Drahi veut sonner la fin de l'histoire boursière d'Altice

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Drahi, actionnaire dominant d'Altice Europe, veut retirer son groupe de la bourse pour se focaliser davantage sur le long terme. Les analystes sont réticents.

Patrick Drahi veut faire cavalier seul. L'homme d'affaires français a lancé une offre d'acquisition sur Altice Europe en vue de retirer le groupe de télécom et de médias, maison-mère de SFR, de la Bourse d'Amsterdam. Drahi, fondateur et principal actionnaire d'Altice Europe, propose d'acheter les actions qu'il ne détient pas à un prix de 4,11 euros par titre, ce qui représente un montant total de 2,5 milliards d'euros et valorise l'ensemble du groupe à 4,9 milliards d'euros.

Cette annonce surprise a provoqué une envolée du cours de bourse d'Altice Europe , une réaction logique puisque le prix proposé représente une prime de 23,8% par rapport au cours de clôture de jeudi.

29 mds €
Dette nette d'Altice Europe
Le groupe télécom et média de Patrick Drahi présente un endettement net de 29 milliards d'euros fin juin 2020, soit 5,2 fois son résultat opérationnel.

Selon le communiqué publié par Altice Europe vendredi, Patrick Drahi considère que sans cotation boursière, Altice Europe sera dans une meilleure position pour obtenir "un succès durable de ses affaires et une création de valeur à long terme", parce que "les désavantages de la cotation dépassent substantiellement ses avantages et que l'entreprise pourra se focaliser avec davantage de succès sur le long terme".

Dette élevée

Le fondateur d'Altice Europe détient déjà 77,6% du capital du groupe. Il a construit son empire télécom et média à coup d'acquisitions financées par des emprunts. Le lourd endettement d'Altice Europe est fréquemment pointé du doigt. Fin juin, la dette nette du groupe s'élevait encore à 29 milliards d'euros, soit 5,2 fois son résultat opérationnel (Ebitda). Le groupe a pour objectif de ramener celle-ci à 4 à 4,5 fois l'Ebitda.

"Patrick Drahi profite du cours très bas de la valeur pour acquérir des titres Atlice à bon prix."
Kempen

A cause de cet endettement, Altice Europe se voit attribuer une note "B" chez Standard & Poor's, unique agence d'évaluation financière à suivre l'entreprise. Cela correspond à une cote de 6/20, ce qui en fait un investissement "hautement spéculatif". S&P ajoute une perspective négative à cette note. Selon le communiqué d'Altice Europe, Patrick Drahi fera "les efforts commercialement raisonnables pour s'assurer que la transaction n'aura pas d'impact négatif" sur la notation du groupe.

Que doit faire l'actionnaire?

Pour les investisseurs qui détiennent des actions Altice Europe, est-ce l'occasion de s'en défaire? Les analystes sont plutôt réticents. Le courtier britannique New Street Research, cité par l'agence Bloomberg, juge que l'offre de Drahi "sous-évalue substantiellement l'entreprise" et conseille aux actionnaires de ne pas l'accepter.

Le gestionnaire néerlandais Kempen estime que Drahi veut "acquérir les titres à bon prix" et rappelle que début août, le titre tournait déjà autour de 4 euros.

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