Credit Suisse paie la facture salée de Greensill et Archegos

Thomas Gottstein, le CEO de Credit Suisse Group. ©REUTERS

Face aux pertes liées aux affaires Greensil Capital et Archegos, Credit Suisse renforce ses fonds propres, ce qui dilue les investisseurs et pèse sur l'action.

Credit Suisse Group paie les pots cassés. En publiant ses résultats du premier trimestre, ce jeudi, la banque suisse a annoncé un renforcement de ses fonds propres pour contrer ses lourdes pertes dans les affaires de la fintech britannique Greensill et du hedge fund américain Archegos. La chute de ce dernier a contraint le groupe bancaire à acter une charge de 4,4 milliards de francs suisses (4 milliards d'euros) au premier trimestre. En bourse, l'action Credit Suisse a fini en baisse de 2,11%.

4,6 mrds $
Provisions au 1er trimestre
La chute d'Archegos a contraint Credit Suisse à constituer des provisions pour pertes sur crédit à hauteur de 4,6 milliards de dollars au premier trimestre.

Le mois dernier, la faillite de la fintech britannique Greensill Capital, spécialisée dans les prêts aidant les entreprises à payer leurs fournisseurs, avait provoqué la liquidation de quatre fonds de Credit Suisse ayant financé Greensill. Environ 10 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros) avaient été investis dans ces fonds et Credit Suisse a déjà dû rembourser près de 5 milliards de dollars aux investisseurs qui avaient placé de l'argent dans ces fonds sur ses conseils.

La banque suisse est également exposée à la chute d'Archegos, un hedge fund qui avait réalisé des investissements hasardeux et s'était retrouvé dans l'incapacité de faire face à des pertes subies sur les marchés. Cette affaire a contraint Credit Suisse à constituer des provisions pour pertes sur crédit de 4,6 milliards de dollars au premier trimestre, ce qui a entraîné une perte avant impôt de 2,6 milliards de dollars.

Dilution

Quand le portefeuille de prêts d'une banque se dégrade autant, elle doit renforcer ses fonds propres, sous peine de ne plus être aussi solide financièrement. Ce jeudi, Credit Suisse a dès lors annoncé deux émissions d'obligations qui seront convertibles en 203 millions d'actions. Au cours actuel du titre en Bourse de Zurich, cela représenterait 1,8 milliard de francs suisses (1,65 milliard d'euros). Cette annonce a pris les analystes de court. Selon JP Morgan, cette opération va provoquer une dilution des actionnaires de Credit Suisse: les actions existantes se verront attribuer une part moindre des futurs bénéfices. Les analystes de la banque d'affaires américaine évaluent cette dilution à 7%. De son côté, Citigroup l'estime à 8%.

"Nous avons ordonné diverses mesures immédiates, dont des suppléments de fonds propres."
La Finma
Autorité suisse des marchés financiers

Credit Suisse n'en a pas fini avec Archegos et Greensill. La banque a averti que le premier devrait encore lui coûter 600 millions de francs suisses au deuxième trimestre. Quant au second, on ignore encore son impact final, sachant que la liquidation des fonds exposés est toujours en cours. De plus, ce jeudi, la Finma, l'autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers, a annoncé avoir ouvert une procédure à l'encontre de Credit Suisse dans l'affaire Archegos, en plus de la procédure déjà ouverte dans le dossier Greensill le mois dernier.

Requêtes de la Finma

Dans le cadre de cette nouvelle investigation, le gendarme boursier suisse a déjà "ordonné diverses mesures immédiates au cours des dernières semaines", qui "comprennent entre autres des mesures de réduction des risques et des suppléments de fonds propres", indique la Finma.

"Nous avons décidé de réaliser ces émissions de manière proactive."
Thomas Gottstein
CEO de Credit Suisse

Le patron de Credit Suisse, Thomas Gottstein, affirme toutefois que la banque avait déjà prévu d'augmenter ses capitaux propres avant cette requête du régulateur. "Ce n'était pas une réaction à une quelconque requête de la Finma ou de tout autre régulateur", a-t-il dit lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers. "Nous avons décidé de réaliser ces émissions de manière proactive." Pour les investisseurs, cela ne change rien. Ils ont donc préféré réduire leur exposition à l'action.

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