Des investisseurs chevronnés inquiets pour les marchés

Le milliardaire Carl Icahn pense que le rally actuel sur les marchés peut se terminer par un krach. ©Bloomberg

Des investisseurs comme Carl Icahn et Byron Wien prédisent une forte baisse sur les marchés d'actions américains.

Le rally actuel des marchés, surtout américains, va-t-il s'arrêter brusquement? Plusieurs investisseurs chevronnés le pensent. Le milliardaire américain Carl Icahn a indiqué durant une interview avec CNBC que l'euphorie sur les marchés ne dure pas dans le temps et a rappelé que les rallys des marchés se terminent souvent par des krachs. "Durant ma carrière, j'ai vu beaucoup de rallys sauvages avec beaucoup d'actions mal évaluées, mais il y a une chose qu'ils ont tous en commun: ils finissent par heurter un mur et entrent dans une correction douloureuse majeure", a-t-il déclaré. "Mais personne ne peut prédire quand cela se produira, mais quand cela se produira, soyez prévenus" ajoute-t-il.

"Durant ma carrière, j'ai vu beaucoup de rallys sauvages avec beaucoup d'actions mal évaluées, mais il y a une chose qu'ils ont tous en commun: ils finissent par heurter un mur et entrent dans une correction douloureuse majeure."
Carl Icahn
Milliardaire

Byron Wien, le co-président de Blackstone, un groupe d'investissements privés, tire lui aussi la sonnette d'alarme. "Le S&P 500 chutera de près de 20% au premier semestre 2021, puis passera à 4.500 points" a-t-il écrit avec le responsable en chef des investissements Joe Zidle. Mais il rappelle aussi qu'après une correction, les marchés d'actions peuvent remonter.

Des ventes d'initiés

Selon Bloomberg, les initiés (patrons de groupe cotés, investisseurs privilégiés) ont vendu en décembre pour 1,93 milliard de dollars de valeur d'actions, avec les valeurs technologiques en tête. Les initiés ont vendu pour 548,1 millions de dollars de ces titres. Mais ils ont acheté pour 32,8 millions de dollars d'actions du secteur industriel. Cette tendance s'est accentuée au mois de novembre de l'année passée. Un signe que les investisseurs privilégiés ont pris leurs bénéfices après la forte progression des marchés depuis le 18 mars 2020. Ces ventes ont provoqué une nervosité chez certains investisseurs chevronnés.

Des marchés inquiets

La première séance de l'année a mal terminé à Wall Street, car les investisseurs craignent une victoire des démocrates au Sénat américain. "Le contrôle démocrate du Sénat devrait être considéré comme augmentant les risques d'une inflation plus élevée", a indiqué Sameer Samana, responsable de la stratégie d'investissement chez Wells Fargo Investment Institute. "Des anticipations d'inflation plus élevées pourraient laisser présager un meilleur pouvoir de fixation des prix pour de nombreuses entreprises cycliques qui, selon nous, joueront un rôle beaucoup plus important en 2021" ajoute-t-il. La séance de mardi est aussi marquée par les inquiétudes autour des élections des sénateurs américains en Géorgie. Les résultats prendront plusieurs jours avant d'être connus.

"L'anxiété suscitée par une vague bleue du Congrès qui permet à Biden de mettre en œuvre "de manière agressive" des impôts plus élevés pour payer l'aide fiscale pourrait aider à expliquer pourquoi les actions ont chuté lundi."
Denis DeBusscher
Responsable de la stratégie de portefeuille chez Evercore ISI

"L'anxiété suscitée par une vague bleue du Congrès qui permet à Biden de mettre en œuvre "de manière agressive" des impôts plus élevés pour payer l'aide fiscale pourrait aider à expliquer pourquoi les actions ont chuté lundi", a indiqué Denis DeBusschere, responsable de la stratégie de portefeuille chez Evercore ISI.

L'effet janvier attendu

Toutefois, les premières séances de janvier ne donnent pas la tendance sur les marchés pour le reste de l'année. Le mois de janvier par contre, peut indiquer la tendance générale sur les marchés pour les semaines qui suivent. Si le bilan mensuel des marchés d'actions est positif en janvier, cela se traduit par une belle performance des indices les onze mois suivants, en principe. Historiquement, cet effet janvier reste un baromètre pour de nombreux investisseurs. Depuis 1926, Merrill Lynch a observé que dans 70% des cas, il a été constaté. Même en 2020, les marchés américains ont terminé janvier en hausse, après un mois de janvier positif, malgré un krach en mars.

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