Des semi-conducteurs sortis de leur cercle infernal

©Hollandse Hoogte / Marcel van den Bergh

Malmenés par des avertissements sur résultats en cascade dans le secteur technologique et les tensions commerciales, les semi-conducteurs, à l'instar d'ASML, envoient pourtant des signaux rassurants.

Le secteur des semi-conducteurs connaît une embellie depuis la semaine dernière. En Europe comme aux Etats-Unis, il a profité de la vigueur des ventes mensuelles du taïwanais TSMC, le premier sous-traitant mondial du secteur.  ASML Holding , une firme néerlandaise, a elle envoyé des signaux rassurants avec la publication de ses résultats du troisième trimestre fiscal. Ses ventes se sont avérées sous les attentes des analystes, mais contrairement à d'autres grands noms du secteur, la firme n'a pas modifié ses prévisions pour la fin de l'année, ni pour 2020. Le groupe a aussi indiqué une marge bénéficiaire supérieure aux attentes, malgré les craintes d'un ralentissement dans l'industrie des semi-conducteurs. L'entreprise, dont les machines sont utilisées par les grands fabricants de semi-conducteurs, dont Samsung, TSMC et Intel, a précisé que sa rentabilité avait atteint 43% sur la période avril-juin, contre 41,6% au premier trimestre, le chiffre d'affaires étant ressorti à 2,57 milliards d'euros. Le titre a bondi de jusqu'à 5,97% à la Bourse d'Amsterdam. A Francfort, le concepteur de semi-conducteurs Dialog Semiconductor a lui aussi envoyé des signaux positifs pour le secteur. Il a relevé sa prévision de bénéfice du deuxième trimestre grâce à de bonnes performances commerciales et à l'accord de transfert d'actifs conclu l'an dernier avec Apple. L'action a gagné jusqu'à 4,12%. 

Dans la foulée, Infineon , AMS  et STMicroelectronics ont avancé. Même Melexis a progressé à la Bourse de Bruxelles.

Quelques frayeurs

Le secteur des semi-conducteurs est pourtant malmené en Bourse, en raison des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi d'avertissements sur résultats en cascade de plusieurs grands noms du secteur technologique, à commencer par le géant américain Broadcom ou  le producteur de smartphones coréen Samsung Electronics . Le secteur technologique est en première ligne du conflit commercial qui oppose les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Les Etats-Unis ont jeté de l'huile sur le feu en mai dernier en interdisant aux réseaux américains de télécom de se fournir en équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque. La décision visait notamment le fabricant de smartphones chinois Huawei, depuis longtemps dans le collimateur des autorités américaines. Mais depuis le sommet du G20 il y a deux semaines, la reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la Chine a rassuré les investisseurs, en particulier ceux du secteur des semi-conducteurs. 

Les remous se sont concentrés au deuxième trimestre de cette année. Car depuis le début de l'année, au sein du Stoxx 600, les valeurs technologiques signent la plus forte progression avec un rebond de 26% contre 15% pour l'indice, avec des semi-conducteurs qui se démarquent. AMS a pris plus de 76% depuis janvier, ASML 69% et STMicroelectronics 31%. Seul l'allemand Infineon recule, de près de 5%, sur la même période. L'action  a été affectée par le rachat  en juin du rival américain Cypress Semiconductor. Le groupe allemand avait dû procéder à une augmentation de capital pour financer cette opération, jugée trop coûteuse par certains analystes, dont ceux de Warburg. 

La progression du secteur incite cependant des analystes à revoir leur recommandation. Chez Oddo, l'analyste Stéphane Houri a recommandé de vendre une partie des actions ASML en cas de "faiblesse" car il admet ne pas savoir si le titre va encore monter ou descendre.

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