Deutsche Bank rassure ses actionnaires

Arrivé à la tête de Deutsche Bank en avril 2018, Christian Sewing avait annoncé un plan de restructuration en juillet 2019. ©EPA

Christian Sewing, le CEO de la première banque en Allemagne, a su rassurer ses actionnaires lors de la publication de son bilan 2019. Son action signe la meilleure performance dans son secteur en Europe depuis le début de cette année!

Le plan de la dernière chance? C’est ainsi que l’on avait intitulé un dossier que L’Echo avait consacré à Deutsche Bank le 13 juillet dernier. Un énième plan visant à restructurer la première banque allemande afin de redresser sa rentabilité venait alors d’être publié. En quelques mots, sa nouvelle équipe dirigeante conduite par Christian Sewing avait décidé de réduire la voilure dans certaines de ses activités, et de mettre sur pied une structure de défaisance (bad bank) pour y loger 74 milliards d’euros d’actifs pondérés risqués. Ce plan passait aussi par la suppression de 18.000 emplois supplémentaires, ainsi que du dividende en 2019 et 2020.

Analystes peu enthousiastes

A l’époque, on avait observé que les actionnaires étaient moins optimistes que les obligataires. La suppression du dividende pouvait partiellement expliquer cette humeur divergente entre les actionnaires et les obligataires, alors que ces derniers n’allaient pas être privés de rendement sur la dette de la banque.

Les gestionnaires de fonds internationaux, comme ceux de Norges Bank, Goldman Sachs et de Bank of America pour ne citer qu’eux, s’étaient délestés dans les mois qui ont suivi la publication du plan de gros paquets d’actions Deutsche Bank. Ceux de Vanguard, du Crédit Agricole Groupe, de la Commerzbank ou encore de Citigroup ont compté pour leur part parmi les quelques-uns à en avoir plutôt acquis.

Du côté des analystes, l’optimisme n’était pas non plus de mise. Et ne l’est d’ailleurs toujours pas à ce jour. Sur les 17 qui se sont prononcés en janvier, 10 disent "sous-pondérer" cette action, voire suggèrent de la "vendre". Les 6 autres sont plutôt "neutres" envers elle.

L’action survole son secteur

Le cours de l’action qui était tombé brièvement sous les 5 euros au début de l’été 2019, s’est progressivement redressé depuis lors. Ce jeudi matin, elle était montée jusqu'à à 8,30 euros!

Près de 6 mois après l’annonce de ce plan, ceux qui ont pris le risque d’investir dans l’action Deutsche Bank ne peuvent que se réjouir. Le cours de l’action, qui était tombé brièvement sous les 5 euros au début de l’été 2019, s’est progressivement redressé depuis lors. Il était monté ce jeudi matin jusqu'à 8,30 euros (+66%!).

Rien que depuis le début de ce mois de janvier, cette action "value" est déjà montée de 20%, surperformant de la sorte toutes les autres actions bancaires (-4% en moyenne) de l’indice Stoxx 600.

Quant aux détenteurs de la dette de la banque, ils n’ont pas été en reste. Les rendements ont baissé. Ce qui, mécaniquement, a fait monter les cours des obligations et donc leur valeur. Le rendement de la dette de Deutsche Bank arrivant à échéance en 2025 (coupon de 4,50%) par exemple, est passé en six mois de temps de 5% à 3,99%. Son cours a grimpé, lui, de 95,2% à 102% de la valeur faciale du titre.

L’intérêt retrouvé de certains investisseurs pour les obligations de la banque démontre que la confiance revient petit à petit envers les affaires qu’elle réalise. Un sentiment que conforte la chute des tarifs des produits financiers destinés à s’assurer contre un éventuel défaut de paiement de la banque (CDS).  

70% du plan comptabilisé

Les actions et les obligations émises par la banque allemande retrouvent donc les faveurs des investisseurs. On peut imaginer que cela se poursuive suite aux annonces faites par la direction ce jeudi. Deutsche Bank a certes fini son exercice 2019 sur une perte de 5,7 milliards d’euros, plus importante que prévu. Mais cette performance décevante est due pour l’essentiel à un élément non récurrent. La banque a en outre informé que 70% des charges liées au plan de restructuration sont déjà comptabilisées dans les comptes de 2019. Elles sont donc appelées à moins impacter ses prochains exercices. Et cela, d’autant que les beaux chiffres tirés de l’activité de trading sur les marchés de la dette semblent démontrer que Deutsche Bank est en mesure de voir le bout du tunnel.

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