"Game over" pour deux hedge funds sur GameStop

©REUTERS

Deux grands hedge funds ont décidé d’abandonner leurs positions de vente à découvert sur l’action GameStop, dont le rally ne cesse de s’amplifier.

C’est une victoire pour la cohorte de boursicoteurs qui affronte depuis plusieurs jours de grands "shorters" de Wall Street sur l’action du distributeur de jeux vidéo GameStop . Les hedge funds Melvin Capital et Citron Capital ont annoncé ce mercredi qu’ils arrêtaient les frais en abandonnant leurs paris à la baisse sur ce titre qui a connu une envolée stratosphérique, synonyme pour eux de lourdes pertes.

Melvin Capital représente déjà un poids lourd de Wall Street, avec plus de 12 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Avant d’abandonner ses positions à la vente sur GameStop, le hedge fund avait annoncé il y a quelques jours une injection de 2,75 milliards de dollars de la part d’autres grands noms du secteur (Ken Griffin et Steve Cohen), à la suite de pertes de près de 30% enregistrées depuis le début de l’année. D’après le spécialiste S3 partners, ce sont plus de 5 milliards de dollars qu’ont perdu les vendeurs à découvert sur le seul titre GameStop depuis le début de l’année.

Elon Musk s'en mêle

Soutenu sans raison apparente par une armée d’investisseurs particuliers qui s’échangent leurs filons sur des forums de discussion en ligne comme "WallStreetBets" de Reddit, l’action GameStop a poursuivi son ascension spectaculaire ce mercredi, avec un bond de 134,84% à 347,51 dollars à la clôture de Wall Street. Sur base de son cours de 17,3 dollars en début d'année, elle a tout simplement été multiplié... par vingt!.

La ferveur autour du titre a également été relancée par un tweet d’Elon Musk avec un lien vers la discussion à propos de GameStop sur la  plateforme Reddit. Le patron du constructeur électrique Tesla, qui n’apprécie pas non plus les "shorters", s’est fendu d’un "Gamestonk!!". Un jeu de mot avec le terme "stonk" utilisé en lieu et place du mot "stock" signifiant "action" en français.

GameStop fait des émules

Le phénomène semble d’ailleurs ne plus se limiter au seul titre GameStop. D’autres actions qui font l’objet de paris à la baisse connaissaient également une évolution similaire. C’est le cas notamment du fabricant de matériel audio Koss , du détaillant Express ou même de l’exploitant de salles de cinéma en grande difficulté financière AMC Entertainment , dont les titres bondissaient de 200 à plus de 400% ce mercredi. Même en Europe, des valeurs connues pour être ciblées par les "shorteurs" comme les foncières Klépierre et Unibail-Rodamco-Westfield ont connu des hausses surprenantes.

Un rally hors norme qui fait grand bruit et auquel les réactions s'enchaînent, jusqu'à la Maison Blanche où le porte-parole de l'administration Biden a assuré que la nouvelle secrétaire au Trésor, Janet Yellen, et son équipe "surveillait la situation". Sans oublier la réaction de Michael Burry, le manager du fonds Scion devenu célèbre pour son incroyable pari à la baisse sur les crédits "subprimes" au coeur de la grande crise financière de 2008. Incarné par Christian Bale dans le film "The Big Short" ("Le casse du siècle" en français), il a qualifié cet engouement autour de l'action GameStop d'"artificiel, insensé et dangereux" dans un tweet qu'il a effacé depuis.

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