Chesapeake Energy ne survit pas au coronavirus

Pour financer son développement dans le gaz de schiste, le groupe américain a laissé gonfler sa dette pendant les années 2000.

Le groupe américain a déposé le bilan ce week-end, croulant sous le poids de sa dette et ne parvenant pas à faire face à la chute de la demande mondiale en matières premières. Une annonce qui n'a pas surpris les analystes.

La chute d'un géant américain. Le producteur de pétrole et de gaz Chesapeake Energy  – dont l'action a été suspendue ce lundi – a annoncé dimanche avoir demandé à être placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis, devenant ainsi l'une des plus grandes victimes de l'effondrement de la demande de matières premières ces derniers mois. Le groupe compte utiliser cette procédure pour renforcer son bilan et restructurer ses obligations légales contractuelles pour parvenir à une structure de capital plus durable.

> 9
milliards $ de dette
Certains analystes qualifiaient d'insurmontables les problèmes d'endettement de Chesapeake Energy. Pour financer son développement dans le gaz de schiste, le groupe avait accumulé plus de 9 milliards de dollars de dette.

"Nous réinitialisons fondamentalement la structure du capital et les activités de Chesapeake pour remédier à nos faiblesses financières et tirer parti de nos importantes forces opérationnelles", explique dans un communiqué son CEO Doug Lawler, qui se bat depuis plusieurs années pour réduire le lourd endettement de l'entreprise. Rappelons que pour financer son développement dans le gaz de schiste, elle a accumulé plus de 9 milliards de dollars de dette selon ses derniers résultats trimestriels.

Plusieurs analystes ont d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme ces dernières semaines, arguant que Chesapeake ne pourrait pas être mesure d'échapper à la faillite. "Sa dette nette représente environ 105% de la valeur de ses réserves de pétrole et de gaz, ce qui devrait inquiéter ses créanciers", souligne dans un rapport publié mi-mai de Paige Meyer, analyste chez CFRA Research. Elle y qualifiait d'"insurmontables" les problèmes d'endettement de Chesapeake et avait réduit son objectif de cours jusqu'à 0 dollar.

Une victime parmi tant d'autres

Aujourd'hui, Chesapeake Energy espère effacer environ 7 milliards de dollars de dette. Ce qui devrait lui donner une flexibilité "substantielle", selon Vincent Piazza, senior analyste chez Bloomberg Intelligence. "Il reste cependant des défis avec la chute des prix du pétrole et du gaz. S'attaquer à sa structure des coûts est donc primordial (pour le groupe américain, NDLR) afin de survivre à un ralentissement économique prolongé." Il estime que l'entreprise va revenir à ses racines en tant que petite entreprise d'exploration et de production (E&P) de gaz naturel.

"Effacer 7 milliards de dollars de dette donnera à Chesapeake une flexibilité substantielle. Des défis subsistent cependant avec la chute des prix du pétrole et du gaz. S'attaquer à sa structure des coûts est donc primordial (pour le groupe américain, NDLR) afin de survivre à un ralentissement économique prolongé."
Vincent Piazza
senior analyste chez Bloomberg Intelligence

Notons que ce n'est pas le premier groupe américain actif dans le gaz de schiste à avoir déposé le bilan en raison de l'impact du Covid-19 sur la demande mondiale. Selon un rapport publié par le cabinet d'avocats Haynes & Boone et relayé par Bloomberg, on dénombre pas moins de 20 entreprises américaines – comme Whiting PetroleumExtraction Oil & Gas Inc. ou encore Ultra Petroleum – tombées en faillite cette année.

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