peu plus de 2 milliards de dollars, valorisait la société à près de 32 milliards de dollars avant ses débuts.

Mais si cette première cotation attirait tant la curiosité, c'est aussi et surtout parce qu'elle concerne la célèbre application de trading qui a révolutionné l'investissement auprès des particuliers aux États-Unis, sans oublier le fait qu'elle présente une caractéristique peu banale, voire sans précédent.

31,7
milliards de dollars
La valorisation boursière de Robinhood.

Accès VIP

Pour souligner leur credo visant à "démocratiser les marchés financiers", les dirigeants de Robinhood ont, en effet, décidé d'octroyer une place privilégiée dans cette opération à leurs propres clients sur la plateforme. L'offre de souscription aux actions (IPO) pour les candidats investisseurs, en amont de l'introduction en bourse et donc de la première cotation de la société ce jeudi, prévoyait ainsi qu'une part de 20 à 35% des actions proposées à la vente leur soit réservée.

Les cofondateurs de Robinhood Baiju Bhatt et Vlad Tenev. ©Getty Images via AFP

Il s'agit là d'une part beaucoup plus importante qu'à l'accoutumée, voire jamais encore vue dans ce genre d'opération largement adressée aux institutionnels, c'est-à-dire aux banques et autres établissements financiers. L'opportunité de participer à l'opération a été lancée de manière aléatoire sur la base de la liste de la clientèle de la société. Il fallait donc obtenir la "chance" d'avoir son ticket d'entrée.

Risque de volatilité

Dans son prospectus, soit le document de référence que toute société doit publiquement soumettre aux investisseurs dans le cadre d'une telle opération, Robinhood précisait qu'une allocation aussi élevée envers les investisseurs particuliers pourrait provoquer une forte volatilité de l'action dans les premiers échanges. De quoi potentiellement lui donner le profil de ces fameux "meme stocks", ces actions fétiches des investisseurs particuliers qui ont connu une évolution digne des montagnes russes ces derniers mois. On parle bien ici des actions type GameStop sur lesquelles ces mêmes investisseurs se sont rués en début d'année à coups d'achats frénétiques au travers d'applications de trading… comme Robinhood.

Dans son prospectus, Robinhood précise qu'une allocation aussi élevée envers les investisseurs particuliers pourrait provoquer une forte volatilité de l'action dans les premiers échanges.

L'effet recherché par Robinhood dans cette opération? Le "pop", comme on dit à Wall Street, soit un bond impressionnant et immédiat de l'action dès ses premiers échanges sur la cote. Un bond dont les bénéfices restaient jusqu'ici chasse gardée des professionnels. Mais rien n'excluait évidemment que l'action prenne le chemin inverse, tant le comportement d'une masse de particuliers détenant une telle part du capital de l'entreprise peut aussi donner lieu à des mouvements erratiques en bourse.

Un kiosque sur Wall Street distribuant des T-shirts Robinhood à l'occasion de la première cotation de la société en bourse. ©AFP

Sous la loupe des autorités

Le problème de Robinhood? Son modèle du tout gratuit et ses pratiques qui font l'objet d'une enquête du régulateur américain des marchés, la SEC, depuis l'affaire GameStop. Il s'agit de savoir si Robinhood a joué un rôle d'influence d'une quelconque manière, même indirecte, dans cet épisode et s'il y a lieu de lui en imputer une part de responsabilité. Des questions se posent également sur la revente par la plateforme des ordres passés par ses clients à des teneurs de marché intermédiaires pour compenser l'absence de commission. Une pratique légale, mais peu transparente.

70
millions de dollars
Ce qu'a déboursé Robinhood pour régler un litige avec la Finra, l'Autorité américaine de régulation de l'industrie financière.

L'application de trading est aussi régulièrement mise en cause pour son recours à la "gamification", soit le côté trop ludique qui caractérise la manière d'investir sur sa plateforme. Elle a récemment accepté de débourser 70 millions de dollars pour régler un litige avec l'Autorité de régulation de l'industrie financière, la Finra, pour des manquements en termes d'information et d'avertissements à l'égard de produits dérivés sur sa plateforme comme des options, soit des produits financiers plus complexes qui comportent plus de risques, d'autant qu'ils peuvent y être achetés à crédit, ce qui est également épinglé.

Le résumé

  • Robinhood fait ses premiers pas sur le Nasdaq ce jeudi avec un prix fixé à 38 euros, soit le bas de la fourchette.
  • L'application de trading va lever 2,1 milliards de dollars dans cette opération qui la valorise à 31,7 milliards de dollars.
  • Une part de 20 à 35% des actions mises sur le marché ont été réservées aux propres clients de la plateforme.
  • Cette part élevée d'investisseurs particuliers pourrait renforcer la volatilité de l'action dans les premiers échanges.

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