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Le boom des fusions & acquisitions profite aux banques américaines

La saison des résultats pour le troisième trimestre commence en force à Wall Street. Les six grandes banques ont fait bien mieux qu'attendu par les analystes. ©REUTERS

Goldman Sachs a publié des résultats trimestriels largement au-dessus des prévisions. À l'instar de ses concurrents, elle a vu ses revenus de conseiller financier exploser.

Après JPMorgan Chase & Co, Bank of America, Citigroup, Morgan Stanley et Wells Fargo, place à Goldman Sachs de faire le point sur ses activités au troisième trimestre 2021. La banque d'investissement a fait état ce vendredi d'une hausse de 63% de son bénéfice net, à 5,28 milliards de dollars (soit 14,93 dollars par action) contre 3,23 milliards un an auparavant. Et comme pour ses concurrents, les résultats sont largement supérieurs aux attentes. Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 10,11 dollars.

1,65
milliard de dollars
Grâce au boom des opérations de fusions et acquistions, Goldman Sachs a vu ses revenus en tant que conseiller financier s'envoler de 225% à 1,65 milliard de dollars au troisième trimestre 2021.

"Le troisième trimestre a été marqué par de solides performances opérationnelles et une accélération de notre investissement dans la croissance de Goldman Sachs", souligne son CEO David Solomon dans le rapport trimestriel.

À l'image de JPMorgan et Morgan Stanley, Goldman Sachs signale une forte augmentation du nombre d'opérations de fusions et acquisitions. Ce qui s'est traduit par un envol de 225% de ses revenus en tant que conseiller financier. Rappelons que la banque génère environ un tiers du chiffre d'affaires de sa division Investment Banking - 3,70 milliards de dollars entre juillet et septembre - via des frais de conseils auprès des entreprises. Ce pôle a d'ailleurs connu le deuxième meilleur trimestre de son histoire.

Les grandes fortunes en soutien

L'activité de gestion de fortune a également enregistré une performance exceptionnelle au cours des trois derniers mois. Chez Goldman Sachs, les revenus liés à la section Wealth Management ont bondi de 40% sur un an, à 1,64 milliard de dollars. La faute à des taux d'intérêt encore bas - en raison de la politique monétaire très accommodante de la Réserve fédérale (Fed) - qui pousse les grandes fortunes à se tourner vers des actifs avec un meilleur rendement comme les actions. Or qui dit plus de risques, dit plus de gestion active. Et la demande pour des gestionnaires de fonds augmente au final.

De son côté, Bank of America a annoncé des bénéfices nets records pour sa division Global Wealth et Investment Management. Quelque 91 milliards de dollars supplémentaires sont entrés dans ses fonds depuis le troisième trimestre 2020.

Des coûts en progression?

Mais chaque médaille a son revers. La nette augmentation du nombre de transactions va probablement provoquer une hausse des coûts de rémunération au cours des prochains mois. Car en plus de récompenser les employés performants, les grandes banques américaines cherchent à embaucher afin de pouvoir répondre à la forte demande de conseils. Une chasse aux talents - avec à la clé une hausse des primes - a ainsi démarré.

Pour l'heure, les grandes banques américaines ont "assez bien maîtrisé leurs coûts"
Gregori Volokhine
gestionnaire de portefeuille pour Meeschaert Financial

Et il est certain que cette tendance va perdurer à court terme. Plusieurs directeurs financiers ont expliqué que les pipelines étaient bien remplis, quel que soit le secteur ou la région. La CEO de Citigroup, Jane Fraser, a annoncé jeudi lors d'une conférence avec les analytes que sa société avait récemment recruté 200 banquiers dans ses branches de banque d'affaires et d'investissement.

Pour l'heure, les grandes banques américaines ont "assez bien maîtrisé leurs coûts", estime cependant Gregori Volokhine, gestionnaire de portefeuille pour Meeschaert Financial. "Les petites augmentations de salaire accordées par plusieurs d'entre elles n'ont pas entamé leur rentabilité".

Selon lui, les résultats des établissements financiers reflètent une économie "qui s'en sort très bien" mais qui bénéficie aussi "encore largement des largesses de la Fed".  "Il faudra voir comment l'économie réagit quand la Fed commencera à réduire son soutien et si l'inflation reste toujours élevée dans six mois".

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