Fin de parcours pour le patron des camions zéro émission Nikola

Trevor Milton (photo) avait fondé en 2015 la start-up Nikola avec son frère Travis. ©REUTERS

Dans le viseur de la justice US, Trevor Milton, fondateur et président du fabricant de camions zéro émission Nikola, a décidé de quitter ses fonctions.

La descente aux enfers se poursuit pour Trevor Milton. Le patron de Nikola, qui a le gendarme des marchés et la justice américaine sur le dos, a décidé de couper le moteur. Il quitte ses fonctions exécutives au sein de la start-up qui ambitionne de mettre des camions électriques sur les routes. Trevor Milton avait fondé l'entreprise en 2015.

À Wall Street, ce départ a été accueilli par une nouvelle culbute du titre Nikola qui a lâché plus de 20% à l'entame des échanges ce lundi avant de légèrement remonter. L'action a effacé plus de 40% de sa valeur depuis le 8 septembre dernier et son envolée de 40% signée dans la foulée d'un accord gigantesque conclu avec General Motors.

Le président démissionnaire sera remplacé à la tête du conseil d'administration par Stephen Girsky, déjà membre du CA de Nikola et ancien vice-président de General Motors. Ce dernier a tenu a salué l'action de Trevor Milton en le remerciant pour son "esprit visionnaire".

Le principal intéressé s'est aussi signalé dans un communiqué distinct pour indiquer que "l'accent devrait être mis sur la société et sa mission (…), pas sur moi", tout en promettant de se "défendre contre les fausses allégations formulées contre moi par des détracteurs extérieurs."

"Des dizaines de mensonges"

Le pas de côté du fondateur de Nikola risque de donner du crédit aux suiveurs de la société cotée à Wall Street qui crient à l'imposture. Sa démission intervient alors que Trevor Milton est attaqué frontalement par un "shorteur" accusant la start-up d'être une vaste escroquerie.

"Nikola est une fraude complexe fondée sur des dizaines de mensonges."
Hindenburg Research

Nikola a pourtant réussi à séduire de nombreux investisseurs, mais surtout des partenaires industriels de renom comme l'allemand Bosch ou, le 8 septembre dernier, le constructeur américain General Motors.

L'accord avec GM avait apporté une réelle légitimité à la jeune pousse Nikola. Son action s'était alors envolée de 41% à Wall Street.

Mais, elle a ensuite périclité à plusieurs reprises à la suite de la publication d'un rapport détaillé par la société d'investissement Hindenburg Research qui affirme que Nikola est une "fraude complexe fondée sur des dizaines de mensonges" racontés au fil des ans par son fondateur, Trevor Milton.

Malgré les démentis, la SEC, l'autorité des marchés américains, et le département américain de la Justice ont décidé de passer au crible les comptes de la société.

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