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Didi plombé en bourse par les autorités chinoises

Didi a mené son introduction en bourse malgré la menace chinoise. ©REUTERS

L'action Didi a plongé en bourse après la disparition de son application en Chine. Les déboires de 'l"uber chinois" pourraient refroidir les investisseurs face aux autres IPO prévues de sociétés chinoises à Wall Street.

Didi subit les foudres des autorités chinoises. L'action a plongé de 25% à l'ouverture de Wall Street mardi après que l'"uber chinois" a reçu l'ordre de retirer son application dans le store des applications sur portables en Chine dimanche dernier. Les autorités de Pékin reprochent au site de véhicules avec chauffeur d'avoir utilisé et collecté illégalement les données de ses utilisateurs. Pour rappel, les marchés d'actions américains sont restés fermés lundi en raison de la fête du 4 juillet.

4,4
milliards de dollars
Didi avait levé le plus gros montant pour une société chinoise depuis Alibaba en 2014.

Didi, qui avait levé 4,4 milliards de dollars lors de son introduction en bourse le 30 juin, a déclaré à l'agence Reuters ne pas avoir été inquiété par une enquête des autorités chinoises avant son opération. Mais le Wall Street Journal a indiqué que trois mois auparavant, les régulateurs chinois, dont la Cyberspace administration, ont demandé à la société de retarder son introduction en bourse à Wall Street. Le journal a souligné que les autorités de Pékin ont exprimé leurs inquiétudes quant aux données de Didi. Elles craignent que celles-ci tombent dans des mains étrangères en raison d'une plus grande transparence liée à la procédure de cotation sur les marchés américains. Didi n'a pas fait de commentaires.

La société a aussi indiqué que l'action de la Cyberspace administration sur son application aura un effet négatif sur ses revenus en Chine.

Un mauvais signal

"C'est la première fois que le mécanisme de supervision de cybersécurité chinoise est aussi médiatisé" a commenté Xiaomeng Lu, analyste pour Eurasia Group.

"Le moment choisi pour l'action juste après l'introduction en bourse record de Didi suggère que Pékin est mal à l'aise avec les cotations de grandes entreprises technologiques à New York pendant une période d'escalade des tensions technologiques entre les deux pays."
Xiaomeng Lu
Analyste pour Eurasia Group

"Mais plus important encore, le moment choisi pour l'action juste après l'introduction en bourse record de Didi suggère que Pékin est mal à l'aise avec les cotations de grandes entreprises technologiques à New York pendant une période d'escalade des tensions technologiques entre les deux pays" ajoute-t-il.

Deux autres sociétés chinoises introduites récemment à Wall Street, Full Truck Alliance et Kanzhun, ont également été ciblées par la Cyberspace administration. Les deux actions ont aussi fortement chuté ce mardi sur les marchés américains.

L'action des autorités chinoises soulève beaucoup de questions sur ce risque qui n'a pas été mis en avant par les sociétés comme Didi lors de leur introduction en bourse. Surtout qu'en novembre, les autorités chinoises avaient empêché l'introduction en bourse d'Ant group, la firme contrôlée par le milliardaire chinois Jack Ma.

"Le gouvernement chinois aurait pu empêcher les introductions en bourse, comme il l'a fait avec Ant."
Sharif Farha
Gestionnaire de portefeuille chez Safehouse Global Consumer Fund.

"Le gouvernement chinois aurait pu empêcher les introductions en bourse, comme il l'a fait avec Ant", a regretté Sharif Farha, gestionnaire de portefeuille chez Safehouse Global Consumer Fund. "Au lieu de cela, ils ont permis aux investisseurs mondiaux de souffrir et, par conséquent, ont rompu la confiance de nombreux investisseurs étrangers" ajoute-t-il.

L'agence d'information Bloomberg indique que 34 autres sociétés chinoises ont déposé leur dossier d'IPO à Wall Street cette année, marquée par un record d'introductions en bourse au niveau mondial. Lalamove, une entreprise basée à Hong Kong, pourrait être la première d'entre elles à tester le sentiment des investisseurs étrangers. Elle a déposé son dossier auprès de la Securities and Exchange Commission, gendarme des marchés financiers américains, le mois dernier. Elle cherche à lever 1 milliard de dollars. "Cette dernière répression des autorités chinoises donne une très mauvaise image des sociétés du pays" note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Group. " Elle assène un coup terrible pour l'appétit des investisseurs étrangers" ajoute-t-il.

Le résumé

  • Didi a plongé à Wall Street après la reprise des cotations au lendemain du congé du 4 juillet.
  • Les autorités chinoises ont reproché à la société l'usage et la collecte illégale de données de clients.
  • Le timing est remis en question par les analystes, qui rappellent que le gouvernement chinois avait empêché l'introduction en bourse d'Ant Group en novembre.
  • Deux autres sociétés chinoises cotées à Wall Street ont aussi été inquiétées par les autorités de Pékin.

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