Ce scénario électoral que les marchés veulent à tout prix éviter

"Cette fois, l'incertitude pourrait durer beaucoup plus longtemps – peut-être jusqu'au début de l'année prochaine – impliquant de sérieux risques pour les marchés", prévient Nouriel Roubini, professeur d'économie à l'université de New York (Stern School of Business, NYU). ©EPA

Si l'élection présidentielle US débouche sur des résultats contestés, ce serait le pire des scénarios pour les marchés financiers. Certains prédisent une chute de 10% à 20% des actions à Wall Street.

Et si l'on ne connaissait pas le nom du futur président des États-Unis dans les prochaines heures? L'absence de résultats clairs au lendemain de l'élection présidentielle américaine terrifie certains investisseurs. Selon eux, ce serait le pire des scénarios possibles, qui déboucherait sur une importante chute des marchés financiers.

"Les investisseurs craignent que cela traîne pendant des semaines en cas de résultats contestés."
Ian Lyngen
Responsable de la stratégie taux américains chez BMO

"Le marché est réellement inquiet. S'il n'y a pas de vainqueur clair [ce mercredi], ce sera négatif pour les actifs à risque", confirme Ian Lyngen, responsable de la stratégie taux américains chez BMO. "Les investisseurs craignent que cela traîne pendant des semaines en cas de résultats contestés. Or le contexte global n’est pas uniquement politique. C’est que nous sommes au milieu d’une pandémie, et nous ne voulons pas d’un résultat électoral incertain qui laisse un pays sans leadership."

Ce scénario catastrophe – dont les chances de se produire sont évaluées à 35% dans un rapport de Nomura – pourrait signifier un «choc d'incertitudes» pour l'économie américaine. Avec, pour conséquences, une chute de la confiance – des entreprises retardant l'embauche et les investissements, et des ménages se tournant vers l'épargne de précaution – et des doutes croissants sur la relance budgétaire.

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L'exemple de 2000

De nombreux observateurs se sont penchés sur la question ces derniers jours et tous ont en tête ce qui s'est passé lors de l'élection présidentielle en 2000. Souvenez-vous, cette année-là, Al Gore et George W. Bush se disputent le fauteuil du bureau ovale. Les résultats de l'État de Floride sont alors contestés par le candidat démocrate devant la Cour suprême des États-Unis. Il a fallu attendre le 12 décembre 2000 pour que celle-ci accorde la victoire au candidat républicain. Victoire qui sera reconnue par Al Gore trois plus tard.

Durant toute cette période, les investisseurs étaient à cran. L'indice S&P 500 a lâché plus de 8% en un mois.

Une chute plus importante cette année?

Ce scénario va-t-il se répéter cette année? Pour certains, cela pourrait être pire. "Cette fois, l'incertitude pourrait durer beaucoup plus longtemps, peut-être jusqu'au début de l'année prochaine, impliquant de sérieux risques pour les marchés", prévient Nouriel Roubini, professeur d'économie à l'université de New York (Stern School of Business, NYU) et surnommé 'Dr. Doom', dans une carte blanche sur MarketWatch. "Ce degré d'instabilité politique pourrait déclencher un épisode majeur d'aversion au risque sur les marchés financiers à un moment où l'économie ralentit déjà et où les perspectives à court terme de mesures de relance supplémentaires restent sombres."

-10%
Selon Nouriel Roubini, si le conflit électoral s'éternise pendant des mois, les actions américaines pourraient chute d'environ 10% pendant cette période.

Selon lui, si le conflit électoral s'éternise pendant des mois, les actions américaines pourraient chuter d'environ 10% pendant cette période. Les investisseurs se rueraient alors sur les obligations d'État – provoquant une chute des rendements – et les valeurs refuges comme l'or.

Les experts de la Bank of America vont même encore plus loin. Ils tablent sur une chute plus marquée – pouvant atteindre -20% – si l'un ou l'autre candidat refuse d'accepter les résultats des élections. Cela provoquerait également une période de forte volatilité sur les marchés financiers.

Quant au billet vert, Nouriel Roubini craint que la devise américaine tombe de son piédestal. "Habituellement, dans ce type de scénario, le dollar américain se renforcerait. Mais, comme cet épisode particulier aurait été déclenché par le chaos politique américain, le capital pourrait en fait fuir le dollar, le laissant plus faible."

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