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Des risques accrus sur les marchés d'actions

Inflation, hausse des taux, décélération de la croissance chinoise,... ont pesé sur les actions. ©REUTERS

Le secteur de l'énergie et les banques ont brillé cette semaine sur fond de hausse de l'inflation et de remontée des taux. La prudence a dominé chez les investisseurs.

La dernière semaine de septembre et l'entame du mois d'octobre ont été difficiles pour les marchés d'actions. Le Stoxx 600 a lâché 2,24% d'un vendredi à l'autre, et les indices européens n'ont pas fait exception à la règle. Les bourses mondiales ont achevé le mois de septembre sur leur première baisse de l'année. La perspective d'un resserrement des politiques monétaires des grandes banques centrales, les tensions inflationnistes, les inquiétudes suscitées par le groupe chinois Evergrande et le risque d'un "shutdown" et une fermeture des administrations fédérales américaines faute de crédit, qui perturbe les discussions sur le plan Biden pour les infrastructures, ont provoqué la prudence chez les investisseurs.

"Les marchés d'actions sont très nerveux, ce qui est parfaitement compréhensible dans les circonstances actuelles. Il y a une énorme quantité d'incertitude à l'approche de la fin de l'année. De plus, les banques centrales supprimant les mesures de relance, voire augmentant les taux, au milieu de cela n'inspirent pas confiance", a souligné Craig Erlam, analyste chez Oanda. Le traditionnel rallye de fin d'année sur les marchés d'actions semble donc très mal engagé.

"Il y a une énorme quantité d'incertitude à l'approche de la fin de l'année. De plus, les banques centrales supprimant les mesures de relance, voire augmentant les taux, au milieu de cela n'inspirent pas confiance."
Craig Erlam
Analyste chez Oanda

Les obligations d'État n'ont toutefois pas servi de refuge aux investisseurs, puisque leur rendement, qui évolue dans le sens contraire de leur prix, a continué de progresser sur fond d'anticipation de la fin des mesures de soutien des banques centrales. Le Bund allemand à dix ans est remonté à -0,23% contre - 0,33% une semaine auparavant. Cette remontée des taux obligataires a pesé sur le secteur technologique, qui a terminé comme lanterne rouge du Stoxx 600 (-8,22% en variation hebdomadaire). Les actions des semiconducteurs, comme ASML , BE Semiconductor , et ASM , ont lourdement chuté. En revanche, les valeurs financières (+1,77) ont bénéficié de cette hausse. KBC en a particulièrement profité au sein du Bel 20 avec un gain de 7,16%.

Le secteur des ressources de base a lui pâti des chiffres inquiétants venant de Chine cette semaine, dont un indice PMI manufacturier en territoire de contraction pour la première fois depuis février. "Bien que la crise de l'électricité en Chine puisse avoir un impact mitigé sur l'offre et la demande de matières premières, le marché accorde plus de poids aux pertes de demande résultant du ralentissement de la croissance économique du pays", ont noté les analystes d'ANZ.

"Il est surprenant que la Chine ait donné l'ordre public de sécuriser les approvisionnements alors que le pays a tenté de faire baisser les marchés des matières premières, en réduisant ses importations de brut et en abaissant ses réserves stratégiques de pétrole et de métaux."
Keshav Lohiya
Fondateur d'Oilytics

Le grand gagnant de cette semaine et du mois de septembre s'est avéré le compartiment de l'énergie, avec la flambée des cours du gaz et du pétrole. Il a gagné 3,73%, la meilleure progression au sein du Stoxx 600. Les cours de l'or noir ont légèrement progressé d'un vendredi à l'autre. Le baril de Brent a pris 0,77% en variation hebdomadaire, après avoir toutefois dépassé 80 dollars mardi dernier. À 78,69 USD ce vendredi, il reste toutefois à son plus haut depuis octobre 2018. "Une combinaison de prises de bénéfices, de données d'inventaire plus élevées et d'une aversion au risque plus large a pour l'instant calmé le rallye, mais les perspectives restent haussières. Le baril de Brent est tombé à 76,50 dollars avant de trouver rapidement un support", a relevé Craig Erlam.

Les prix du pétrole se sont stabilisés vendredi avant la réunion de l'Opep et de ses alliés lundi prochain. Les intervenants ont été aussi surpris par la décision de la Chine d'ordonner à ses entreprises publiques de sécuriser à tout prix l'approvisionnement énergétique pour l'hiver alors que le pays est aux prises avec une crise énergétique qui s'aggrave. Dans le même temps, les États-Unis ont publié des chiffres de consommation mensuels pour juillet inférieurs aux attentes. "Il est surprenant que la Chine ait donné l'ordre public de sécuriser les approvisionnements alors que le pays a tenté de faire baisser les marchés des matières premières, en réduisant ses importations de brut et en abaissant ses réserves stratégiques de pétrole et de métaux", a remarqué Keshav Lohiya, fondateur d'Oilytics.

1750
Dollars
Les cours de l'or ont maintenu le cap autour de ce niveau cette semaine. Le métal jaune a retrouvé de l'attrait.

Un certain soutien sur l'or

Les cours de l'or sont légèrement remontés cette semaine malgré un dollar toujours fort face aux autres devises. Le métal jaune a maintenu le cap autour de 1.750 dollars. "Même s'il n'en a pas l'impression et l'apparence, l'or a en fait connu une semaine extrêmement forte, compte tenu des fortes fluctuations du dollar et des rendements, les moteurs négatifs normaux du métal jaune", a constaté Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. "Avec la flambée des prix de l'énergie due à une crise en Chine et en Europe susceptible de nuire à la croissance et aux bénéfices, cela nous laissera avec un mois d'octobre volatil et, à son tour, un soutien pour l'or", a-t-il ajouté.

Les cours de l'or sont légèrement remontés cette semaine malgré un dollar toujours fort face aux autres devises.

Le dollar a lui continué de progresser face aux autres devises. Mais le billet vert a légèrement baissé suite à la publication des chiffres de l'inflation aux États-Unis en août. La hausse des prix s'est établie à 4,3% sur un an mais 0,4% sur un mois, inchangée par rapport au moins de juillet. L'euro a lui lâché 1,05% face au dollar, à 1,16 USD sur la semaine.

Le résumé

  • Les marchés d'actions ont subi un repli cette semaine face à la hausse de l'inflation et la remontée des taux obligataires.
  • Le secteur de l'énergie a tiré son épingle du jeu grâce à la progression des cours du pétrole et du gaz.
  • L'or a résisté cette semaine alors que le dollar a continué de grimper face aux autres devises et que les taux obligataires ont progressé.

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