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analyse

En Europe, pas de FANG, mais des GRANOLAS

En Europe, les indices n'ont pas de FANG, mais les GRANOLAS dominent le Stoxx 600. ©AFP

Goldman Sachs a pointé onze titres européens qui dominent désormais l’indice Stoxx 600, sous l’acronyme GRANOLAS. Derrière celui-ci se trouvent les grandes compagnies pharmaceutiques, mais aussi L’Oréal, LVMH , ASML et SAP.

Si aux États-Unis, les FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Alphabet) tirent depuis des années la performance du S&P500, en Europe, ce sont les GRANOLAS qui pèsent de tout leur poids dans le Stoxx 600. Goldman Sachs a relevé que onze valeurs dominent désormais l’indice européen. Il s’agit de GlaxoSmithKline, Roche, ASML, Nestlé, Novartis, NovoNordisk, L’Oréal, LVMH, AstraZeneca, SAP et Sanofi.  La banque les a rassemblés sous l’acronyme GRANOLAS.

"Ces sociétés cotées possèdent en général un bilan solide, une croissance à faible volatilité, et un bon rendement de dividende", résument les analystes de Goldman Sachs dans une note. Ils observent que, depuis la crise financière de 2007, les secteurs auxquels appartiennent ces sociétés ont connu une performance beaucoup plus soutenue que les autres compartiments.

Les gains depuis 2007

Le secteur de la santé, qui regroupe GlaxoSmithKline, Roche, Novartis, NovoNordisk, AstraZeneca et Sanofi, a gagné 388% sur la période. Celui des biens de consommation, qui rassemble Nestlé, L’Oréal et LVMH, a pris 385%, et la technologie, dont SAP et ASML font partie, a avancé de 355%. Les banques n’ont progressé que de 50%, les télécoms de 84% et l’énergie de 48%. Le Stoxx 600, sur la même période, a pris 220%.

Les onze sociétés regroupées sous l'acronyme GRANOLAS, ont connu, elles, une progression de 213,78% depuis le début de l'année 2008.

-1,19%
depuis janvier
Les GRANOLAS ont reculé de 1,19% depuis le début de l'année, alors que l'indice FANG a gagné 14%. Mais le Stoxx 600 a reculé de 18%.

"Il y a 20 ans, au début des années 2000, les dix plus grosses sociétés en Europe appartenaient toutes au secteur des télécoms et de l’énergie, avec comme seule exception HSBC (une banque). Dix ans plus tard, au début des années 2010, les banques, les télécoms et l’énergie figuraient encore parmi les plus grandes entreprises européennes, mais elles ont été rejointes par des sociétés à croissance plus stable: Nestlé et trois sociétés pharmaceutiques (Novartis, Roche et GSK)", relèvent les analystes. "Ce changement résulte d’un environnement de faible taux d’intérêt et une plus forte aversion au risque qui ont caractérisé le monde après la crise financière", ajoutent-ils. 

Des sociétés plus défensives que les FANG

Alors que les FANG sont surtout considérées comme des valeurs de croissance par les investisseurs, les GRANOLAS affichent un profil plus défensif. "Depuis le début de l’année, les bénéfices par action du Stoxx 600 pour l’année ont été revus à la baisse de 30%, alors que les bénéfices par actions des GRANOLAS ont été révisés en baisse de 7%", notent les analystes de Goldman Sachs, qui expliquent cette résistance par la taille, mais aussi par le secteur de ces sociétés.

David Older, gestionnaire de fonds chez Carmignac, souligne toutefois que les valeurs technologiques américaines profitent surtout d’une croissance séculaire liée à la digitalisation de l’économie. "Les résultats de Facebook ont montré que la croissance de la publicité en ligne a accéléré au-delà des attentes", affirme-t-il. Il s’attendait aussi à des surprises positives pour les résultats d'Amazon, qui ont battu, jeudi, les attentes du marché. 

Les GRANOLAS possèdent en général un bilan solide, une croissance à faible volatilité, et un bon rendement de dividende.
Les analystes de Goldman Sachs

Alors que l’indice FANG (qui rassemble Netflix, Tesla, Facebook, Amazon, Apple, Nvidia, Twitter, Alphabet, Baidu et Alibaba) a gagné 14% depuis le début de l’année, les GRANOLAS affichent une légère baisse de 1,19% sur la même période. De son côté, le Stoxx 600 a perdu 18%.

En outre, les deux valeurs technologiques de cet acronyme, ASML et SAP, ne présentent pas le même profil que les sociétés américaines du même secteur, pointe David Older. "Les thèmes de croissance séculaire ne sont pas aussi évidents pour ces sociétés que pour les valeurs américaines du secteur", souligne-t-il. "ASML pourrait souffrir de la décision des États-Unis de restreindre les ventes de semi-conducteurs à la Chine", indique-t-il. 

Une valorisation élevée

Les analystes de Goldman Sachs relèvent que les GRANOLAS pourraient subir un revers si une rotation sectorielle s’opère sur les marchés en faveur des sociétés au bilan moins solide, ce qui n’est toutefois pas observé en ce moment. Ils pointent, en outre, une valorisation de 20,6 points, avec une prime de 35% par rapport au marché. Mais les valeurs technologiques américaines, très prisées par les investisseurs, affichent, elles aussi, une valorisation élevée selon les analystes.

"Les sociétés technologiques américaines profitent de l'environnement de taux d'intérêts et de croissance très faibles", souligne David Older. "En cette période de confinement, les sociétés de commerce en ligne, de streaming de vidéo, de paiements en ligne et de médecine en ligne tirent leur épingle du jeu", ajoute-t-il.



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