Comment l'action Tesla a quadruplé en moins d'un an

Tesla espère livrer 500.000 véhicules en 2020. ©EPA

Le titre est en forte hausse à Wall Street, au lendemain de la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Les derniers analystes encore sceptiques s'avouent vaincus. Qui aurait pu parier sur une telle ascension en quelques mois?

2019 a été un tournant pour Tesla . Cette formule – utilisée en guise d’introduction dans le rapport trimestriel publié par le constructeur américain de véhicules électriques mercredi soir – n’est pas qu’un effet de manches. C’est une réalité. Il suffit de jeter un œil au parcours de Tesla en bourse: +225% (!) en l’espace de quelques mois. Couronnée "action automobile de la décennie" par l’agence financière Bloomberg fin décembre, elle n’en finit pas d’inscrire de nouveaux records au fil des séances.

Qu’est-ce qui explique cette montée en flèche d’une société qui a essuyé bien des critiques depuis sa création en juillet 2003? Il faut pour cela remonter à juin 2019. Au début du mois, les craintes sur Tesla – notamment sa production – sont à leur paroxysme. L’action tombe le 3 juin à un plus bas de trois ans, à 178,97 dollars.

Certains analystes estiment cependant que les craintes sont "exagérées" et comptent sur l’assemblée générale du 11 juin pour changer le sentiment des investisseurs. Et visiblement, cela marche. L'action rebondit d'environ 30% en quatre mois.

Mais tout va s'accélérer à partir du 23 octobre. Ce soir-là, Tesla crée la surprise en annonçant avoir dégagé un bénéfice de 1,86 dollar par action, alors que les analystes attendaient une perte de 42 cents par action. Le constructeur se montre "extrêmement confiant" et balaye ainsi les inquiétudes des investisseurs. L'action gagne près de 20% le lendemain.

Bouleversement radical de l'industrie automobile

Depuis lors, plus rien ne semble pouvoir arrêter l'ascension de Tesla en bourse. Pas même les "vendeurs à découvert" qui en font l'action américaine la plus "shortée" en début d'année. "En plus de ce regain de confiance [des investisseurs], la société a également réussi à respecter les objectifs de livraison pour le quatrième trimestre, a commencé à produire des véhicules dans sa nouvelle usine en Chine, a dévoilé le Cybertruck et a commencé à dévoiler les détails d'une usine prévue en Allemagne", résume Liam Denning, chroniqueur pour Bloomberg Opinion spécialisé dans les secteurs de l'énergie et des matières premières.

Et ce qui devait arriver arriva. Le 22 janvier dernier, la capitalisation boursière de Tesla a atteint les 100 milliards de dollars, détrônant au passage Volkswagen . Signe, pour le patron du groupe allemand, d'un bouleversement radical de l’industrie automobile.

Il n'y a rien dans ces chiffres "que les pessimistes (les 'bears') peuvent mettre en évidence"
Morgan Stanley

Pas de place pour les "bears"

Quelques analystes restent néanmoins sceptiques. À l'image de Morgan Stanley qui, le 16 janvier, a abaissé sa recommandation à "vendre" pour la première fois. "Nous anticipons une solide dynamique pour Tesla, mais nous nous demandons à quel point cela est durable", écrivent ses analystes à l'époque. Des interrogations que le constructeur américain va à nouveau balayer mercredi soir. Il fait état, dans son dernier rapport, d'un bénéfice par action de 2,14 dollars au quatrième trimestre 2019. Un résultat largement supérieur au 1,72 dollar anticipé.

500.000
véhicules
Tesla vise 500.000 véhicules livrés en 2020 - soit une hausse de 36% sur un an - grâce, notamment, au démarrage plus tôt que prévu de la production du SUV Model Y.

Morgan Stanley reconnaît ce jeudi qu'il n'y a rien dans ces chiffres "que les pessimistes (les 'bears') peuvent mettre en évidence". "Elon Musk a tué les 'shorteurs'", conclut, de son côté, Gene Munster, de la société de capital-risque Loup Ventures, alors que l'action est en forte hausse à Wall Street.

Pour couronner le tout, Tesla vise 500.000 véhicules livrés en 2020 - soit une hausse de 36% sur un an - grâce, notamment, au démarrage plus tôt que prévu de la production du SUV Model Y. "La société a le potentiel pour atteindre le million de véhicules livrés par an, qui paraissait hors d'atteinte, avec deux ans d'avance sur nos projections initiales", a réagi Daniel Ives de Wedbush Securities.

Tout porte à croire que l'ascension de l'action est loin d'être terminée. Certains estiment que l'action pourrait toucher 960 dollars en 2021...

la surprise en annonçant avoir dégagé un bénéfice de 1,86 dollar par action, alors que les analystes attendaient une perte de 42 cents par action.

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