Du conflit commercial à la guerre technologique (débriefing actions européennes)

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Les actions européennes de la technologie ont battu en retraite après les premiers effets de l’interdiction américaine de commercer avec des groupes télécoms jugés à risque par les Etats-Unis.

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’envenime, ce qui conduit les investisseurs à réduire leur exposition aux actions. Les principaux indices boursiers européens ont baissé ce lundi en clôture. Le CAC 40  a perdu 1,46%. Le DAX  a cédé 1,62%. Le FTSE 100  a abandonné 0,51%.

Après l’instauration de taxes à l’importation par les Etats-Unis et les tarifs douaniers appliqués par la Chine en représailles, le conflit entre les deux plus grandes économies mondiales s’est déplacé sur le terrain de la technologie.

Washington a adopté un décret qui interdit aux entreprises américaines d’utiliser des technologies issues de sociétés qui présentent un risque pour la sécurité nationale ; dimanche, Google  a annoncé qu’il se conformerait au décret en suspendant ses relations avec le chinois Huawei, que l’administration Trump soupçonne d’espionnage au profit de Pékin.

Nokia et Ericsson montent

L’allemand Infineon , qui intègre des composants américains dans les puces électroniques qu’il confectionne, a également appliqué le décret US en mettant un terme à ses livraisons à Huawei, d’après le journal japonais Nikkei. L’information a fait chuter l’action Infineon de 5,07% en clôture.

Dans la foulée, d’autres valeurs technologiques ont perdu des plumes. A Paris, STMicroelectronics  a plongé de 9,08%. Le quotidien Nikkei affirme que le groupe français va se pencher, cette semaine, sur l’attitude à adopter face au décret américain. Dassault Systèmes  a abandonné 2,69%. A Amsterdam, ASML Holding  a reculé de 6,29%.

À l’opposé, les équipementiers européens concurrents du chinois Huawei ont vu leurs actions progresser. En Bourse d’Helsinki, Nokia  a grimpé de 1,08% et en Bourse de Stockholm, Ericsson  a gagné 1,72%.

Les investisseurs redoutent à présent la réaction chinoise. La crainte est que Pékin applique des restrictions aux entreprises étrangères qui se fournissent en Chine ou qui vendent leurs produits sur le sol chinois. Ces inquiétudes ont affecté les valeurs de l’automobile, comme l’équipementier français Valeo , en baisse de 3,20%, ou encore le constructeur allemand BMW , en repli de 2,01%. Les valeurs du luxe ont également souffert. A Paris, LVMH  a perdu 3,17% et Kering  a cédé 3,60%.

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